DES NOUVELLES DE NOS VINGT ANS

Décidément, il ne change pas.
C’est le même.
Je retrouve D.W. tel que je l’avais vu la première fois, il y a bientôt trente ans.
Nous en avons bientôt cinquante et tout à coup nous en avons vingt.
Dix huit.
Dix sept.
À peine.

Tout nous revient.
Le canoë, les champignons hallucinogènes, l’ouragan, le camion abandonné, l’errance, le goûter au ketchup, le canoë dans l’arbre, la grenouille, la navette de la police.
L’on se dit c’était au temps.
C’était au temps où l’on n’avait pas de téléphones portables.
C’était au temps où l’on disparaissait corps et biens pour dix sept heures.
C’était au temps où les parents s’inquiétaient.
C’était au temps où l’on écrivait des lettres par avion.

Après un café à Jussieu, l’on rallie Montreuil pour un passage au studio et pas mal de coups de fils professionnels pendant que D. colle un maximum de post-it colorés dans un dossier, qui est l’agenda de sa mission.

Ensuite, un crochet par l’appartement où l’on boit un whisky japonais en admirant la vue, puis l’on réserve une table chez Vit’Halles, mais ce n’était pas fameux. Ni bon ni mauvais. Sans audace. Sans générosité. Le minimum syndical. Le vin trop sucré. Pas assez de piment, pas assez d’épices. Trop poli, gentil, français, fade. 

Donc on sort et hop, on va se commander une assiette de fromage et du Sancerre.
Et ce vin, c’est comme un vieil ami.
Un goût de raisin, oui monsieur.
De raisin.

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