
C’est un peu comme dans un cauchemar dystopique à la Black Mirror.
Les deux filles ne cessent de chanter cette chanson de Michel Sardou depuis le début des vacances.
Au début c’est sympathique mais cela finit bientôt par porter sur les nerfs.
Et l’intégrale Disney.
Le Roi Lion en boucle.
Inquiétante étrangeté.
J’avais essayé de lire quelques pages de La Carte et le Territoire de Michel Houellebecq, mais j’étais revenu à Philipp Roth.
Le nihilisme mondain est un travers français que j’ai du mal à supporter, avec le temps, avais-je pensé.
Ce n’était pas idiot, pas trop mal écrit. C’était documenté, il y avait du travail mais un travail de désaffection, de déliaison, de mise à distance.
Etait-ce désaffecté ou affecté, vraiment, je ne saurais dire, m’étais-je dit. Comment savoir ? Sans projeter, pas possible et projeter hors de question, m’étais-je dit.
Désaffecté pour éviter d’être affecté ? Peut-être, avais-je hasardé.
Mais à quoi bon ?
Tout cela se bornait finalement à constater que l’argent était la seule chose qui compte, avais-je pensé.
Peu ou prou, m’étais-je dit.
Et c’est tout.
C’était un peu radin, m’étais-je dit.
Mais j’étais sans doute injuste et je pense qu’il ne peut rien se dire ou s’écrire de bon dès lors qu’il s’agit de goût ou de parti pris.
Donc, j’avais posé le livre, sans vouloir en penser plus de mal.
Je préfère tout de même la bonne vieille générosité psychologique à l’américaine, avais-je continué, revenant à La Tache.
Il me faudrait sans doute une voie tierce, m’étais-je dit.
Une tierce voix.
J’hésite à revenir tout bonnement à la troisième saison de Stranger Things, mais autant ne manger que du chocolat, m’étais-je dit.
Nous avons besoin, d’autres nourritures.
Et puis tout cela inquiète inutilement.
Cela trouble le sommeil.
Besoin de paix.
La paix des Gallois ou celle des rois d’Angleterre…