
C’est lundi, hop, hop, c’est la nuit, hop, hop, dans mon lit, hop, hop, j’entends un cri. C’est Orson Welles à la radio. Orson Welles qui crie et rit comme un dément. Et puis c’est mardi, hop, hop, dans mon lit, hop, hop, encore des cris. Ce sont les gars qui dorment dans la rue au pied des studettes de l’école. Ce n’est pas Orson Welles, cette fois. Un cri, la nuit, c’est parfois Orson Welles mais pas toujours. Les gars ne crient pas comme des déments mais je pense qu’ils ont froid. Il faisait un peu froid encore, cette nuit. et puis ce week-end, c’est l’été, annonce la météo. Des trente et quelques.
C’était à Nantes, donc, mardi et aujourd’hui, mercredi, les concours d’entrée. Concours de circonstances. Montage concourant. J’y étais allé au flan, avec Olivier, malgré l’incident moteur. Et il n’était rien arrivé. Je ne dépassais pas les 2500 tours minutes. Je ne dépassais pas les 108 km/h. Je n’arrivais pas jusqu’au hoquet, jusqu’au défaut d’injection. Et j’avais pris rendez-vous déjà pour vendredi. On changerait les deux derniers injecteurs. Et ce serait la paix, du moins j’osais l’espérer.
Ce midi, à la Maison, c’était délicieux. J’avais été mauvaise langue au début. J’avais dit que cela manquait de saveur et puis j’avais découvert une saveur florale, puis une saveur résineuse et puis un ensemble, un bouquet, une construction savante. C’était formidable, en réalité. J’avais été mauvaise langue. J’avais fait mes compliments à la patronne. Peut-être que j’en avais fait trop ?
Et, sinon, j’avais regardé hier soir, dans ma cellule nantaise, avant les hurlements, bien avant les hurlements, le récent concert de Laurie Anderson, dans une église parisienne. C’était très beau, très réjouissant et cela m’avait de nouveau donné envie de faire du Taï Chi.
