VENDREDI, JOUR DU MARCHÉ

C’est une photo prise par S. chez le poissonnier ce matin, à Thouars. R. fait sa pré-rentrée. On s’est tous levés tôt et on est allé au marché, S. et moi.

En roulant vers Thouars, l’autonomie de la voiture tombe en flêche. On étais partis avec un optimiste 63 km d’autonomie et, cinq kilomètres plus loin, on n’était déjà plus qu’à 28, puis 27, puis 26. On perd un km tous les deux cents mètres. Je commence à me demander si on va réussir à éviter la panne sèche. K. appelle à ce moment et on discute en roulant vers la station service du Super-U. Le voyant est au rouge. Ca grimpe, ça grimpe. La station est en vue. Ouf, on y est arrivés.

La pluie est de retour, mais pas massivement. Elle alterne avec de belles éclaircies et même cohabite avec elles. On cherche l’arc-en-ciel sans le trouver. Achats de bonnes choses: de la tomme aux fleurs, de la tomme fumée, du Morbier, du Chabichou, un poulet fermier, une raie, des gambas, des tomates ananas et noires de Crimée, de la coriandre.

Il faut que je renvoie la télécommande universelle, qui n’est pas compatible avec la nôtre, de fréquence basse (30,875 Mhz). J’en commande une autre, en croisant les doigts, en touchant du bois, et toute cette sorte de choses. Le Monstre de Gila n’est pas encore arrivé. Apparemment le courrier ne fonctionne plus correctement entre les États-Unis et le reste du Monde, en raison des taxes mises en place par Ubu. Il faut donc éviter tout commerce avec l’empire. On évitera.

On repasse par la maison, le temps de mettre nos bonnes choses au frais, puis nous filons à Bressuire. Déjeuner chez Mc Do puis Cabane de Mario pour S., tandis que je prends des cafés en faisant mes mails. S. veut absolument revoir (c’est à dire voir pour la troisième fois) le dernier opus de la saga Jurassic World. Mais c’est à 17h15 et il n’est que 14h11. Va-t-il encore tenir 3h à jouer dans les structures de la cabane de Mario ?

BIOPARC

Quand on se dit qu’on tient un post formidable, c’est là qu’il faut se méfier, me disais-je en mangeant des cacahuètes, ce qui, en soi, n’était pas une bonne nouvelle. En principe, je jeûne le soir et ce soir – il y a des soirs régressifs – c’était cacahuètes, un peu de gaspacho, une fin de terrine et pas mal de verres de vin. Chenin blanc, Anjou rouge. Et s’il était resté une goutte de Glenlivet je ne jure pas que je ne m’en serais pas servi un petit verre on the rocks. Soirée régressive, donc. Avant l’ascèse, cela va sans dire.

L’ascèse, dès demain, me disais-je en grignotant mes cacahuètes. Et hop, un autre verre de vin, en prévision de l’ascèse. Toujours ça de pris, me disais-je. Un dernier verre et l’ascèse, me dis-je. L’ascèse tout droit, tout bonnement.

Nous étions allé passer quelques heures avec l’anaconda vert du zoo Bioparc de Doué-la-Fontaine. On ne s’entoure jamais suffisamment de reptiles, m’étais-je dit. Les reptiles sont des compagnons formidables, avais-je pensé. Et nous avions filmé cet anaconda – pas très grand, à peine trois mètres et quelques – inhabituellement mobile et alerte, sans doute parce qu’en fin de mue.

Nous allions de l’anaconda aux crocodiles nains, des crocodiles nains aux pythons royaux, mâles et femelles, avec leurs petits, puis à l’anaconda de nouveau. S. étalait un peu sa science; m’étais-je dit. C’en était embarrassant. Je m’étais éloigné. J’étais sorti du vivarium. En bordure d’Okapi. Okapi curieusement invisible aujourd’hui. Manifestement absent.

R. a installé un panneau dans la cuisine avec un planning général et un emploi du temps détaillé sur deux semaines. Si on arrive à tenir ce truc, me dis-je, on sera des dieux de la logistique. On ne manquera plus une livraison de fioul, plus un rendez-vous chez le vétérinaire, plus un passage Chronopost. Ce sera comme… Je ne sais pas. Comme une sorte de perfection faite planning.

Il faut que je réponde à Ci, qui m’a répondu. J’hésite entre spontanéité, au risque du malentendu, ou diplomatie, au risque de l’ennui.

Spontanéité, me dis-je. Au risque du malentendu, me dis-je. Le malentendu, c’est formidable, me dis-je.

Et, en répondant, je repense à Mi, qui m’appelle toujours quand elle va mal, quand elle est au bord du gouffre, pour se plaindre. En général le soir. Toujours le soir. Certainement après quelques whiskies. C’est une plainte qui ne souffre aucun commentaire, finalement. Une plainte qu’il faut prendre ou laisser en tant que telle. Qu’il faut accompagner. Encourager.

Moi, je n’ai pas la patience en général. J’essaye d’argumenter, de temporiser, de tempérer. Ca l’énerve, la fout en boule, la désespère, l’enfonce au fond du fond du trou. Elle me dit alors qu’elle n’aurait pas dû appeler. Je lui dit que ça ira mieux demain. Demain, elle dit. Demain, elle fulmine et elle raccroche, courroucée.

Le lendemain, je rappelle. Ca va mieux, bien sûr, mais il y a un truc qui ne va pas: ce bruit sur ma ligne. Toujours ce bruit sur ma ligne. Je ne sais pas ce que c’est. D’où ça vient. Il faut que tu changes d’endroit, de téléphone, de fournisseur.

Un bruit insupportable sur ma ligne. Des voix qui résonnent. Des sons qui résonnent. Il n’y a qu’avec moi que ça fait ça, elle me dit. Ca doit être mon téléphone, elle me dit. Je ne comprends rien à ce que tu dis, elle me dit. A cause de ce bruit insupportable, elle me dit. Mais je ne dis rien, je lui dis. Je l’écoute, je lui dis. Ce bruit, ce bruit; elle me dit. Il faut interrompre la conversation, elle me dit. Mettre fin. Ce bruit est insupportable. Qu’est ce que c’est que ce bruit ? – elle me demande D’où ça peut venir ? Personne ne t’en a parlé de ce bruit ? Il n’y a que moi qui l’entende, ce bruit ?

PRÉPARATIFS

Je ne savais plus rien. J’avais tout oublié. La date de la rentrée. La date des réunions, s’il devait y avoir des réunions. Bref, je ne savais plus rien. J’avais tout oublié. Alors j’ai regardé les papiers qui trainaient là, sans secours. J’ai regardé et j’ai trié. J’ai séparé le bon grain de l’ivraie et j’ai su, je me suis souvenu. La rentrée, enfin la pré-rentrée, c’est le 8 septembre et ensuite tout s’enchaîne, comme on dit. J’ai réservé des studettes pour tout le mois de septembre et pour tout le mois d’octobre. Je n’ai pas besoin de réserver des billets de train puisque j’irai en voiture, mais si j’avais eu besoin de réserver des billets de train, j’aurais réservé des billets de train. J’étais dans cette sorte d’humeur, dans cette sorte de dynamique.

Et puis, après avoir reçu de R. les identifiants permettant d’accéder aux comparatifs de « Que Choisir? », je me suis documenté sur les fours encastrables et sur les voitures électriques et je me suis dit qu’il n’était pas temps de songer à tout cela. Alors j’ai préparé des coulis de tomates avec les tomates du jardin de mon père, qui était venu passer une journée ici cette semaine.

Je ne sais pas pourquoi j’entends encore des moustiques, alors que j’ai changé l’anti-moustiques il n’y a pas si longtemps. Mais, peut-être que cela fait déjà trop longtemps ? Plus de vingt jours ? Cela m’étonnerait mais c’est possible.

Dans le plus grand désordre, tout cela. C’est épouvantable ce désordre, me dis-je. Désolant, me dis-je. J’avais oublié de parler des heures passées à nettoyer le jardin, à faire des allers-retours à la déchetterie pour me débarrasser des déchets végétaux. C’est là que R. m’avait envoyé, avec les fameux identifiants, un lien vers le comparatif consacré aux broyeurs de végétaux et je sais maintenant qu’il nous faut un Bosch AXT 25 TC. Il n’y a pas à tortiller, c’est celui qu’il nous faut.

J’appelle ma sœur et on en vient à parler de broyeurs de végétaux. On en vient toujours rapidement à parler de végétaux et de broyeurs, lorsqu’on discute à bâtons rompus avec ma sœur. Et là, bien sûr, elle me dit: « il faut que je te dise le quel acheter ». Alors je lui réponds du tac-au-tac: « c’est le Bosch AXT 25 TC qu’il faut acheter » et elle me répond « bingo! ». C’est comme ça, quand on parle au téléphone avec ma sœur.

TOUJOURS À L’OMBRE

Cette nuit, aller-retour Nantes-Piogé, pour déposer les parents de R. à l’aéroport. Départ 2h00 du matin, retour 5h00. Un petit renard très joli traverse dans mes phares au niveau du Grand-Moiré. Quelques regards interceptés dans la nuit. Tapidum lucidum, comme diraît Nathanael Maury.

S. vient faire la grasse matinée vers 7h00. On ronpichonne jusqu’à 10h puis R. part faire des courses pour leur périple de trois jours. Pendant ce temps, je fais des crêpes pour S. et moi. On a des stocks importants de confiture de mûres et de quetsches maintenant. Il s’agit de se donner des occasions d’en consommer en abondance.

R. croît avoir perdu sa carte bleue et fait des allers-retours avant de la trouver sous son siège dans la voiture. S. ne veut rien manger à midi. Les préparatifs prennent quelques temps mais enfin ils sont prêts à partir. Je trouve qu’ils ont bien du courage, par trente cinq degrés à l’ombre.

Je fais un saut à Thouars pour acheter du curcuma, du gingembre, des myrtilles, des yaourts et un cubi d’Anjou rouge. Je cherche en vain un professionnel capable de dupliquer la télécommande du portail, dont R. a perdu le deuxième exemplaire en juillet. Tiens, je vais regarder sur le Bon Coin, sait-on jamais.

J’ai fermé tous les volets portes et rideaux. Il fait frais dans la maison. On n’imaginerait pas la fournaise extérieure. Les chats indolents se prélassent sur les carrelages et même dans le bidet de la salle-de-bains.

À L’OMBRE

Alors déjà Avatar, le premier, c’était une épreuve. Après avoir regardé ça, on a envie de voir disparaître l’espèce humaine en un bon claquement de doigts définitif. Mais Avatar, la voie de l’eau, dès la quinzième minute je dis: « sans moi ». C’est tout de suite l’arsenal nucléaire, la dévastation, les flammes, la mort. Non, sans moi, je ne veux pas voir ça. Je préfère lire Chalamov et ses Souvenirs de la Kolyma. Et puis je vais me refaire un thé.

En ce moment, à peu près tout ce que je regarde me décourage. Depuis que j’ai terminé The Americans, rien ne trouve grâce à mes pauvres petits yeux épuisés par tant de misère inhumaine. Il faudrait que je revoie de vieux Ford, des Mizoguchi., des Ozu, des Dreyer, des Murnau, des Von Stroheim. Revenir à l’essentiel, me dis-je.

Je pense aux deux affreux en Alaska et je me dis qu’ils sont du même tonneau que les horribles fachos avides et destructeurs d’Avatar. C’est le seul truc réjouissant avec la possibilité d’une extinction prochaine: en finir avec cette sale engeance. C’est parfois difficile de garder foi en l’humanité. Ca devient un travail à plein temps de se lever le matin. D’ailleurs, s’agit-il de foi ? A-t-on le choix ? Vite, Chalamov, Chalamov. M’enfin, bon, la Kolyma ce n’est pas réjouissant non plus, il faut bien avouer.

En tout cas, pas question de sortir un orteil dehors. Il fait 38°C. On est tout de suite écrasé de chaleur. R. et S., pleins d’audace, sont partis à la piscine. Moi, non. Même la piscine, de ce temps…

J’ai reçu des stands pour les guitares, et puis des housses et des câbles dignes de ce nom.

Musique, me dis-je.

CANICULE

J’avais totalement oublié la présence de ce porte-clés sur mon trousseau. Il faut dire qu’avec la restitution de l’appartement d’Aubervilliers, ce trousseau a considérablement fondu. C’était un trousseau comme on en voit souvent, de nos jours, fait de plusieurs trousseaux agglomérés. Petit à petit, cela redevient un simple trousseau. Et puis, à la campagne, fermer les portes à clefs n’est pas une obligation. On le fait par habitude, par superstition. Ce porte-clefs « Tunisie », nous l’avons trouvé dans la maison lorsque nous l’avons achetée. Il appartenait à l’un des anciens occupants. Lequel ? À quelle occasion l’avait-il, l’avait-elle acquis ? Un voyage ? Toutes les spéculations sont permises.

Je regarde le plafond de la chambre verte et j’imagine… des suspentes anti-vibratiles, des rails métalliques, des plaques de placo, un trait de joint silicone. Au-dessus, à l’étage, dans la chambre de S. j’imagine une couche supplémentaire d’aggloméré, un résilient sous parquet et un parquet chêne massif 22mm. La nuit, parfois, je regarde des vidéos où des bricoleurs partagent leurs expériences d’isolation des rampants avec de la laine de bois et du Fermacell.

Finalement Ci ne vient pas. C’est triste, mais les relations sont parfois compliquées. Ca s’arrangera. On a fêté tranquillement l’anniversaire de S. En petit comité. Il n’a pas aimé son vélo, au début, parce que ce n’était pas un serpent et même pas un jouet. Ce n’était pas un vrai cadeau. C’était un truc nul.

Ce qui sauvait le vélo, finalement, c’était d’être arrivé dans un grand carton. Ce grand carton, ça c’était un cadeau intéressant. Cela devenait tout de suite un bateau, une arche, un radeau au milieu de la pelouse brûlée par le soleil caniculaire. Températures culminant à 38° C hier et aujourd’hui. Les nuits restent fraîches, heureusement et la maison est tempérée.

J’ai déposé la Freebox à Saint-Varent ce matin et, ce soir, Orange l’a déjà reçu. C’est rapide Chronopost, quand ça fonctionne. J’ai renvoyé le flexible à air comprimé, qui n’était pas étanche et reçu une paire de rideaux bleu pétrole pour la douche du jardin. Un pour fermer la douche, l’autre pour protéger la chaudière. J’attends encore deux robinets de jardin pour remplacer ceux qui fuient et six sacs pour y stocker les déchets végétaux. La déchèterie d’Airvault fait un peu n’importe quoi avec les horaires en ce moment et, après trois essais, j’ai enfin réussi à jeter mes trois sacs de végétaux ce matin. Ils ont été vite remplis en début de soirée, lorsque je suis sorti dans le jardin à la fraîche.

Pour ne pas être tenté par les breuvages alcoolisés, je me suis préparé une eau parfumée au concombre, citron et menthe. C’est pas mal. Ça fonctionne.

G. COMME GILA

J’ai été bien inspiré de photographier ce dessin commencé l’autre jour et qui a fini déchiré, au cours d’une crise de rage de S. Et encore, je ne l’ai pas immortalisé dans son état d’achèvement ultime.

En lieu et place d’un serpent ou d’un gros lézard, ce sont finalement des phasmes que les P. ont offert à S. pour son anniversaire. Il y a un mâle, baptisé Edgard et une femelle, baptisée La Joconde. Ils peuvent se reproduire par copulation ou parthénogenèse, au choix, c’est pratique. Il ne faut pas oublier de renouveler leurs feuilles de ronciers, de maintenir autour d’eux une température de 20 à 26°C et un taux d’humidité de 60 à 65%. Ils sont installés dans un aquarium reconverti en terrarium par les P., avec un joli toit de bambou toilé.

Hier, c’était journée anniversaire d’enfant à la Cabane de Mario. Et, comme il faisait 33°C, c’était chaud. Mais les enfants sont capables de dépenser beaucoup de calories, à condition de bénéficier d’un apport en sucres adapté. Le chocolat n’est plus à la mode, apparemment. Au moins trois enfants sur huit n’aiment pas ça. Il faudra y penser la prochaine fois et ne pas les inviter.

Bien sûr, S. a reçu un nouveau crotale et un nouveau cobra, mais aussi un nouvel appareil photo, pour remplacer celui qu’il avait cassé en le lançant rageusement dans le jardin, lors de sa crise de colère de l’autre jour (la même ou une autre ?).

Et puis, aujourd’hui, je devais aller chercher Ca., T., R. et Ci. à Poitiers, mais il semblerait que la semaine en colonie de vacances ne se soit pas bien passé et Ci. ne veut plus entendre parler de T. ni de R., ni même de Ca et ne devait pas venir aujourd’hui. Mais, rebondissement, c’est finalement Ca. qui ne viendra pas, parce qu’en l’absence de T. et de Ci., R. ne veut plus venir et qu’il ira finalement chez son père. Mais Ca. ne viendra pas pour autant Alors j’appelle Ci. pour lui demander si, étant donné que Ca., T. et R. ne viennent plus, elle ne déciderait pas finalement de venir quand même aujourd’hui. Elle répond d’une voix morne et guère engageante qu’elle n’a pas préparé ses affaires, qu’il faut qu’elle demande à sa mère. Tout ça ne présage rien de bon. Je ne sais pas, donc, finalement, si quelqu’un vient ou non et je ne sais pas à quelle heure je vais me mettre finalement à préparer ces confitures de mûres, dont nous avons ramassé quatre kilos et demi hier avec Co.

Rebondissement encore: Ca. m’appelle pour savoir si Ci. vient finalement parce que, si elle ne venait pas, elle tenterait d’échanger ses billets contre d’autres. Je lui dit d’essayer et qu’au pire je prendrai en dernière minute un billet pour Ci. De toute façon, je ne suis pas du tout sûr que Ci. viendra. Je m’attends à chaque instant à un message négatif. Voire à un coup de fil de sa mère. Mais, de même, il n’est pas du tout sûr que Ca. parvienne à échanger ses billets contre d’autres billets échangeables. Tout cela me fait penser que j’ai commandé un billet pour Ci. le 14 et je suis en train de me demander si ce billet du 14 sera finalement échangeable au cas, incertain, où Ci. décide finalement de venir aujourd’hui.

Finalement, elle ne viendra pas aujourd’hui et, vu la tournure des événements, je pense qu’elle ne viendra pas du tout.

Ce matin, je suis allé trois fois faire les courses. La deuxième fois, j’ai dû y retourner parce que j’avais oublié d’acheter des pots pour la confiture et des pommes de terre pour les frites et la troisième parce que j’avais oublié d’acheter du coca pour S.

-Qu’est-ce que tu fais ?, demande R.

-Je fais mon blog…

-Ce n’était pas un reproche…

J’avais dû répondre trop fort.

CE N’EST PAS PARCE QUE JE N’AI RIEN À DIRE QUE JE VAIS ME TAIRE

C’est drôle, je me souviendrai toujours de cette phrase entendue au hasard, un jour. Je ne sais plus qui disait ça. D’ailleurs, je ne peux pas le savoir, c’était une inconnue. C’était peut-être en passant, au détour d’une rue. Je ne sais pas. C’est juste que la phrase me fait rire et qu’en même temps elle me parle.

Je me disais ça justement, alors que j’ouvrais cette page comme machinalement, comme sans préméditation. Et d’ailleurs, c’est le cas. Je n’ai rien médité et encore moins prémédité. C’est juste qu’il est deux heures vingt sept du matin et que je viens d’achever le dernier épisode de la sixième et dernière saison de The Americans et que, comme ça, avant de dormir, je m’étais dit: « ce n’est pas parce que je n’ai rien à dire que je vais me taire ».

Et je n’ai même pas d’image.

En réalité, des images, j’en ai fait des tonnes cette semaine. Ces deux dernières semaines. Mais pas des images pour moi. Des images pour la Martinique. Pour le studio.

Ça m’a pris un temps fou, un temps fou. On oublie tout le temps le temps que ça prend. Mais ça vous prend tout votre temps, tout. Et puis, tout à coup, ça s’arrête, c’est fini. On se disait qu’on n’en finirait jamais et puis on rectifie un dernier plan, on exporte un dernier graphique 2D.

Bon, j’ai encore quelques pages à rédiger. Demain, ce sera fini.

Il ne faudra pas que j’oublie de sortir les poubelles cette fois. Oui, c’est demain. C’est demain que ça fera quinze jours que j’ai écris que j’avais oublié de sortir les poubelles alors que, si ça se trouve – je n’ai pas vérifié mais c’est fort possible – je disais ça dans la dernière entrée. Ou, en tout cas, il n’y a pas bien longtemps en terme d’entrées. J’irai vérifier.

J’étais absent. J’étais entièrement requis par cette étude. J’étudiais. J’étais à l’étude. Et hop, c’est fini. Je ne suis plus étudiant. A nous la vie. A nous l’été.

LE GENDARME ET LES EXTRA-TERRESTRES

Les journées passées sur Sketchup à finaliser le modèle de studio ont tendance à se suivre et à se ressembler. Enfin, aujourd’hui, j’en ai fini avec les boîtes. Je vais pouvoir passer aux traitements. Encore deux jours et je pourrai, je pense, terminer l’étude. On oublie toujours, d’une étude à l’autre, à quel point c’est dense comme travail. Les petits morceaux de placo qu’il faut recaler au dernier moment. Je m’organise mieux. Je crée des groupes et des sous-groupes pour tout. Des hiérarchies. Je m’organise mieux. Quand je repense à mes premiers projets 3D. Mon dieu.

Le petit chat Gribouille est bien mignon. Il est assis à côté de moi dans le canapé et ronronne. Hier, je ne sais pas comment il a fait, il s’est coincé une griffe entre deux rallonges de la table du salon et s’est mis à miauler à la mort. J’ai pu le sauver in extremis. Aujourd’hui, c’était Uranus qui miaulait à la mort, mais sans raison valable. Pour le plaisir.

Cette semaine, R. travaille le matin et moi l’après-midi. C’est bien. En tout cas; ça a fonctionné aujourd’hui. J’ai fait un saut à la déchèterie avec Olivier. Je rappelle qu’Olivier est le nom de la Ford Fiesta. Sur le chemin du retour, deux anglais s’étaient fourvoyés dans un fossé. Un type avec une camionnette et de la corde s’est finalement arrêté et on a pu les tirer de là.

ARGENTINE

J’avais oublié la saison 6 de « The Americans ». Ou peut-être que je ne l’avais pas vue. Oui, me dis-je, certainement, c’est ça. Je ne l’avais pas vue. Dans mon souvenir, ils rentraient à Moscou et voilà. End of story. Mais non. C’est pire. C’est horrible. En tout cas ça commence très mal. Elizabeth devient monstrueuse et Paige se fait embarquer là-dedans. Brrrr.

Sinon, jolie promenade à Argentine aujourd’hui. Le village s’appelle comme ça à cause du ruisseau « Argent », qui se déverse dans le Thouet à cet endroit. Et ce ruisseau tire son nom d’un gisement d’argent exploité à l’époque Gallo-Romaine. Il reste des vestiges de ce viaduc romain. Une pente de 2 mm tous les mètres, est-il écrit.

J’ai récupéré Olivier, qui roule et accélère comme une vraie petite Ford Fiesta. Il y a cette odeur. Je ne sais pas ce que c’est. Une odeur de plastique moisi. Curieux. Alors je fais un grand nettoyage. Maintenant ça sent le plastique mois propre. C’est déjà ça. Je pense qu’il faut rouler, aérer, vivre et que ce moisi va partir.

Hier, au marché de Thouars, j’ai acheté un gigot d’agneau que je m’apprête à faire cuire demain pendant sept heures. Et de l’oseille, pour une soupe que nous avons mangée ce soir. Et des pommes de terre pour cette même soupe. Et des tomates pour la salade. Et ce matin, à Airvault, marché aussi. La bonne vie et les bons produits. C’est bien.

J’aurais dû surveiller le prunier à Reine-Claude. J’ai cueilli in-extremis ce qui restait ce soir. De quoi remplir un grand saladier, mais pas vraiment de quoi faire des confitures. On les mangera en fruit, et voilà.