
Chez Mario, c’est pratique: l’on sait qu’il va toujours se trouver des copains et copines pour jouer avec le jeune tyrannosaure et que l’on pourra en profiter pour lire un bouquin, regarder un film, faire nos mails, bailler aux corneilles, bref respirer un bon coup jusqu’à l’heure de la fermeture, c’est à dire, peu ou prou, 18h30.
D’ailleurs, l’heure approche, me dis-je, jetant un œil inquiet à l’angle supérieur droit. Dix huit heures huit, annonce l’impavide compteur. Et je vois se pointer un jeune dinosaures en nage. Il faudra laver les cheveux ce soir. Ce n’est pas une menace, c’est une promesse.
Et demain, déjà, demain, enfin, c’est la rentrée. Retour à une activité normale. Ou à une inactivité normale. Alternativement, simultanément.
Les minutes passent par-dessus l’épaule, c’est énervant. Je vais faire une pause, ranger. Une petite fille vient me dire:
– Wahou, vous avez apporté un ordinateur! Il est grand!.
Il me semble bien qu’elle se moque.
-Il est gigantesque, je réponds, énorme, c’est très rare un ordinateur de cette taille !
-Oui, moi je n’en ai jamais eu, elle dit, mais j’ai une vraie tablette d’adulte.
-Ça c’est top, alors !
-Oui, sauf qu’elle n’a plus de batterie.
-Bah, il faut la recharger…
– Hum…pour ça faut y penser et avoir le temps.
Qu’ajouter ? Je reste sans voix et j’écarte les bras avec résignation, mais elle a déjà disparu dans un grand éclat de rire.
Ciel, il est dix-huit heures vingt.
Ciel, tu m’avais pas dit qu’c’était une magicienneuh…

