LET’S MEET

Alors, ça y est, j’ai compris le système des musiques annonciatrices de l’arrivée des trains dans le métro sur la ligne 2 (mais je suppose que c’est le même sur d’autres lignes, bien que pas sur toutes): dans une direction, c’est un son de trompette assez martial, dans l’autre c’est une sorte de xylophone plutôt rêveur. Parfois, les deux rames arrivent presque au même moment et les deux musiques s’enchaînent ou se superposent.

Hier matin, après avoir amplement récupéré le sommeil en retard, je suis allé me balader au bord du fleuve Han, en plein festival de printemps. Il y a une foule dense sur les pelouses, des tentes, des grillades, des grappes humaines, des cerfs volants, etc… C’est le week-end où l’on célèbre les cerisiers en fleurs. Et ils sont bel et bien en fleurs partout. Au bord du fleuve, cependant, c’est beaucoup plus calme. Il est très large ce fleuve Han. On n’imagine pas traverser à pied ces immenses ponts. On croirait un bras de mer. En suivant la digue, on passe dans des sous-bois, des chemins de terre, le contour devient plus erratique. Il y a des canaux. On ne sait plus où l’on est. On suit la ligne. On tourne. On repart vers la ville, vers l’autre rive. Mon téléphone est rapidement déchargé et je vais boire un café chez Starbucks pour le recharger. Je déteste Starbucks, mais ici il n’y a pratiquement que ça. Des Starbucks, tous les dix mètres environ. L’emprise d’un Starbuck s’achève là où commence celle du prochain. On va de Starbucks en Starbucks. L’idée, c’est que ce soit partout la même chose. Et c’est partout la même chose, à peu près. Comme partout d’ailleurs.

J’avais eu l’intention d’aller au Seoul Art Center voir un spectacle de danse mais City Mapper, pour d’obscures raisons, m’envoie dans une sorte de coupe-gorge où il n’y a rien et je finis par comprendre que ce n’est pas du tout là que se trouve le Seoul Art Center. Il est trop tard pour corriger le tir et rejoindre la bonne adresse alors je rentre regarder des séries et faire une lessive. Curieusement, toutes les évacuations d’eau sont ouvertes. Toutes les pièces d’eau, y compris les buanderies, sont conçues comme de grandes douches italiennes. Même le lavabo donne directement sur le sol. C’est étrange. Il y a, dans l’auberge, le Goshi-won – c’est l’appellation officielle – un bruit permanent de pluie battante: c’est l’eau qui se déverse des machines à laver. La buanderie du deuxième étage est condamnée parce que totalement inondée. Ça sent le moisi, d’ailleurs.

Ce matin, il fait frais. Le linge, accroché cette nuit, est quasiment sec.