
J’étais reparti dans l’autre sens. J’avais pensé que c’était plus cohérent comme ça. C’était plus dans l’ordre des choses. Plus dans la syntaxe du dispositif. De remonter le temps.
À rebours.
Pas de revenir à nous depuis le point le plus éloigné mais, au contraire, de s’enfoncer à partir du point le plus présent.
Et j’ai donc intégré ce soir les posts les plus récents qui restaient à intégrer et qui m’ont mené au 10 janvier 2025.
Et là, trou noir. Béance. Effroi. Abîme. Le post précédent date de septembre 2021. Entre septembre 2021 et janvier 2025, rien. Et encore, je subodore qu’il n’y a pas grand-chose en 2021 et que l’on remonte très vite les années jusqu’à – mettons – 2008 ou 2009. J’ai des raisons pour avancer ces dates.
Sinon, aujourd’hui S. était malade. Enfin, « malade »… Il avait de la fièvre. Les enfants ont facilement de la fièvre. Nous avons regardé quelques documentaires animaliers après le petit déjeuner avant de sortir faire des courses au Millénaire où nous avons déjeuné.
Un peu de jeu dans le parc non loin puis nous rentrons. S. est mort de soif et fait sa drama queen. Il se roule par terre dans la poussière en hurlant qu’il ne pourra jamais tenir, qu’il doit boire, boire, boire. Je lui réponds qu’on va s’arrêter dès que possible mais qu’il faut au moins marcher jusqu’au bistrot le plus proche. Il se traîne, tombe, se roule, rampe, se relève, avance en claudiquant, en boitillant, en traînant la patte, en tirant la tronche, en maugréant.
Finalement on arrive dans un kebab où il est possible d’acquérir une bouteille de Cristaline et un café et soudain c’est le paradis.
On rentre. Le temps de mixer et de compresser en H264 l’épisode 2 de La Vie au Zoo et il est temps de repartir pour le rendez-vous de S. avec N.
Ça roule bien. On a une demi-heure d’avance. On écoute la bande-son de L’ Aventure de Buck dans la voiture et on s’extasie sur la qualité de restitution des fréquences basses, que l’on n’entend pas sur la petite borne bluetooth à la maison et qui sont d’habitude masquées par le bruit du moteur, lorsqu’on écoute la musique en roulant.
Après la séance, on rentre comme une fleur. Un bain pour S. Pliage de linge, rangement de chambre, changement d’ampoule, aération. On joue aux sept familles pendant que je réchauffe un plat de pâtes aux saucisses préparées par R. S. mange peu. Il ne mange jamais beaucoup quand il est malade. On regarde Retour au Bercail en projection sur le mur du salon avant la séquence brossage de dent – nettoyage de nez – pyjama – dodo.
À 21h50, il ronfle.
Je profite de ce répit pour noter un rêve curieux dans la nuit de mardi à mercredi: j’avais un fils, avec qui je me promenais et, au moment où nous croisions par hasard une connaissance, voulant les présenter, je me rendais compte que j’ignorais ou plutôt que j’avais totalement oublié le nom de mon fils. Je donnais un nom au hasard, dans ma barbe, espérant que cela échapperait à mon fils. J’essayais ensuite de regarder en douce un scan du livret de famille sur mon téléphone. Je l’entendais finalement se présenter lui-même: « Je m’appelle Nash… ». Et sur le livret de famille, je lus: « Nace ». Je me réveillais dans un état de profonde tristesse, qui ne me lâcha pas de la matinée.