
Les américains ne savent plus quoi raconter, me disais-je.
Ils bégayent, me disais-je. Ils radotent.
Ils n’ont plus rien à dire, me disais-je encore, soupirant d’ennui, avant de me lever au bout d’une mi-temps, environ, du dernier Star Wars.
Je suis injuste, me disais-je, Disney ce n’est pas les américains.
Mais tout de même, me disais-je.
A ce point, me disais-je.
Au point que ce n’était pas regardable, me disais-je.
P.G. y était aussi, presque en même temps.
On s’était envoyé des SMS:
– Je ne comprends pas un truc: qu’est-ce que fait Michael Lonsdale, sur cette île ?
– C’était le risque en confiant la mise en scène à Marguerite Duras.
– Star Wars ma douleur.
– Sans dec, même Le Camion, à côté, ça pulse.
Rien que d’y penser, je me ressers un whisky, me dis-je.
Rien que d’y penser, je grignote des chips au vinaigre, pensais-je.
Et avant, j’étais allé au studio pour remplir des papiers, réunir des documents.
D. avait appelé pour que je lui prépare ses factures.
C’était la journée paperasse, m’étais-je dit.
C’était le jour pour régler ce qui devait l’être, avais-je pensé, m’étais-je dit, me disais-je.
Puis G., qui devait passer rapidement à Ménilmontant.
On se retrouve au Biarritz. D’après l’échange téléphonique dans le métro, on devait se louper et puis non. Finalement non.
G. a son casque sur la tête. On dirait un extra-terrestre.
D. est en manches de chemise.
On prend des bavettes.
On s’organise.
D. part en Roumanie ce soir.
Il va monter les portes.
Je vais chercher les filles.
On va boire des jus de fruit frais, on mange des cookies et puis je les dépose au Conservatoire.
Et puis Star Wars, donc.
Quarante cinq minutes, donc.
Et puis dehors, la pluie.
Le cabinet d’avocats. Je dépose mes courriers.
Et puis métro.
Berezina.
Gallieni.
Et puis bus. Bondé.
Et puis thé.
Et puis montage, jusqu’à vingt trois heures.
Et puis Jean Ferrat.
Et puis la lune.
Et puis G. au téléphone, toujours à Ménilmontant.
On se retrouve demain, demain à Montreuil.
Un bain, un dîner.
Jean Nouvel. Master class.
Il pleut tout le temps.
Comme il fait nuit quatre vingt pour cent du temps on ne voit pas les flaques et plouf les pieds glacés.