
C’est que ça ne va pas du tout, me dis-je, lisant une interview de Brigitte Macron qui, éplorée par tant de haine, déclare qu’écrire ses pensées l’aide beaucoup. Mais oui, me suis-je dit, écrire aide beaucoup.
Mes pensées, je n’irai pas jusque là. Quoi que je pourrais. Sans jugement de valeur.
Une pensée ne vaut que ce qu’elle vaut, après tout.
Mais surtout, surtout, avais-je pensé, qu’est-ce qui m’était donc arrivé depuis plus d’une semaine pour n’avoir pas même écrit un traître mot ?
C’était un manque de discipline, il fallait bien se l’avouer.
Non, non, docteur, je ne suis pas fier.
Et, à propos de docteur, il ne faudra pas non plus que j’oublie de mesurer ma tension, trois fois de suite, avant de me coucher.
J’ai, là, près de moi, un tensiomètre sur le bureau. Prescription du docteur B., au vu de la mesure un peu haute de ma tension artérielle vendredi. Déjà samedi soir, j’avais omis.
Bref, ne pas oublier donc.
C’est qu’il m’avait fallu tondre la pelouse, réparer la batterie, faire des tas de lessives et de tâches ménagères, qui avaient absorbé toute mon énergie.
Avec un passage à Paris en coup de vent mercredi pour l’anniversaire de C., que j’avais loupé, étant à l’étranger début avril.
J’avais aussi fait intervenir un plombier pour régler une bonne fois pour toute cette histoire d’écoulement en évacuation du ballon d’eau chaude et puis nous avions travaillé avec B.G. sur le montage son du spectacle à venir de cet été, avec ses centaines de figurants et animaux en costumes.
Puis, c’était le film de J.C.K. qui arrivait et ça y est, je m’y étais mis ce week end et plus intensément aujourd’hui.
Et puis Bubunne avait attrapé une otite et il avait fallu l’emmener à son rendez-vous poitevin en fin de journée.
Les roses sont absolument exubérantes, pensais-je.
Il y avait eu aussi ce regroupement d’abeilles au-dessus du château. Sans doute un essaim en migration. Un nuage d’abeilles. Un bourdonnement compact.
Bubunne s’était senti angoissé, m’avait-il dit.
Samedi, j’avais acheté le numéro spécial des Cahiers consacré à Éric Rohmer, pour relire les entretiens.
Je ne peux lire que les entretiens dans les revues critiques. Je ne peux pas lire une critique. Je n’y arrive pas. Mon cerveau ne peut accepter l’exercice, étrangement.
Mais, les entretiens, je les connaissais déjà.
Tant pis, c’est toujours bien.
Tout de même, m’étais-je dit, en relisant l’entretien réalisé après la sortie de Ma nuit chez Maud, ils étaient sérieusement atteints, au début des années 70, aux cahiers.
Très sérieusement et idéologiquement atteints. un truc entre le Maoïsme poétique et le Stalinisme structural. Très gravement hallucinés, ils étaient. Rohmer, ça le faisait bien rire, bien sûr. Il se moque gentiment.
Bon, bref, tout ça pour dire que voilà.
Et puis sinon, j’ai regardé Le dossier 127 de Dominik Moll hier soir sur Arte Boutique et j’ai trouvé Léa Drucker totalement mystérieuse. Sur ses deux profils. Dominik utilise beaucoup le profil. C’est un profiler, je dirais. Ce qui est bien, c’est que c’est un film. Ce n’est pas un scénario filmé, ce n’est pas un manifeste politique, ce n’est pas un fait de société. C’est un film, avec des corps, de la lumière et des sons. C’est beau.
Une autre chose qui est très belle aussi, c’est tout ce que fait Aldous Harding et en particulier son album Designer, mais Warm Chris est aussi très bien et j’attends avec impatience le nouveau qui va sortir en mai. Elle aussi a un profil admirable. Profil d’une œuvre. Oeuvre d’un profil.








