CROTALE DIAMANT

Dès le matin au réveil, je suis sommé de dessiner – d’après modèle – un crotale bouche ouverte. Très important, la gueule ouverte du crotale. C’est ce qui fait tout son charme, cette blancheur rosâtre des muqueuses, qui s’ouvrent comme une fleur aux crochets meurtriers. Et tant que ledit crotale n’est pas exécuté, je n’aurai pas de répit.

Une fois le crotale posé sur une feuille, c’est au tour du monstre de Gila. Avec un film entre les deux. Et des crêpes. Et puis, je suis descendu faire quelques courses. Il fait beau et froid. S. a une otite. Antibiotiques. On était allé consulter hier soir, en famille, au centre médical de Rosa Parks.

Lorsque R. rentre, vers 14h, je suis encore en train d’œuvrer laborieusement au perlé des écailles en têtes de clous du monstre de Gila.

Étant donné qu’ils ont rendez-vous avec D., avec qui S. doit aller jouer au parc, à 15h, il faut s’activer. Je prépare un curry de butternut et du riz, alors que R. et S. se réchauffent de la quiche et grignotent sur le pouce.

Pourparlers avec C. autour des destinations possibles pour une colonie de vacances avec les cousins. J’avance que la colonie en Haute-Savoie est à l’autre bout de la France et ruineuse, que je n’ai pas les moyens, que c’est compliqué, que d’en trouver une en Vendée, plus proche de P***, serait préférable. Peine perdue. C’est la Haute-Savoie, finalement. Encore et toujours la Haute Savoie, au terme d’une lutte impitoyable, emportée contre moi par des moyens perfides et détournés. C’est la ruine, décidément.

Entre lectures des mémoires des étudiants de cinquième année très en forme du réel et pauses-série (« Resident Alien » en ce moment), l’après-midi s’écoule paisiblement. R. m’avertit par texto de l’imminence d’un apéro et je vais chercher bière, chips et cacahuètes. Je prépare un coleslaw en écoutant le dernier épisode de « La science CQFD » consacrée à la formalisation d’une preuve du théorème de Fermat.

R., M. et les enfants arrivent vers 18h. Je fais un écart à mon jeûne intermittent, avec bière et cacahuètes. Tant pis. Je me rattraperai demain. D. et S. veulent regarder un film. On regarde pour la cinquantième fois de la semaine « Retour au bercail ». Quand ça se termine, il est 21h30 et D. veut dormir ici. M. apporte son pyjama et sa brosse à dent. Je mets les garçons au lit, leur lis les premières pages du « Petit Prince » puis il est temps de dormir. D. veut rentrer chez lui. J’appelle M. Elle passe le reprendre. Le temps d’une toute petite histoire de crocodile et de deux ou trois chansons et S. roupille.

Pendant ce temps, j’ai téléchargé l’épisode dixième – et final – de la deuxième saison de « Severance », que je m’apprête à regarder, une fois que j’aurais mis un point à cette phrase.

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