Et les ipomées aussi, d’ailleurs. Surtout avec le soleil qui revient (toujours ce vent glacial
mais avec des accalmies). Tenez bons petites pousses ! Les nuits sont rigoureuses.
Quant à Carl T, je rentre à l’instant de la Cinémathèque où était projeté l’épisode de
Cinéastes de notre temps qui lui est consacré et a été réalisé par le jeune Eric Rohmer.
Plein de pudeur, seule sa grande douceur l’empêche d’être aussi laconique que John Ford.
Les témoignages des acteurs dressent un portrait très fantômatique du « maître ». Comme dans le Renoir-Langlois, les questions de Rohmer sont d’une fausse naïveté délicieusement retorse: « On dit souvent que vos films sont longs, pourquoi ? »
Me suis d’abord longuement promené dans les buttes-chaumont. Incroyable ce qu’il y a peu de stations de métro dans le XIXème arrondissement. On peut l’arpenter pendant une heure sans en rencontrer une seule. Finalement je n’ai retrouvé le métro qu’à Jaurès.
Il y a une barque échouée qui coule lentement.
Beaucoup de monde dans le jardin. On se bouscule dans les escaliers.
(…)
Puis je vais lire un peu au Palais de Tokyo en attendant l’heure du film.
Là, je fais la rencontre de Megumi, une touriste japonaise.
Nous échangeons nos e mails, mais en rentrant je découvre qu’elle m’a déjà écrit.
Cher Christophe
Je suis une touriste japonaise qui a bavarde avec vous pendant 2 minutes; Megumi Sato.
J’aimerais bien corriger mon e-mail address, c’est plus pratique. mememeya…que je vous ai donne est address de l’ordinateur chez moi au Japon.
Et puis, vous n’avez apercu un Michelin bleu de Paris que j’ai reste sans conscience, sur la table de ce cafe la? Si vous l’avez avec vous, voulez-vous m’appeler? Je serais un peu perdue sans celui.
mon numero de telephone: XX XX XX XX XX jusqu’au 15 avril
Excusez-moi, je suis un peu depechee…
Ah! Quand même Megumi là vous exagérez! Le coup du Michelin on ne me l’avais jamais
fait, celui-là! Coquine, va !
Pâques avec A.P.
Après une bonne séance de chat avec l’Australie (Lakis, Christopher et Anthony), je suis
sorti prendre l’air vers 15h30. Grand soleil. Un peu moins froid.
Je sors du métro à République et j’appelle A., avec qui nous devons tourner un
épisode de Communications. Il est chez lui et passe l’aspirateur. Me propose
de passer et je lui rends donc visite. Cité des arts. Studio lumineux, sobre mais
confortable. Sublime vue sur la Seine. Nous papotons un moment, avant de sortir
prendre une glace chez Berthillon, que nous allons déguster sur le quai, parmi les
couples enlacés et les touristes en goguette.
Bonne discussion, plutôt sur l’axe Straub-Proust, jusqu’au couchant puis nous nous
séparons.
En rentrant, mail furax de Megumi qui n’est « pas une coquine » et me demande de retirer
une photo sur laquelle on peut lire son adresse et son e mail. Je lui donne raison
et retire derechef ladite photo.