
J’avais mis le réveil à 5h et puis, à 3h20 je m’étais dit que 5h pour partir à 6h, ça ne donnait pas l’occasion de rêvasser ni de s’angoisser en lisant les dernières dépêches AFP, ni de prendre un solide petit déjeuner. Alors j’avais avancé mon réveil à 4h30.
À 4h44, je sortais de la salle de bain, habillé de frais et à peu de frais.
À 5h00 les œufs sur le plat grésillaient dans la poêle à frire.
À 5h20, le petit déjeuner était englouti et j’étais prêt à partir.
Alors je me suis dit que j’aurais pu aussi bien me lever à 5h.
Mais, en même temps, me suis-je rappelé, il faut que je passe prendre de l’essence à A*** et donc partir à 5h45 au lieu de 6h n’est pas du luxe.
J’arrivais à 6h52 à la gare de Poitiers et montais à 7h05 dans la voiture n°1 du train de 7h14 pour Paris. J’écoutais la radio pendant le trajet, ce qui me donna l’occasion de rêvasser et de m’angoisser considérablement.
En passant à 9h15 devant la vitrine de Lenôtre, à la station Villiers, je me suis dit — observant un vendeur en train d’ aligner soigneusement des éclairs au chocolat — que ce serait une bonne idée de compléter mon petit déjeuner par une douceur de la maison, référence parisienne en matière de douceurs.
Et puis finalement, je n’ai rien trouvé de plus adapté qu’un croissant et un pain au chocolat. J’ai pris mes viennoiseries et je les ai mangées dans la rue. Elles n’avaient rien d’extraordinaire. J’ai regretté cet achat compulsif.
Peu après — ou peu avant, je ne sais plus — je suis resté un moment devant la vitrine du magasin Gentlemen’s Club et je me suis dit que peut-être qu’un de ces jours, prochainement, j’irai me commander un costume et quelques chemises en utilisant les services du tailleur maison. 200 € le costume, cela ne m’a pas paru excessif. Ça vaut le coup de faire l’essai.
Et puis j’ai dirigé mes pas vers l’avenue V***, pour participer à une commission confidentielle.
J’en sors vers 16h30. Direction la gare Montparnasse où je dois prendre le train de 18h27 direction Poitiers. En attendant j’écris ceci à la terrasse de la Maison Pradier, qui met à disposition des tables et des chaises inamovibles.