
Non, décidément non, je ne peux plus supporter plus de dix minutes de n’importe quelle série américaine. C’est toute cette civilisation que je ne peux plus sentir. Et quand je dis « civilisation », il vaudrait mieux dire « barbarie ». Eugène avait raison. C’est l’ethos américain, le pathos américain, l’éros américain, tout cela que je ne peux plus supporter. Ces corps et ces regards que je ne peux plus regarder sans frissonner d’horreur. Ces voix que je ne peux plus entendre. Que viennent les poulpes, me dis-je. Que viennent les cachalots, me dis-je. Cette espèce a fait son temps.
Ainsi donc, fini Netflix, Prime video, Disney, et consort. Je n’y arrive plus. Ce n’est plus supportable. On va revenir aux fondamentaux. Au cinéma. À la littérature. À la musique.
Ce soir, les chats avaient attrapé un petit merle. Un petit merle se débattait sur le tapis en piaillant de terreur. J’avais d’abord pensé à une souris, un mulot. Mais c’était trop fort. On a réussi tirer l’oisillon de leurs griffes, mais il était tout de même un peu amoché. Apparemment, il a réussi à prendre la poudre d’escampette. Toute la famille merle était dans tous ses états, tous voletaient et sifflaient, et piaillaient à qui mieux mieux. J’avais temporairement bloqué la chatière pour offrir un répit aux oiseaux avant la nuit.
