BAGNOLES

Je manque de charité envers les mouches, me dis-je. Elles vrombissent autour de l’écran et moi, je les maudis. Au lieu de m’émerveiller de leur bal volant, me dis-je. Je manque de poésie. Je manque de patience. Je manque de charité.

Au moins, cette fois, je ne les pulvérise pas à grands coups de tapette à mouche, comme je le faisais dans la cuisine encore tout à l’heure. On ne peut pas taper à la fois sur un clavier et sur des mouches. Il ne faut pas exagérer non plus.

Je viens juste à l’instant de jeter un œil aux dossiers des candidats que nous devons auditionner demain en visiconférence et qui souhaitent intégrer l’école de Nantes en deuxième année. Je suis impressionné par la qualité, la maturité, je dirais même l’autorité de certains candidats. Ça va être difficile de départager. Un jugement de Salomon, me dis-je. Je dis un peu n’importe quoi.

Sinon, du point de vue de la bagnole, ce fut une bonne journée: le dépanneur arriva de bonne heure. Olivier fut rappatrié à mon garage habituel chéri et adoré et, en fin d’après midi, j’eus le plaisir de recevoir un coup de fil de M. Avril (je crois que c’est son nom) m’annonçant que la voiture était prête. C’est formidable. J’irai rendre demain, à la première heure, la voiture de location et récupérer Olivier chez ce bon Monsieur Avril.

Comme partout, je le note pour mémoire, il a fait entre trente cinq et trente huit degré toute la journée. Je suis resté à l’ombre, à monter des sons. Le facteur est passé pour me déposer deux ampoules gigantesques, que j’avais commandées pour la salle de bains. Cela produit une lumière éclatante. Un peu trop éclatante, je trouve. Mais R. aime bien.

J’allais oublier de dire que R. a retrouvé mes clefs hier. Je les avais tout bonnement posées sur le dos du fauteuil crapaud du salon, occupé que j’étais à hurler sur S., qui ne faisait que des bêtises avec la porte vitrée du salon et toute cette sorte de choses. Bref, les clefs sont là, ouf.