
Je n’ai jamais d’image alors je vole celle-ci mais j’en donne le négatif, puisqu’il s’agissait d’un négatif et c’est donc le positif.
J’avais une phrase dans la tête mais elle s’est perdue.
Je souffre de la mise en page dans WordPress.
Quand on va à la ligne, ça saute une ligne et je ne voudrais pas sauter une ligne. Je voudrais aller à la ligne. Simplement aller à la ligne.
Mais non, c’est trop demander. Il faut sauter une ligne.
Ou bien revenir en HTML et insérer une balise ad hoc.
C’est le moyen âge, me dis-je.
Un retour en arrière terrible, me dis-je.
L’ergonomie de toutes ces applications, depuis Photoshop jusqu’à WordPress, la souplesse d’utilisation, tout cela a énormément régressé au profit de pas grand chose, me dis-je.
La technologie, qui était passionnante, est devenue ennuyeuse, me dis-je.
Tout cela pour que l’on préfère finalement tout déléguer à des algorithmes et à des bases de données, me dis-je.
Je refuse absolument d’appeler cela des intelligences.
Fussent-elles artificielles.
Je préfère ne pas en parler.
C’est triste quand on y pense. Mais tout est triste quand on y pense alors il vaut mieux ne pas y penser, me dis-je.
Tout ça va finir en HTML, me dis-je.
Avec des bannières me dis-je. Des <br> et puis voila.
Et advienne que pourra.
Les journées sont pluvieuses et pas trop froides, mais suffisamment pour que le jardinage apparaisse comme un exploit.
Le jardinage semble hors de portée.
D’ailleurs je n’avais pas beaucoup de temps.
Hier, il fallait s’occuper de toutes sortes d’intendances et aujourd’hui, de préparer demain.
Par exemple, le séminaire de demain soir, qui sera le dernier, puisqu’après ce sont les évaluations puis les vacances de Noël.
Et puis je suis allé chez Darty acheter une plaque de cuisson.
Et voila, j’ai finalement sauté une ligne. Toutes les précédentes, ce sont des balises. Et donc ce sont des journées silencieuses, des journées solitaires, des actions fragmentées. Un peu d’impôt, un peu de DRAC, un peu de lecture, un peu de musique, un peu de séries, un peu de cuisine. Un peu, un peu, un peu. Super-ready fragmenté.
Ces moments-clés, écrivait Beckett, où l’ennui de vivre est momentanément remplacé par la douleur d’être. Profiter de ces moments-clés avant que…
Impression qu’il ne se passe rien, que rien ne se passe. Que rien se passe. Que rien.
Tout cela parait lugubre et ça l’est mais la maison est belle, me dis-je, la campagne est belle. Triste et belle. Triste parce que c’est l’hiver, bien sûr. Faire du feu dans le poêle reste une belle chose. Il est difficile de construire, de maintenir une impulsion, de maintenir un feu nourri, un objectif constant. Je suis allé cueillir des roses pour les phasmes, mais il en faut encore. Gribouille a été opéré hier. Il semble bien remis. Uranus est partie chasser dans la nuit. Elle roupille ensuite toute la journée dans l’escalier.
Un rouge-gorge a élu domicile dans le jardin, semble-t-il.
Tiens, je n’entends pas la chouette, ce soir mais les radiateurs glougloutent.
