REPORTÉ SINE DIE

En principe j’aurais dû me rendre à la basilique de Saint-Denis pour mixer le son de l’animation lumineuse de la maquette, mais la liaison au serveur n’étant pas en place, l’opération est reportée.

Je profite de ce temps inattendu pour avancer sur le séminaire Acoustique des Océans et, en particulier, en me documentant sur le champ magnétique terrestre. Un peu sur les marées, aussi, sans oublier un entretien avec François Bayle.

Avant que Prime Video ne soit suspendu, j’attrape le dernier épisode en date de White Lotus, avant d’aller chercher S. au centre de loisirs en me débrouillant pour arriver parmi les premiers parents, ce qui est généralement apprécié. J’avais eu l’intention de lui préparer un curry de butternut mais, devant les véhémentes protestations, j’opte pour des pommes de terres sautées et une omelette au cheddar, dont il reste assez pour que R. puisse dîner lorsqu’elle rentre vers 19h30.

Nous regardons deux épisodes de 72 animaux dangereux en Asie. La méduse cubique tueuse est une horreur absolue. Je mets en ligne le premier épisode de notre série La Vie au Zoo, en attendant la murène, les capybaras et les tapirs et la suite encore à venir.

K. est à Kigali et assiste à la construction d’un studio de fortune, dans une chambre d’hôtel, selon des préconisations que j’avais envoyées la semaine dernière, en attendant peut-être un projet un peu plus abouti dans un futur proche.

J’avais prévu d’appeler S. pour mettre au point notre retour à P*** cet été, mais son téléphone semble coupé. Parlé avec C., en vue de son anniversaire prochain et de son départ pour l’Irlande.

Demain, départ à 10h pour Saint-Viâtre où j’ai rendez-vous pour parler organisation de vie avec mon père. Retour prévu en fin de journée. J’ai posté le trajet sur Blablacar mais, pour l’instant, pas d’amateurs.

LA VIE AU ZOO

Cet après-midi, balade au zoo de Vincennes avec S. pendant que R. fait le ménage.

On reste assez longtemps dans la serre tropicale et S. me fait filmer les caïmans, qui ne bougent pas. Je lui dis que ce n’est pas très amusant de filmer des caïmans immobiles et il me répond que je ne suis pas assez patient, qu’ils vont bouger, qu’il faut être patient. Alors je filme les caïmans et c’est vrai qu’au bout de quelques minutes, il y en a un qui se met à bouger.

Ensuite nous filmons les oiseaux, les lamantins, les poissons, la murène, les léopards, les capybaras et les tapirs, le lynx, une écrevisse, les zèbres et les rhinocéros et tout cela finit par faire un moyen métrage documentaire dont nous montons la bande-image en rentrant dans un appartement tout propre et qui sent bon.

On ne se met pas d’accord sur la bande son. S. voudrait un commentaire qui explique tout de la vie des animaux, mais n’arrive pas à admettre qu’un tel commentaire doive d’abord être écrit avant d’être lu, enregistré et monté dans le film.

Ce soir j’intègre les mois de février, mars et avril de l’année 2005 à ce blog.

Mal au dos.

4° DE SÉPARATION

On touche déjà, dit-on à la radio à l’instant, le seuil de non-assurabilité dans un bon nombre de localités françaises. Assis dans la voiture 1, place 155, du Ouigo Nantes-Paris de 18h40, j’écoute l’émission de Quentin Lafay consacrée aux adaptations prévisibles du mode de vie français à un réchauffement de 4°C à l’horizon 2100.

Journée passée à rencontrer des étudiants de L3 dans la perspective de leur diplôme à la fin de l’année. La température est redescendue hier et cette nuit.

On est revenu en hiver.

Au réveil, j’étais content de trouver mes sandwiches et content d’éviter un passage à « La Maison ». J’ai pris un café à la machine et c’était supportable.

M. porte des lunettes fumées et je n’arrive pas exactement à comprendre ses explications mais cela a à voir avec, d’une part, sa myopie, d’autre part, sa presbytie naissante. J’écoute le dernier album des Limiñanas avant d’aller au rendez vous de 9h avec L. et G.

C’est fatigant, ces journées de jury, mais intéressant. On découvre des aspects inconnus des travaux des étudiants. On découvre des étudiants inconnus. On prend des rendez-vous. On s’engueule. On se fait des blagues. C’est vivant. C’est fatigant mais c’est bien. À midi, il y a de la truite, de la polenta et un verre de Pécharmant. 

Je passe reprendre mes affaires au studio avant de repartir, sur le coup de 17h40.

I. avait laissé un mot pour dire qu’il n’y avait plus de son. Je résous le problème (set up > Playback Engine) et je lui laisse un mot, avant d’aller attraper le tram. On papote un peu dans la rue centrale avec N. qui arrive en poussant sa bicyclette.

A la gare je bois un café en écoutant le journal de 18h. Une dame essaye de brancher son chargeur de portable sur l’alarme à incendie. Je lui explique qu’il ne s’agit pas d’une prise de courant. Elle semble désespérée.

EN RETARD

Les tunnels de Massy nous ont ralenti.

Nous avons perdu 28 minutes dans les tunnels de Massy, en raison d’un défaut de signalisation, a-t-il été annoncé.

Je m’étais rendu compte in-extremis ce matin que j’avais oublié de réserver des billets de train. Heureusement, il en restait. Les Paris-Nantes du mercredi 7h44 sont rarement complets. Les Nantes-Paris du jeudi soir 18h40 ne le sont pas davantage.

J’ai préparé à l’avance des sandwiches pour le petit-déjeuner de demain, mais je ne suis pas encore parvenu à me procurer une petite cafetière à piston. Si j’ai un peu de chance, je pourrai en acheter une à Nantes mais je n’en aurai probablement pas le temps. Il faudra attendre la semaine prochaine.

J’ai fait un peu de musique lundi et hier encore. Mais vraiment très peu. Et j’avance très lentement. Et je suis sans cesse interrompu par des petites choses à faire qui prennent un temps fou. Vaisselles, lessives, courses, rangements, banque, etc. Je ne sais pas vraiment comment je pourrai m’en sortir. Il faut continuer, persévérer.

K. m’a appelé plusieurs fois, d’abord pour des préconisations acoustiques concernant une chambre à aménager en studio de musique à Kigali, au Rwanda, ensuite pour un stage de formation à la post-production audio-visuelle au CIFAP fin mars. L. a programmé le mixage en situation de l’animation de la maquette de la basilique de Saint-Denis lundi prochain. P. est revenu du Japon et nous devons déjeuner ensemble vendredi. C. voudrait partir en colonie de vacances en juillet avec T. et j’appelle ma mère pour la prévenir que nous viendrons passer quelques jours à C*** du 14 au 20 avril, avec un petit saut en Italie. Il faut aussi que je rappelle mon père pour lui dire que je compte passer le voir mardi prochain.

J’ai mal au dos. Aux muscles obliques du côté droit. R. trouve que je devrais prendre rendez-vous chez l’ostéopathe. Si cela persiste, je le ferai. Ça me semble lié aux travaux sur le figuier la semaine dernière. La tronçonneuse était un peu lourde et j’ai un peu forcé sur le coupe-branches.

Un monsieur passe avec un grand sac jaune pour récupérer les déchets.

ESPOIR



Elle, c’est l’araignée du garage. Ça fait plus d’un an qu’elle est là. S. vérifie à chaque fois qu’elle est bien vivante en soufflant un coup pour qu’elle se déplace. Elle est bien vivante. Et ce n’est ni une tarentule, ni une araignée sauteuse du Brésil.

Aujourd’hui, après avoir déposé S. à l’école, je suis rentré et j’ai continué à transférer les posts de l’année 2004. Ensuite, j’ai commencé 2005.

Pendant ce temps, R. travaillait dans le salon.

Vers midi, nous faisons une pause pour terminer les travers de porc caramélisés que j’avais préparé la veille. J’avais regardé R. et S. les manger en buvant des verres d’eau et c’était véritablement une souffrance. Comme ce fut une souffrance de les regarder manger les spaghetti carbonara, qui me sont interdits, ce soir.

Ce n’est pas un problème de jeûner le soir, mais de regarder d’autres manger un truc très appétissant peut se révéler cruel.

R. est partie à son conseil de classe et j’ai fait de la musique cet après-midi, avant d’aller chercher S. à cinq heures.

Nous regardons Lyle le crocodile, que j’ai téléchargé en prévision de l’arrêt des abonnements vers les chaînes américaines et — surprise — ce n’est pas la même VF que sur Netflix. Pas du tout les mêmes voix et pas du tout les mêmes textes.

Comme c’est une comédie musicale et que les textes des chansons sont aussi très différents, c’est vraiment un autre film.

Je suis content de voir que l’action de Tesla plonge, avec la plupart des valeurs technologiques américaines. Burn baby, burn.

NEGATIVE HEAD

Pendant que S. fait des dessins de crocodiles en jaune sur blanc, je lui prépare des œufs brouillés au cumin. Nous écoutons Pom Pom d’Ariel Pink, malgré le soutien apporté par ce dernier à Donald Trump. 

S. attend que j’ai fini d’écrire pour que l’on puisse regarder sur le site d’un fabricant de figurines animales si l’on y trouve des crotales. Il tourne autour de moi comme un moustique et me demande des trucs comme: « tu peux écrire sarcosuchus ? ».

-« Mais s’il te plaît on peut faire ça ? »

S. est en boucle: « s’il-te-plaît, s’il-te-plaît-mais vraiment, pas pour de faux ».

Alors j’abandonne un moment cette rédaction pour regarder avec lui un épisode et demi de la série « 72 animaux dangereux d’Amérique Latine ». Au menu: veuve noire, araignée errante du Brésil, iguane, paresseux, tatou, crotale, orque et j’en oublie. Il arrive des trucs terribles à tout un tas de gens, qui se font piquer par des guêpes noires, mordre par des caïmans, etc.

Il est temps de s’habiller et de se préparer à déjeuner. 

Ça faisait une semaine que je ne faisais plus de gym et j’ai repris avant de passer sous la douche, de m’habiller et de préparer des pâtes de riz au porc fumé et aux choux de Shanghai. Tout d’un coup, S. n’aime plus ça. Je lui fais réchauffer la pizza qu’il avait préparé jeudi soir. R. revient du lycée.

L’après-midi, je vais voir au T2G une installation immersive de Marc Lainé et une lecture-performance de Bertrand Belin et Alice Zeniter, puis je rentre et nous repartons avec R. écouter l’orchestre philharmonique de Radio France, en petit effectif, sous la direction de Fernando Garcia Alarcon, interpréter la controverse de Phébus et Pan de J.S. Bach. 

C. est venue garder S. pendant que nous étions sortis. Nous rentrons vers 23h. S. ne dort pas encore et il faut lui reparler de crotales empaillés pour qu’il daigne enfin s’endormir.

TOURS ET RETOURS

J’ai bien rigolé dans le train en relisant les entrées de ce blog des mois de juillet et août de l’année 2004, que j’ai rapatriées sur mon site, comme je le ferai progressivement pour toutes les entrées jusqu’aux dernières avant de fermer cette page.

La tentation est grande d’exercer une réflexion à la lecture de ces textes, d’exprimer un jugement ou une opinion à leur sujet. Mais, constatant que l’expression de mes réflexions était ce qui avait le plus mal vieilli et que la relation sans intention particulière des faits était ce qu’il restait de plus frais, je prends ici et maintenant la décision de me dispenser autant que possible d’exercer la moindre réflexion ou d’exprimer la moindre opinion.

En écrivant cela, je constate que la consommation excessive de pain ne me réussit pas et je décide mentalement d’éviter le pain pour quelques jours. 

De même, il faut que je trouve un meilleur sac à dos que ce sac East Pack, trop lourd et peu ergonomique. Il me faut un sac de randonné, me dis-je. Mon dos est dans un état épouvantable, dois-je dire. Et mes cervicales ne sont guère plus vaillantes que mes lombaires, dois-je ajouter.

C’est que nous avons parlé de nos expériences corporelles douloureuses en prenant un verre en terrasse ce soir à Nantes, avec M.G. et C.M. avant d’attraper le train de 18h40. De même que nous avons évoqué la question de nos maigres retraites à venir, du choix d’un endroit d’où voir arriver la guerre, des mérites comparées de la ville et de la campagne et de toute cette sorte de choses.

Au chapitre des améliorations à apporter à mon quotidien, l’acquisition d’une cafetière pour les nuits passées à Nantes et l’habitude de confectionner à l’avance des sandwiches pour le petit-déjeuner sont à envisager sérieusement. Cela m’éviterait de me bourrer de viennoiseries et, d’une manière générale, le commerce exécrable du personnel de « La Maison », cette boulangerie prétentieuse (et hors de prix) où j’ai l’habitude de prendre mon petit-déjeuner. 

J’ai tout essayé avec le personnel de « La Maison ». La spontanéité ludique, la franche camaraderie, le sourire enjôleur, le flegme aristocratique, la raideur militaire, l’accent irlandais, le rictus narquois, la mine déconfite, les traits défaits, la rage de vivre. Rien n’y fait. C’est toujours la même porte de prison, le même regard évasif, le même geste absent. A l’exception d’une ou deux vendeuses, sans doute insuffisamment brieffées, qui eurent parfois la bonté de concéder un demi-sourire. Bref, c’est avec joie que je me passerai le plus souvent de rencontrer ces sales gueules. 

Une autre amélioration serait d’arrêter de me promener avec mon ordinateur et d’en laisser un sur place dans mon casier.

C.M. m’a dit que, depuis qu’elle s’était acheté une montre, elle regardait beaucoup moins souvent son téléphone et même évitait de le prendre avec elle certains jours et que cela avait un effet très positif sur son tonus. Je crois que je vais l’imiter. Il me faut une montre.

En écoutant Iggy Pop, j’ai toujours envie de prendre une guitare et de me mettre à chanter mais il est tard. Je ne veux pas réveiller la maisonnée. Demain.

I’M AFRAID OF AMERICANS

Il n’est même pas difficile de se passer de Netflix, de Disney Plus ou de Prime Video, me disais-je en renonçant coup sur coup au visionnage du premier épisode de la nouvelle saison de Daredevil et au huitième de la première saison de Paradise.

Ce qui est difficile, me disais-je, c’est de regarder ces programmes, c’est de supporter leur caractère anxiogène. Ce qui est difficile, ou plutôt ce qui est épuisant, c’est d’encaisser ce vide abyssal, cette violence sans objet, cette psychologie de comptoir, ces postures, ces attitudes, ces cliffhangers donnant sur d’autres cliffhangers.

Je n’en ai plus la force, plus le courage, plus l’envie, plus le temps.

Il ne sera pas difficile de s’en passer, comme il n’est pas difficile de se passer de Facebook, Instagram et autres.

Je m’étais réveillé épuisé à cinq heures. En ce moment j’ai mal partout. Des lombaires aux cervicales. Tout est comme coincé, rouillé, grippé.

Je n’étais pas content d’avoir craqué hier soir sur une assiette de spaghettis carbonara. Je m’étais laissé impatienter. Je n’avais pas su garder mon calme. J’avais décompensé. Avec un verre de Chinon, encore. Pour aggraver mon cas. Je n’étais pas fier.

Et ce matin, j’avais fait réchauffer trois pancakes que j’avais empilés et noyés de sirop d’érable avant de les engloutir d’un trait.

Et puis j’étais allé attraper le train de 7h44. J’avais écouté la radio en somnolant pendant le voyage. La lumière était splendide. La campagne, baignée d’or, avait encore les pieds dans l’eau. Vapeurs. Brumes tièdes.

La température était passée de froide à tempérée. A midi, c’était le printemps, pour ainsi dire.

Il y avait du monde au studio ce matin. Et du monde cet après-midi. Et encore suffisamment d »étudiants dans l’amphi pour qu’il soit acceptable de donner mon cours sur la formation des océans. Après quoi nous étions retournés avec I. au studio pour jouer avec des sons de respiration jusqu’à 21 heures.

TRANSFERT

Il faut en finir, me disais-je. En finir avec les états-unis d’Amérique. Qu’ils fassent leur guerre de sécession, qu’ils tirent les conséquences pratiques du deuxième amendement, me disais-je. Qu’ils liquident cette bande de maffieux qui tient la maison blanche, s’ils peuvent. S’il en est encore temps.

Fermé Facebook, fermé Instagram. Désabonnement de Netflix, Disney+, Amazon prime, Apple TV+. 

Le plus difficile, me disais-je, c’est de me passer des produits Apple. Il va me falloir une transition, ai-je pensé. Mais le système d’exploitation lui-aussi est un problème. Peut-on transiter vers du 100% open source, me demandais-je ?

Pour l’instant, pour des raisons professionnelles, c’est compliqué, me disais-je.

Trouver une alternative non-américaine (et non russe) à Paypal, me disais-je. Entre autres. 

Par la même occasion, je me suis dit qu’il était nécessaire de fermer définitivement ce compte Livejournal, puisque Livejournal est désormais une propriété russe.

Depuis hier, je migre toutes mes entrées vers mon site.

Désormais, pour suivre ce blog, il faut venir ici.

Je vais laisser cette page active, le temps de terminer la migration, qui va prendre quelques temps (plus de 1500 posts).

Il fait beau et froid ce matin, comme tous ces derniers matins, et c’est très bien.

COMES A TIME

Et je me suis dit qu’il faudrait se mettre au tir. Aller à la salle de tir et apprendre à tirer. Se préparer. Prendre des cours de close combat, de krav-maga. Il était temps de se préparer. De s’équiper. Et courir en treillis. Et tenir un fusil.

Je me disais ça en roulant ce matin vers Nantes. Et je me suis dit qu’il fallait encourager les jeunes à faire une carrière militaire. Je me disais ça, moi qui m’étais fait réformer, moi qui avait échappé au service militaire. Mieux valait être officier que soldat, avais-je pensé. C’était une pensée amère mais elle m’était dictée par le bon sens. Mieux valait être général que colonel, m’étais-je dit. Etre au plus près de l’information et de la stratégie. Peser dans le game. Nous n’étions certainement pas au bord d’une grande explosion culturelle, avais-je pensé. Nous n’étions vraisemblablement pas en présence d’un grand renouveau artistique, m’étais-je dit.

Voila ce que je me disais, ce matin, en roulant vers Nantes et en écoutant la radio. Je me disais que si les américains n’avaient pas le courage de prendre eux-mêmes les armes pour marcher sur le capitole et se débarrasser de leur tyran grotesque, alors il fallait se tenir prêt à les affronter tôt ou tard. Il finirait par obéir jusqu’au bout à leurs grotesques tyrans, m’étais-je dit. Il fallait écrire « tyrans », au pluriel, m’étais-je dit. Ils étaient plusieurs. Ils étaient une flopée. Il en sortait de partout. 

Voila ce que je me disais, en roulant vers Nantes ce matin, dans la beauté des frimas argentins. 

Une fois à Nantes, j’avais cessé de penser à cela. Jusqu’au déjeuner, où je m’étais remis à y penser, en discutant avec C. et M. Puis j’avais de nouveau cessé d’y penser pendant l’après-midi et je m’étais remis à y penser ce soir.

De travailler avec les étudiants m’avait changé les idées. Ils sont très gentils, ces étudiants, me suis-je dit. Adorables. Vraiment un bon groupe. C’était un plaisir, vraiment. On était conquis, attendris.

On ne pensait plus du tout à un fusil, un treillis, une grenade, une baïonnette. 

On était tout à la joie d’être jeune, insouciant et plein d’enthousiasme.