UN VENT DE JOIE (PETIT DÉJEUNER EN PAIX)

– Le vent dans mon cœur est une brise de joie, annonçai-je tout à trac à C.C. en sortant sur le quai de la gare de Dunkerque, dans cette étonnante douceur.

Le vent dans mon cœur est un sirocco d’amour, continuai-je pour moi-même, en mon for intérieur, alors que nous progressions le long des wagons, en compagnie de J-B.C. et J-C.M., jusqu’à la voiture 16 qui devait nous servir de carrosse.

Un zéphyr de tendresse et de bienveillance.

Parfois la vie est un sourire, des yeux de miel, une fleur immarcescible, un rire cristallin, une joie incoercible. Et aujourd’hui c’était la journée de l’orgasme.

À six heures du matin, je m’étais dit qu’il me fallait partir cinq jours sans téléphone et sans ordinateur et cette pensée m’avait porté jusqu’à la table du petit déjeuner où je pris seul mon café, dans une auberge de jeunesse dont j’étais – deux jours durant – l’unique occupant.

Avoir un si grand bateau pour soi tout seul c’est presque effrayant, m’étais-je dit.
Cela donnait une autre perspective à la journée.
C’était drôle aussi et un sujet de fous-rires avec le personnel.

Trois jours de workshop son avec les étudiants de première année, entre coupé de rendez-vous individuels avec les étudiants de cinquième année dont je suis le référent-mémoire.
Beaucoup de vin, de bière et de saké pour ce travail de réécriture et de re-formulation dans le détail duquel je n’entrerai qu’en MP.

Le workshop est un véritable bonheur, une jouvence, une bénédiction pour les nerfs.
Je rencontre d’adorables jeunes gens, qui se prêtent à fond au jeu et tout n’est que paix, amour, rires et délices. La perspective de quitter bientôt tout cela insuffle une valeur extrême à chaque instant. Les dernières fois sont aussi belles que les premières.

Je bois à nos vingt ans.

Et maintenant, un coca zéro et une pomme. Nous rentrons. Je dois déposer mes affaires (j’avais apporté pas mal de matériel) et rejoindre G. à Montreuil, sur le chantier de M.C. pour mettre une dernière patte à un devis qui doit partir demain matin à la première heure.

La deuxième journée commence et c’est très bien.

C’est le jour le plus court, la nuit la plus longue. 
On sent revenir l’été.

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