Suis sorti sans appareil photo (quoique j’aurais pu utiliser le téléphone).
En fait, je n’ai pas ressenti le besoin de faire une photo.
Début de Sodome et Gomorrhe. Jupien et le baron de Charlus.
Visite d’un premier appartement, l’atelier de P.M., une amie de N.
L’appartement est grand, lumineux, mais tellement délabré et poussiéreux
que les bras m’en tombent d’avance rien que d’imaginer les heures nécessaires
pour nettoyer et rafraîchir ces murs.
Celà dit P. est assez marrante et nous passons un bon moment à discuter et
prenons un café chez Janette, rue du faubourg St Denis.
Elle m’indique où se trouve le centre de Yoga sur Sébastopol. Je note l’adresse
et le téléphone. P. propose d’organiser un dîner prochaînement, avec N., pour
poursuivre la conversation.
Ensuite, je passe au bureau (pas encore mon bureau mais bientôt) et vais boire
un café (le quinzième de la journée ?) avec N.
Il passe un coup de fil à K. qui partage un appartement en collocation rue
du faubourg Poissonière. Et justement, ils cherchent un colloc pour début juin.
Ca tombe bien.
Pendant que N. retourne travailler, je passe à l’appartement qui est vraiment
confortable, propre et spacieux. Nous bavardons un bon moment avec K.,
principalement des enfants et des catastrophes provoquées par l’irresponsabilité
de leurs parents. Elle se plaint des producteurs français. Moi, j’ai renoncé à l’idée
de travailler avec eux. Puis arrive l’heure de son rendez-vous internet et je rentre
au pré. Tom a appelé et je le rappelle.
Il doit passer demain en début d’après-midi.
Flageolets et aubergines.
Dreyer a une bonne tête
Et les ipomées aussi, d’ailleurs. Surtout avec le soleil qui revient (toujours ce vent glacial
mais avec des accalmies). Tenez bons petites pousses ! Les nuits sont rigoureuses.
Quant à Carl T, je rentre à l’instant de la Cinémathèque où était projeté l’épisode de
Cinéastes de notre temps qui lui est consacré et a été réalisé par le jeune Eric Rohmer.
Plein de pudeur, seule sa grande douceur l’empêche d’être aussi laconique que John Ford.
Les témoignages des acteurs dressent un portrait très fantômatique du « maître ». Comme dans le Renoir-Langlois, les questions de Rohmer sont d’une fausse naïveté délicieusement retorse: « On dit souvent que vos films sont longs, pourquoi ? »
Me suis d’abord longuement promené dans les buttes-chaumont. Incroyable ce qu’il y a peu de stations de métro dans le XIXème arrondissement. On peut l’arpenter pendant une heure sans en rencontrer une seule. Finalement je n’ai retrouvé le métro qu’à Jaurès.
Il y a une barque échouée qui coule lentement.
Beaucoup de monde dans le jardin. On se bouscule dans les escaliers.
(…)
Puis je vais lire un peu au Palais de Tokyo en attendant l’heure du film.
Là, je fais la rencontre de Megumi, une touriste japonaise.
Nous échangeons nos e mails, mais en rentrant je découvre qu’elle m’a déjà écrit.
Cher Christophe
Je suis une touriste japonaise qui a bavarde avec vous pendant 2 minutes; Megumi Sato.
J’aimerais bien corriger mon e-mail address, c’est plus pratique. mememeya…que je vous ai donne est address de l’ordinateur chez moi au Japon.
Et puis, vous n’avez apercu un Michelin bleu de Paris que j’ai reste sans conscience, sur la table de ce cafe la? Si vous l’avez avec vous, voulez-vous m’appeler? Je serais un peu perdue sans celui.
mon numero de telephone: XX XX XX XX XX jusqu’au 15 avril
Excusez-moi, je suis un peu depechee…
Ah! Quand même Megumi là vous exagérez! Le coup du Michelin on ne me l’avais jamais
fait, celui-là! Coquine, va !
Pâques avec A.P.
Après une bonne séance de chat avec l’Australie (Lakis, Christopher et Anthony), je suis
sorti prendre l’air vers 15h30. Grand soleil. Un peu moins froid.
Je sors du métro à République et j’appelle A., avec qui nous devons tourner un
épisode de Communications. Il est chez lui et passe l’aspirateur. Me propose
de passer et je lui rends donc visite. Cité des arts. Studio lumineux, sobre mais
confortable. Sublime vue sur la Seine. Nous papotons un moment, avant de sortir
prendre une glace chez Berthillon, que nous allons déguster sur le quai, parmi les
couples enlacés et les touristes en goguette.
Bonne discussion, plutôt sur l’axe Straub-Proust, jusqu’au couchant puis nous nous
séparons.
En rentrant, mail furax de Megumi qui n’est « pas une coquine » et me demande de retirer
une photo sur laquelle on peut lire son adresse et son e mail. Je lui donne raison
et retire derechef ladite photo.
An afternoon with N.C.
Rendez-vous à 16 heures chez N.C. pour un brunch.
C’est un homme en peignoir, sortant de sa douche, qui m’ouvre la porte.
N. ne parviens pas à reconstituer les événements de la veille: il s’est réveillé dans
une chambre chaotique dont le portant à vêtements avait été renversé et les
vêtements épars trempés dans une mare d’eau. Mais impossible de savoir d’où
vient cette eau. Ni qui a renversé le portant. De toutes façons N. ne se souvient pas
être rentré chez lui. Tout est possible.
Nous passons au bureau.
N. m’a proposé de partager le sien et d’y apporter mon matériel et mes dossiers.
Dans la rue je tombe sur A.S. pour la troisième fois cette semaine.
Vendredi au café, nous avions tous les deux affecté de ne pas nous voir parce que je discutais avec P.C. et que, connaissant A., je supposai (il me le confirme, d’ailleurs) qu’il ne désirait pas spécialement la saluer. M. est avec lui. Ils font leurs courses rue Montorgueil, comme la reine d’Angleterre, tout simplement. Je leur propose d’organiser une projection privée de Polyeucte mais A. décline poliment: « Tu sais, moi, les images en mouvement. Même la peinture… Sauf, évidemment, s’il s’agit de chevaux. » Il faut que j’écrive à C.
Puis nous allons manger un morceau.
Encore un de ces cafés Costes avec une décoration revival 70’s.
N. est très content parce qu’il vient de s’offrir un nouvel appareil photo numérique.
Celui-ci peut tourner des séquences vidéos en résolution 640 X 480. C’est un 5 méga pixels.
J’ai appelé P., la copine de N. qui cherche un co-locataire pour son atelier et nous devions
nous retrouver à 18 heures mais, puisque N. et moi devons parler et qu’elle ne peut repousser ce rendez-vous, nous décidons de reporter à mardi.
Nous allons chercher de l’argent pour *** (que N. lui devait). Du coup, j’ai beaucoup
d’argent dans la poche et je me sens nerveux dans le métro. C’est idiot.
Ca m’amuse bien cette idée d’avoir un bureau et je décide d’accepter la proposition de N.
Ce qui serait pratique c’est que ça puisse marcher avec P.: l’appartement est à 15 minutes
à pied du bureau. Idéal.
En rentrant, je rempote les ipomées et je mets du terreau partout.
J’ai acheté un caddie pour faire les courses, mais c’est un cauchemar de le remonter dans les escaliers.
I am no more your favorite horse…
Retour de Tourcoing après 4 jours de stage son.
Déménagement éclair, en plein départ en vacances. Le taxi fait la gueule quand je lui
demande de me déposer au Pré-Saint-Grevais avec ma grosse valise.
Premier jour, ou plutôt premier soir ici, chez F.D., qui est à Lyon pour quelques
semaines. Suis allé chercher la freebox à la poste. Connexion sans problème.
Je m’installe comme je peux.
Il fait un froid terrible en France en ce moment. Je ferme toutes les portes et je me colle
contre le convecteur électrique.
J’ai fait des courses et regardé par la fenêtre.
Il y a beaucoup de chants d’oiseaux. Je vais me faire à dîner puis je me mettrai au lit avec
la recherche. J’arrive à la fin du côté de Guermantes. On voit bien où Deleuze est allé
chercher sa théorie du désir comme agencement. Ca agence à fond.
Sinon, oui H.D. tu as gagné: c’est Eugène sur la photo. D’ailleurs c’est ce soir la fête de fin de
tournage mais ni Eva ni moi n’avons le coeur d’y aller.
Nicky a appelé, pour me proposer de partager un appartement avec une de ses amies peintre
et de partager un bureau avec lui. Nous décidons de nous voir demain, pour le brunch de 16 heures.
Les ipomées de F. ont beaucoup poussé. Demain matin, j’irai chercher du terreau pour les
mettre en pots. C’est drôle, je me suis rendu compte que j’habite à une centaine de mètres
de l’appartement où ma mère et J.L. ont habité pendant quelques années, il y a dix ans.
J’ai commencé à faire un repérage des petits commerces. En majorité des commerçants
arabes, épiceries, boucheries hallal, etc… Il y a pas mal de pavilons abandonnés et d’immeubles du milieu du siècle dernier.
Quant à Tourcoing, que dire ?
Le stage s’est plutôt bien passé, malgré quelques problèmes de machines.
Les quelques élèves qui ont tenu jusqu’au bout étaient vraiment intéressés et nous avons
eu quelques bonnes discussions. J’étais un peu triste, malgré tout.
Ces vacances sont les bienvenues.
Il y avait aussi ces monstres invraissemblables sur la place ( Lille 2004 et son cortège d’attractions).
Long time no see…
Pris beaucoup de retard. Séance de rattrapage.
JEUDI 1er AVRIL
Une certaine idée du bonheur: faire la queue devant le Flunch du forum des halles, un jeudi 1er avril vers midi. Suis allé à la FNAC chercher des disques pour lundi.
Musique grecque antique, chants monodiques cisterciens, polyphonies (messes de Palestrina), musique anglaise anonyme du XIVème et XVème siècles… M.S. a annulé notre rendez-vous du déjeuner. je mange une salade et une bruschetta dans un restaurant des grands boulevards. Pas terrible. Les tomates sont fadasses. Lecture dans les cafés avant le rendez-vous chez A.C.
Ensuite promenade de long en large dans la rue Lafayette, jusqu’à Jaurès puis, dans l’autre sens, jusqu’à Cadet où j’ai rendez-vous avec F.D. Celui-ci me demande ce que je faisais à la station Louis Blanc il y a une demi-heure. En fait, il y était aussi et m’a vu passer devant lui, sans que je le repère.
F.D. est aphone et tout ce qu’il dit semble important, du fait que parler est pour lui douloureux.
Nous allons acheter des cordes de guitare et un harmonica diatonique en C.
Nous convenons d’un rendez-vous samedi pour la remise des clefs et je rentre.
La légende de la forteresse de Souram de Parajdanov passe sur le câble. C’est vraiment une splendeur sublime. Le problème c’est que la bande son est massacrée par une voix-off qui traduit en russe les dialogues en géorgien. Insomnie. Lecture et e mails.
VENDREDI 2 AVRIL
Tournage d’E.G. au théâtre des Mathurins, à la lumière des bougies.
Nous sommes le public d’une pièce de théâtre Nô, qui restera hors-champ mais dont on entendra le son. E.G. passe un quart d’heure à nous raconter de quoi parle cette pièce et à quel passage nous sommes en train d’assister. A peu près toutes les personnes assises dans cette salle sont des cinéastes. Certains amis, d’autres inconnus. Les bougies rendent le tournage dangereux et concentré.
Ensuite, nous allons tous déjeuner au restaurant en face, le Grefuhl (je ne suis pas sûr que ça s’écrive comme ça).
(…)
J’ai la tête lourde mais il faut que je me mette à la préparation du cours de lundi.
Et je m’y colle jusqu’à 22h-23h. Ensuite lecture, insomnie, etc…
SAMEDI 3 AVRIL
Travail toute la journée sur le cours de lundi.
(…)
En fin d’après-midi je pars à mon rendez-vous avec F.D. dans le jardin de Belleville.
Avant de partir pour Lyon lundi, il gratouille la terre pour en extraire des bulbes à replanter ailleurs.
M. brûle des feuilles, au lieu de les mettre sur le tas de compost, ce qui énerve F.D.
Il y a plein de roquette et j’en cueille de quoi faire une bonne salade.
La pluie semble menacer mais ne tombe pas vraiment.
Nous allons saluer I.M., la voisine, qui prête sa cave pour entreposer les outils et l’eau pour le jardin.
La lumière du soir est un peu triste.
Nous achetons du pain et du chocolat pour le goûter, que nous prenons à la terrasse d’un café, en haut de la rue du Faubourg du temple.
Puis je monte à l’arrière du scooter de F.D. et direction le Pré-Saint Gervais pour la passation des clefs et les dernières recommandations. C’est là que je vais dormir maintenant, pendant les deux mois qui viennent. J’ai l’intention, surtout, d’y lire beaucoup.
En rentrant, je lave la roquette dans l’évier, avec du vinaigre d’alcool et la range dans un récipient étanche pour demain. Ensuite, insomnie…
Désorientation
Samedi matin, j’ai acheté ce livre à la FNAC, L’invention de Morel d’Adolfo Bioy casares, sur le conseil de M.S. J’avais oublié d’en parler précédemment. Depuis, j’essaye de le lire, mais ma lecture est sans cesse perturbée par des digressions de mon esprit et je m’aperçois que je viens de lire trois ou quatre pages sans avoir la moindre idée de ce qu’elles contiennent. Il me faut fréquement revenir en arrière. Et ma pensée s’égare de nouveau. C’est très fatiguant.
On pourrait croire que c’est parce que je suis préoccupé, ce qui est le cas, mais, par exemple, la lecture de Proust que je poursuis parallèlement ne provoque pas du tout le même effet. Il me faut donc en conclure que c’est bien le propre du livre de Bioy casares. Je ne sais pas encore dire exactement en quoi cela consiste techniquement. Il me faut poursuivre.
Ci-dessus, l’image de ma profonde détresse, lundi soir, envoyée par mail à H.D.
Sorbet framboise, banane, cassis que je me suis fait servir dans la chambre n° (celle au néon vert clignotant et aux stores vénitiens).
Par-dessus le marché, la crème chantilly n’est pas fraîche.
Il n’y a rien à la télé. Je n’arrive pas à lire.
Cela dit, je trouve rétrospectivement à cette image une vraie qualité picturale.
Petites annonces pour trouver un appartement. Déprimant.
J’appelle F.D. qui me propose de partager son loyer et d’habiter chez lui pendant sa longue absence Lyonnaise. Nous prenons rendez-vous demain après midi.
Il faut aussi que je prépare le stage son de la semaine prochaine et notamment le cours d’histoire de la musique de lundi. Le temps file à toute allure. Angoisse.
Discontinuité
Commençons sur une note joyeuse: la droite s’est faite méchament dégommer hier.
Une question, comme ça: et si on rendait l’Alsace à l’Allemagne ?
Sinon, pas beaucoup de blog ces derniers jours. pas eu beaucoup de temps ni très envie.
Projection de Polyeucte jeudi soir à la FEMIS. Plutôt un succès, il me semble.
Possibles bouleversements de ma vie privée dans les semaines, les mois à venir…
J’en discute avec H.D. à la terrasse d’un café, samedi en pleine manifestation des sans-papiers.
Il y a pas mal de boucan, évidemment.
J’essaye d’enregistrer avec mon téléphone.
Il faut que je parte prendre mon train..
CA SENT LA RENTRÉE
Il fait frais le matin. 15° au réveil. Il y a plus de bruit dans la rue. Plus de monde dans le métro.
Les commerces réouvrent. La circulation se densifie.
Je mets un pull. Ca gratte un peu au début.
Faire des travaux ça occupe l’esprit presque à plein temps. Je passe la nuit à me demander s’il faut vraiment que je conserve cet énorme radiateur à accumulation de chaleur, qui a le mérite d’être très économique, mais le défaut d’occuper une place folle. Dix fois, en pensée, je le détruis, dix fois je le reconstruis. Et je pense au circuit électrique. Au tableau qu’il faudrait. Au dégât des eaux. L’entrepreneur doit venir jeudi prochain mesurer le taux d’humidité. Je risque d’avoir encore à attendre un ou deux mois que ça sèche. J’ai acheté plein de sacs à gravats chez Leroy Merlin ce matin et j’emporte plein de fils électriques et des baguettes qu’Y. avait stockés dans sa cave. Demain abattage de cloison avec F. et T.
Me suis renseigné sur les carreaux de plâtre et l’art de les couper, les assembler et de les faire tenir debout sur leurs bases de PVC.
Il faut aussi que je commence à écrire l’article sur les blogs que j’ai promis à C. Et M.S. revient bientôt pour reprendre le montage. Vague angoisse d’être pris de court par le temps. A propos de C., suis allé dîner chez C. et M. avant hier, au 29ème étage. La vue est belle et donne envie d’y tourner une séquence.
A propos de blog aussi, me trotte dans la tête la nécessité d’échapper à la surveillance, d’inventer un mode d’écriture qui, sans être vidé de toute substance, ne se résume pas à ce récit de moi-même et ne puisse servir d’instrument de contrôle (fût-ce de self-control). Cependant, pour l’instant, je préfère prolonger l’expérience sans trop d’a priori formel. Sans attacher trop d’importance au résultat. Et puis la période est un peu trop confuse. Il faut que je pose mes valises et que je range mes affaires avant de prendre des décisions radicales. Mangé des tomates et des courgettes du jardin de papa et c’est bien bon. Plus de cigarettes depuis huit jours et j’ai arrêté les NTB. Je me mords un peu les joues à force de mâcher des chewing gum et ça me donne de l’aérophagie mais c’est une phase transitoire.
Soleil et rideaux de cuisine
Hier matin, il fallait que j’aille faire des photocopies laser couleur du dossier de candidature pour l’Ecole nationale supérieure d’art de Dijon. En 3 exemplaires. Puis, destination FEMIS, avec la cassette de Polyeucte, pour la projection de jeudi. S.C. l’assistante de R.R. me reçoit d’abord un peu fraîchement, alors on s’explique. Il s’avère qu’elle n’a pas les bonnes informations, que personne n’est prévenu à la FEMIS, etc… Il faut que j’envoie une dizaine d’e mails en rentrant.
A propos d’e mail, il y a une nouvelle attaque virale en cours: au moins 25 e mails à détruire dans la journée, avec des pièces jointes fantaisistes.
Sinon, je vais essayer de mettre au point un système de codification des noms propres qui me fournira une alternative aux sempiternelles initiales. En plus, il y aura un côté « happy fews » pour ceux qui parviendront à les décrypter. Par exemple, qui se cache derrière Easter Tambourine ?
Message de Mickael Marécage.
Gros vent…
Et coup dur pour les élèves de 4ème année qui travaillent depuis des semaines à cette maison de carton.
Il fait froid. Ca rend nerveux. Il y a de l’électricité dans l’air.
Lundi matin, je vire M.W. qui, pour la nième fois pique sa crise. Elle m’énerve tellement que je finis par lui dire carrément qu’elle est « complètement idiote ». A posteriori je regrette cette phrase blessante parce qu’elle peut sembler définitive et effectivement c’est gagné: elle se braque tout à fait. Mais là, c’est la goutte d’eau…Cette fois ci je suis déterminé à ne pas la repêcher. Elle est virée du cours et pas mécontente de l’être. Déjà S.H. n’avait pas cru devoir revenir après la douche froide de la semaine dernière. Nous avons encore droit à une pénible explication avec C.D. qui s’offusque lorsque je déclare que donner son opinion ce n’est pas encore tout à fait penser et que nous attendons de lui qu’il présente des arguments, des raisonnements, des faits, etc… C’est comme si je lui disais qu’il était puni. Il me dit que suis trop injuste et que je décourage les meilleures bonnes volontés. Il faut 45 minutes d’explications pour lui redonner du courage. Je lui propose, par exemple, de ne pas se sentir obligé de continuer à venir au cours et que s’il s’inquiète pour ses U.V. on trouvera bien un arrangement pour ne pas le pénaliser. Mais apparemment, il s’accroche. Bon. Consternation générale.
Heureusement, le reste des élèves de seconde année partage mon dépit, ma sidération devant ces comportements de collégiens et me reproche même ma trop grande patience. Lles pauvres, ils doivent supporter les 45 minutes de négociations verbales nécessaires pour extraire un reste de dignité à ces crétinos du fond de la gadoue dans laquelle ils se sont minutieusement embourbés. Ce soutien me réconforte: Je n’ai pas l’impression de délirer tout à fait, ni d’exiger un effort surhumain de la part des élèves. Juste un minimum de savoir-vivre. C’est dément!
Après ça, l’après-midi, avec les élèves de première année est une véritable bénédiction pour les nerfs. Et le soir, au Fresnoy, la projection de Eloge de l’amour me réconcilie avec Godard. D’abord parce que c’est assez sublimement beau, mais surtout parce que j’y retrouve à peu près tout ce qui me préoccupe en ce moment: ce règne dégoûtant et universel de la marchandise, l’extrême nullité de notre environnement sensoriel, la Boétie, ce que c’est qu’être adulte. Malgré tout ce qui m’agace chez Godard, qui est là aussi, j’éprouve un sentiment de contemporanéité avec ce qui anime ce film. C’est une bonne nouvelle.
Je ne fais presque pas de photos en ce moment et H.D. a raison de dire que le lundi c’est vaches maigres.
Dans le train, drôle d’installation des sièges en face à face d’une rangée à l’autre. Curieuse vision.
A Paris aussi il fait froid.
J’ai terminé A l’ombre des jeunes filles en fleurs et j’attaque le côté de Guermantes.
Il faudrait que je prenne des notes de lecture…
