ADD TWO, ADD ONE, DIVIDE TWO, DIVIDE ONE

J’ai été, à mon tour, victime des machines à laver en panne. Une première machine s’achève aux alentours de minuit et il me faut bien admettre que le linge n’est ni lavé, ni rincé, ni essoré.
Je me mets donc en quête d’une autre machine à laver et j’en trouve une, qui a l’air de fonctionner.
Le bac est vertical et le mécanisme semble rudimentaire. On s’étonne presque qu’elle ne soit pas activée par une simple manivelle.
La rotation est lente, approximative et je ne suis pas sûr que l’eau soit vraiment chaude. L’avantage c’est que le programme est rapide. Environ quarante minutes.
Et à la fin, contre toute attente, cela semble avoir fonctionné. Le linge paraît propre, rincé et essoré.
Le temps d’accrocher cela sur le tancarville emprunté dans le couloir et de finir l’épisode en cours de la série Andor (série essentiellement consacrée à l’étude des différents designs capillaires dans le contexte de l’Empire Galactique de l’univers Star Wars) et voilà qu’il n’est pas moins de deux heures du matin, alors que j’avais prévu de me lever à sept.
Je révise mes ambitions à la baisse.
Ce sera sept heures trente et hop, dehors à huit heures, un café, le distributeur de billets pour tirer les deux cent mille wons qui me permettront de payer le propriétaire pour les trois jours de chambre réservée pendant que nous serons à Sokcho et de disposer d’un peu de petite monnaie.

À 9h45 je suis à la K’arts, en avance pour le car qui nous emmène à ,10h30, direction le musée Hoam, encore un musée Samsung, implanté sur un très beau site, près d’un parc d’attraction.
Les cerisiers sont en fleurs. Les collines ressemblent à un bain moussant.
Il y a quelques sculptures dans le jardin: araignées de Louise Bourgeois, un rocher dans un arbre que j’attribue, sauf preuve contraire, à Giuseppe Penone.
Dans le pavillon central, orienté plein sud et donnant sur la colline de cerisiers, une exposition monographique de l’artiste coréenne Kim Yun Shin, travail obsessionnel sur bois et rochers, assez adapté au cadre.
Tout cela est fort beau, fort beau.
Les visiteurs prennent des photos dans le jardin. Ils sont bien équipés. La K’arts, comme d’habitude, ne s’est pas fichu de nous: elle a affrété un car et préparé des petits bentos de kimbaps au thon-mayonnaise, carotte, bardane, feuille de sésame, fougères et feuilles de navets, pour notre déjeuner, que l’on déguste dans l’herbe, face au lac Samsung.
Les angles de vue sont bien calculés. J’ai tendance à me placer automatiquement à l’Est, quoi qu’il arrive. J’observe un écureuil qui saute de branches en branches. Il fait très beau.