Bien dormi cette nuit et nous nous sommes levés tard. Il fait beau. Je passe prendre des affaires rue Poulet et retrouve Y. au Jeu de Paume. Nous visitons l’expo des photos de Rineke Dijkstra. Ce que je préfère ce sont les photos de militaires et de jeunes filles dans les bois. Comme d’habitude je suis irrité par le discours des artistes sur leur travail (films en boucle dans le foyer). C’est humiliant. Plus un artiste est mauvais, mieux il parle de son travail. C’est à dire qu’on a envie de lui flanquer une paire de giffles, comme à ce photographe allemand dont j’ai oublié le nom. La pauvre Rineke Djikstra n’y coupe pas d’ailleurs. N’y-a-t-il donc plus aucune pensée critique indépendante pour que tout discours sur l’art doive être produit par les artistes eux-mêmes ? Qui pense et écrit de manière autonome, désintéressée sur l’art sans être forcément de la partie ? Qui sont les esthètes ? Surtout ne répondez pas: Alain Fleisher…
Dehors, la lumière est aigüe et le vent vivifiant. Il y a des mouettes autour de la pièce d’eau du jardin des Tuileries. tellement qu’on se croirait presque dans un remake de The birds et c’est à la limite d’être effrayant. d’ailleurs les enfants hurlent lorsque les oiseaux leurs volent dans les plumes. Malheureusement, à ce moment précis les piles de l’appareil photo me lâchent et je ne puis filmer la scène. Pas sûr qu’elle se reproduise identique un autre jour. Toujours avoir sur soi des piles de rechange.
Nous passons un moment dans la galerie Richelieu à regarder des retables du XVème siècle et nous étonnons devant ces visages étonnamment contemporains, certaines attitudes, certaines postures corporelles.
Toute la collection de l’atelier Clouet ressemble à un étrange studio Harcourt.
En revanche nous passons très vite sur la Renaissance tardive et remettons à un autre jour l’autre côté de la galerie, nous promettant de lire quelques bouquins avant d’y aller, l’aventure étant plus amusante avec quelques repères.
Déjeûner à la maison (pain, fromage, vin, salade) puis nous ressortons pour continuer la, visite des expos du Jeu de Paume avec les photos de Stephen Shore à l’hôtel Sully. Pas mal mais pas non plus de quoi se relever la nuit. Etrange tout de même cette lumière américaine. La même depuis les illustrations de Norman Rockwell… Cette blancheur diffuse qui semble comme arrondir les formes, violenter les contrastes tout en désaturant les couleurs. Hmm…
Puis courses pour le dîner. Nous avons invité U., J., une amie d’Y. que je ne connais pas et E.C.
Ah, il faut que j’aille ouvrir du vin.