ON PEUT AUSSI POSTER TÔT

Ce que j’ai fait de mieux, je l’ai fait sans réfléchir, me disais-je ce matin en préparant le café.
Je laisse chacun apprécier en quoi consiste ce que j’ai fait de mieux.
Pour moi, j’ai mon idée mais je n’en fais pas état.
Et puis, tant que je suis en vie, cela reste en cours.
In progress.
On laisse.

Ce qui ne veut pas dire qu’en tout temps il vaille mieux agir avant de réfléchir, complétais-je immédiatement.
Et, en toute chose, me disais-je, il n’y a pas de vérité générale, pensais-je.

Il y a que le genre de nature qui est la mienne, me disais-je, s’exprime plus directement, plus complètement sans le filtre inhibiteur du raisonnement, pensais-je.
Mal dit, me disais-je.
À creuser, pensais-je.

Mais justement non, à laisser creuser, à laisser se creuser.
Laisser des processus s’engager, se poursuivre, se développer.
Ne pas absolument chercher à maîtriser.

Ce que je retiens de cette délibération matinale, c’est une confiance primordiale accordée à l’instinct, me dis-je.

Maintenant, il faut se préparer. C’est ma journée de ménage à Montreuil. Rendez-vous à onze heure. Je vais y aller en vélo, me dis-je.

D’abord, lecture du journal en prenant le petit-déjeuner.
Y. se réveille et se rendort.
Hier soir nous étions allés voir M.-A.T. à Ivry, au Théâtre Antoine Vitez et n’étions pas rentrés tard. 
L’on s’était endormis à une heure raisonnable, me semble-t-il, sans avoir cependant vérifié.
C. a dormi chez son amie L.
Vaisselle.
Tout en frottant, faisant mousser, rinçant, séchant, rangeant, j’écoute de vieilles tracklists dans Spotify. Et par exemple à l’instant même un truc qui s’appelle Sigur Rós, un groupe islandais.

Et me viennent des pensées effrayantes, des pensées machiavéliques.
Par exemple: si tu veux briser ton ennemi, ne t’en prends pas à lui mais à ses enfants.
Terrible, me dis-je.
Terrible de penser cela, me dis-je.
Voilà à quoi peut conduire la froide réflexion, me dis-je.
Voilà, par exemple, peut-être, pourquoi parfois ne pas réfléchir…
Etc.

CEUX QUI M’AIMENT LIRONT MON BLOG

Et donc c’était mon premier tour de ménage aujourd’hui.
D’abord, j’avais écopé le sol du local associatif, qui était inondé, probablement suite au premier essai de machine à laver.
Ensuite, j’avais nettoyé le sol du rez-de-chaussée pendant que A. et A. passaient l’aspirateur dans les escaliers et dans l’ascenseur.
Pas de nouvelle de G.
A. dort probablement.
Je n’ai pas les clefs.
Je suis enfermé dehors.

P. et R. m’invitent à déjeuner.
On mange sur la terrasse.
Des tas de trucs délicieux.
Des pâtes de la Sarthe, du saumon fumé, des tomates mozzarella, des lentilles en salade, du Saint Nectaire, un petit Côtes de Bourg, du poulet froid, du saucisson sec, etc.

Avec P. on échange nos points de vue, convergents, sur Les gardiens de la galaxie 2.
On boit du café.
Z. arrive.
P. prend une douche.
Des amies entrent et sortent.
Préparatifs de fête.
Il y a l’anniversaire du fils d’une amie de R. dans le local.

On boit le champagne dans la cour avec P.
Puis on monte sur le toit pour tondre le gazon.
G. et M. arrivent, pour finir le plancher et vernir.
On fait un point.
Rendez-vous demain.

Je rentre. 
C. veut que l’on fasse un saut au BHV.
Alors on y va.
On achète un jeu de société. « Cafard » quelque chose.
De retour.
J’ouvre une bouteille de Chardonnay, des crackers bio et je me mets à la cool.

Je repense au 23 avril.

JE REPRENDS

Allez, me dis-je. 
Allons, me dis-je.
On ne peut pas mollir. Il faut continuer. Aller de l’avant. En marche. Marchons.
Et pour commencer, aujourd’hui c’est samedi.
Le soleil se fait sentir à travers les stores.
Mais je ne veux d’abord pas me lever.
Je reste comme prisonnier de la géométrie d’un rêve dont je ne connais plus les bords.
Il y a des mouvements, des tensions et une logique mais je n’en ressens que les conséquences indirectes. Elles se traduisent par une sorte d’inquiétude vague et de torpeur musculaire.
Tout cela me mène à huit heures cinquante trois.
A ce moment là je prends conscience du fait que cela fait bien une heure que je rumine la même phrase: « À gauche, des imbéciles et des hypocrites; à droite, des psychopathes et des ordures. »
Et d’ailleurs ce n’est même pas une phrase.
Je titube vers un café.

C. est déjà levée et regarde des dessins animés sur l’iMac.
Je lui fais remarquer que ses cheveux sont gras et qu’il faudra les laver avant de partir pour l’anniversaire de L.

A propos d’anniversaire, me dis-je, il faut acheter un cadeau pour L.

Et puis je me prépare des oeufs sur le plat avec de la poitrine fumée et du piment d’Espelette.
Après le café, zou, nous partons avec C. chercher un cadeau pour L.
Direction le petit magasin de jeux de la rue Saint-Martin.
Le patron est là mais il n’est pas ouvert qu’il nous dit.

Mais comme la porte du magasin est ouverte, C. est déjà entrée et farfouille.
Alors le patron dit que si on trouve notre bonheur, après tout, hein…
Alors on trouve notre bonheur.
Et notre bonheur est une boule en plastique transparent.
Et notre bonheur coûte trente euros.
Bon, qu’il dit.
OK, qu’il dit.
Et clic-clac, le tiroir-caisse.
Et on retourne dans le soleil et la fraîcheur.

Là-dessus, on repasse chez Leroy Merlin, pour une nouvelle poignée de porte.
On en profite pour essayer les cabines de douche.

Retour maison.
Lavage de cheveux.
Empaquetage.

On sort manger des chirashi et je dépose C. chez sa copine J., avec qui elle se rendra à l’anniversaire.

Ensuite, je fonce à la gym.

Quarante cinq minutes de cardio, circuit dos, quinze minutes de jambes, quinze minutes de gainage, stretching, sauna, douche, back home.
J’arrive vers quinze heures.

G.P. appelle.
Il est en retard.
– Pas la peine de passer aujourd’hui.
– J’irai demain, je dis.
– Parfait, il dit.
– Super, je dis.
– Tope-là, il fait.
– Si fait, je réponds…
Etc.

Bon, des courses.
Ensuite, théâtre à Ivry.
Tapenade et crackers.

Hier, me dis-je, hier.
J’ai oublié de parler de hier, me dis-je.
Je parle toujours d’hier, me dis-je, pensais-je.
Hier, c’était vendredi comme tout le monde a oublié.

Le truc le plus significatif c’est qu’E.B., me lisant, pense que je suis tristoune et qu’il sied de m’inviter à déjeuner.
Si j’avais su que l’on obtenait de tels résultats en se plaignant publiquement, je ne me serais pas gêné.
Et je ne m’étais guère plaint, cependant.
Je ne me sentais pas triste.
Simplement un peu esseulé, un peu abandonné.
Mais c’était le Nord, c’était la fin de l’année, c’était une école d’art mal dotée, qui a vécu sans se retourner.
En tout cas, merci E.B. et merci la belette et merci le castor (je ne sais pas quel petit nom on donne à A. mais le castor et la belette ça va bien ensemble).
Avant et après, il y avait eu un peu de montage son et de mixage avec K.K. puis le train Dunkerque-Paris. Tutoriel Protools sous légère somnolence.
Paris était frais et encore humide.
Un soleil promettait quelque chose pour dans pas longtemps.
La vie était encore belle.
Il y avait encore des espaces à conquérir et des châteaux à prendre.
Des princesses et des dragons.
Des forêts enchantées.
Une place au coin du feu.
Un regard, un sourire, une voix.
On pouvait encore.
Pour combien de temps ?
On verrait, me dis-je, pensais-je.

YOUTH HOSTEL THURSDAY BLUES

Cette fois-ci, encore, j’avais pris le train de 7h46 et j’ai bien fait.
Prendre le 6h46, pour arriver à 8h30 est désormais sans objet.
Il est acquis que personne ne se présentera jamais à 9h au cours du jeudi matin.
9h30 est un minimum et le 7h46 me permet d’arriver à 9h30.
Donc ce sera désormais le 7h46.

Ce qui ne change rien au fait que, hier encore, je suis arrivé à 9h30 pour m’asseoir dans une salle vide, où je suis resté jusqu’à 10h40, m’assurant que, décidément, personne ne serait présent. Je suis alors monté en vidéo et ai travaillé jusqu’à midi.

Suis sorti déjeuner.
Menu 9 au Tokyo.
Journée protéines.
De retour à 12h40.
Je m’installe de nouveau en salle vidéo et travaille.

A 14h j’ai rendez-vous avec C.L.
On peut dire que j’ai du temps à lui consacrer, puisqu’on passe presque deux heures trente à réfléchir à la présentation de ses travaux au DNSEP.
Après quoi, il est temps de rentrer à l’Escale.

Chambre 326.
Il y a des remontées méphitiques (ou putrides) dans la douche.
La porte d’entrée ne ferme pas correctement. 
Il faut insérer la carte pour la fermer et pour l’ouvrir.
Bon.
Deux lits.
Il y a du réseau.

Lecture des mails.
Les livreurs de Chronopost et de GLS se sont cru autorisés de déposer mes colis sur la voie publique et de repartir.
Heureusement, des voisins attentionnés les ont recueillis.
Merci N. ! Merci P. ! Merci L. !
Je passe la fin de l’après-midi au téléphone avec le SAV de Woodbrass.
C’est un peu dingue, quand tu commandes pour huit mille euros de matériel, d’apprendre que les mecs ont tout bonnement posé les paquets, qui sur la boîte aux lettres, qui sur la coursive du quatrième étage (!) et se sont tranquillement dit que leur boulot était fait.

Ce matin, A. va récupérer le colis de la coursive, pour voir ce qu’il y a dedans, qu’on rigole.

Ensuite, courses à l’épicerie du Grand Large.
Il y a du vent et pas mal de joggers.
Je prends des udons pimentés, du jambon, du fromage, de l’eau et du coca zéro.
De retour dans la 326, soirée Netflix avec la deuxième saison de Fargo.
Puis j’écoute Aimé Césaire en m’endormant.
Je me réveille, je remets la radio.
C’est JLG, à Cannes. Il y a longtemps.

Quand la radio s’arrête de nouveau, je ne dors toujours pas mais je ne relance pas.

Ce matin, des ribambelles de jeunes anglais dans le réfectoire et les couloirs de l’auberge.
De quoi remplir à ras bord les deux cars qui attendent devant.
J’avale le petit déjeuner et zou vers l’école vide.
J’y suis.
On s’habitue au vide.

Au boulot.

L’ENNUI DES IMMORTELS

Encore un avant-goût d’été aujourd’hui.
On ne s’en plaindra pas.
Je suis réveillé à sept heures par les appels de C.: « Papa! Papa! », hurlés depuis sa chambre.
À la fois ça m’énerve et ça m’enchante.

D’autant que je titube hors d’un rêve dans lequel, à la suite de je ne sais quel progrès technologique, l’espèce humaine était devenue virtuellement immortelle. C’est-à-dire que, si aucun accident ne s’opposait au calme cours des choses, nul vieillissement et nulle maladie n’étaient plus à craindre.
Très vite, les immortels s’ennuyèrent et se mirent à jouer à des jeux dangereux.
Par exemple à se faire perforer les os par des serpents venimeux qui, parfois, crachaient d’un coup leur venin mortel (y compris pour les immortels).
Les os perforés ressemblaient à des flûtes et étaient fièrement exhibés.
Le fin du fin était de partager un serpent entre deux corps et de mourir d’un coup ensemble si d’aventure le venin se mettait à couler.
Tout cela dans un grand rire liquide.
Dans un souffle clair vibrant à travers les tubes creux et percés.

Donc, je me réveille de ça.
Et je titube, naturellement pendant que C. m’appelle: « papa! ».
Et ça m’enchante.
Et ça m’énerve.

Café, tartine rôties à la poêle.
Beurre. Morbier.
Une crapette et il est l’heure d’y aller.

Semaine à thème à l’école cette semaine.
Comme je suis un mauvais parent, je ne sais même pas quel est le thème. Chut…

Ensuite, un peu de travail à la maison puis rendez-vous banque pour négocier un découvert et un petit emprunt supplémentaire pour l’achat du matériel.

Ensuite, je file au studio.

J’y retrouve G., M. et son frère.
Le tableau électrique est installé.
Les douilles sont en place.
Les prises en chemin.
Tout roule.

On parle meuble.
J’ai passé toutes mes commandes de matériel.
A. se pointe sur ces entrefaites. 
Look banzaï.
Genre karaté.
Un genre comme ça.

J’appelle Londres, pour les enceintes.
Londres se veut rassurant.
Je suis juste un peu dépendant de l’agenda des Pink Floyds.
Bon.
On va manger au restau coréen.
On cherche un nom.
On se dit Sonar Mix.
C’est bien ça, Sonar Mix.

Sonar Mix, auditorium de mixage et de mastering pour la musique, le cinéma, la télévision, l’audio-visuel et le multimédia.

Et on se met à gribouiller des logos dans le métro.
Il faut aussi une solution simple et élégante pour le site.
À République, on splite.
Je prends la 3, direction Gallieni.
Descente à Porte de Bagnolet.
Je récupère un Herman Miller Aeron Posture Fit, que je rentre monter sur le fauteuil, après être allé rendre une paire de poignées de portes chez Leroy Merlin (les serrures ne correspondaient pas au modèle de cylindre).

Ensuite, suis allé chercher C. au conservatoire.
On est allé s’acheter des glaces et nous sommes rentrés.
Et maintenant, je me dis que c’est un peu l’heure de l’apéro.
Hop.
Un petit Chardonnay et des cacahuètes.

ONCE UPON A TIME

C’est le printemps, il n’y a pas de doute, même si dès jeudi on perd dix degrés et qu’il se remet à nous pleuvoir sur la gueule.
C’est le printemps et même c’est l’été, allez!
Le soleil est là et les jolies filles sont de sortie.
On gazouille comme des moineaux dans le contre-jour.
Les touristes sortent en meute.
C’est le printemps et c’est Paris. 
Paris au printemps et voilà.

Je dépose C. à l’école et j’y retourne pour apporter son cahier de maths et son cahier de liaison, qu’elle avait oubliés.
Oui mais je tombe sur un exercice d’évacuation.
Toute l’école est dans la rue.
La classe de C. est dans la rue de la Verrerie.
Je repère A., la maîtresse, puis C.
Je tends les cahiers et poursuis ma route.

Direction, le club du gym.
Cardio et puis trente minutes de musculation.
Hammam et back home.

J’étais passé chez Dyptique reprendre un flacon de l’Autre.

il faut que je pense à un diffuseur d’essences naturelles pour le studio et puis à un bonsaï.

Steaks, haricots verts.
Tableaux Excel, mails à la banque, deal divers.
Prises de rendez vous pour aller demain chercher une surface de contrôle à Boulogne Billancourt et un renforcement lombaire pour le fauteuil à Pelleport.
Je passe à la banque demander qu’on me renvoie le code de la Business Card.
Passe prendre C. à l’école à 16h30 pour le cours de piano au Conservatoire.
Il faut que j’aille acheter Micro Jazz Absolute Beginners Vol 2.
Demain.
Demain, j’en ai des courses à faire.
Et aussi un verre blanc de 15mm d’épaisseur pour la vidéo projection.

On attend la nomination du premier ministre.
Et puis voilà, c’est le poulain de Juppé.
On s’y attendait.
On espère que c’est la bonne stratégie.
Que les jeunes de droite vont vouloir rejoindre et que les vieux seront forcés d’emboîter le pas. Que les jeunes de gauche feront pareil, puisqu’il n’y a plus de gauche.
Et que le reste s’effondrera, puisqu’il s’est déjà effondré.
On espère. On ne peut pas faire grand-chose.
On se concentre sur autre chose.

En rentrant du conservatoire, avec S. et L., on tombe sur E., A. et Z.
On va boire un verre (Gerwurtztraminer pour moi). Les enfants prennent de la grenadine.
Ensuit, on achète de l’ail, des cerises et une bouteille d’eau et on rentre se préparer des gnocchis.

En fin de soirée, P. vient chercher une perceuse.
On va boire des coups près du parc Anne Frank.
Chardonnay pour moi Heinneken pour P.
C. appelle pour me demander de rentrer pas trop tard et de venir l’embrasser en rentrant.
Oedipe à mort.

Échanges avec V. Acouphènes in et out. A droite, en continu, à gauche de temps en temps. Toujours 16000 hz.

Les oiseaux gazouillent sur la terrasse. 
Je rentre vers 22h.
Un épisode de la deuxième saison de Fargo.
Dodo, bientôt.

C’EST POUR LE KALÉIDOSCOPE OU POUR L’ÉNIGME ?

Pour commencer, j’étais allé faire de la gym, mon emploi du temps chargé cette semaine m’ayant empêché d’être aussi assidu que je l’aurais souhaité.
Cardio, circuit dos, jambes et gainage.
Et ça va tout de suite mieux.
Demain, la suite.
Rentré vers midi trente à la maison.
deux trois courses pour remplir le frigo.
Onglet-courgette.
Un verre de blanc et deux rondelles de saucisson.
Après le déjeuner, on part avec C. faire un saut au studio.

C’est beau.
Le plancher est posé, l’ossature interne a bien avancé. M. a commencé à poser les laines de roche. G. a fabriqué un caisson pour le vidéo-projecteur. Y. a prévu les aérations.
G. a posé des plaques de bois pour recevoir les lampes, les prises, etc.

Ca se dessine vraiment.
Ca devient réel.

On reste juste un moment puis on va s’acheter des petits gâteaux que l’on va manger au bar des Indécis. Ensuite, on rentre à la maison avant de repartir une heure plus tard pour la place d’Italie. C. voulait voir ses cousins, alors je la dépose puis je rejoins P. à Crimée, c’est à dire à l’autre bout de la ligne 7. 

Quand je raconte à ma sœur mon idée pour le nom du studio (Adansonia Digitata Studio), elle me rappelle que l’été dernier j’avais fait un rêve dans lequel j’appartenais à un groupe qui avait un nom super mais elle ne s’en souvient plus et moi non plus. Damn.

On va manger des trucs délicieux dans un restaurant au bord du canal. On boit du blanc et je suis vite pompette. P. aussi. On marche le long du canal jusqu’à Stalingrad et retour jusqu’à chez P. Je dois pisser toutes les quinze minutes. L’effet diurétique du thé vert bu dans l’après midi, plus le vin, plus l’âge sans doute. Misère.

Je raccompagne P. chez lui. Dernier pissou puis je trace jusqu’à Gare de l’Est où je choppe un vélib direction maison. Pendant tout ce temps, échanges agréables avec V. On trinque à distance. Rentré. Un peu d’ordi et dodo.

UNE NUIT AILLEURS

Comme cela arrive de temps en temps, j’avais tardé à réserver une chambre à l’Escale et l’auberge de jeunesse était complète.
J’avais donc essayé quelque-chose de nouveau et ce n’était pas très cher.
30 euros pour une nuit dans cette maison d’hôte, située au centre de Dunkerque.
L’ambiance est familiale.
Beaucoup de migrants qui ont ici une chambre à la semaine ou au mois.
On parle toutes les langues.
Chacun fait sa popote.
On se partage la salle de bain.
Stratège, je suis allé prendre ma douche à six heures du mat et me suis recouché.

Hier soir, grand raout culturel, d’un musée l’autre. 
De cocktails en pince-fesses.
Je ne me souviens de rien sauf d’avoir mangé trop de pain-surprise et bu trop de champagne.
Rentré en DK vélo et somnolé en écoutant la radio.

Ce matin, travail avec M. autour de son mémoire, dont il faudrait commencer par trouver le sujet. Ensuite un peu de montage avec L., avant de rejoindre A. pour déjeuner au Cachemire, prêt de la tour de Reuze. Un café puis retour à l’école pour un après-midi tranquille, ponctué de rendez-vous intermittents.

Il est l’heure de rentrer tôt, bientôt.

LUCY IN THE SKY

On dira ce qu’on voudra, mais les installations vidéo interactives de Peter Campus c’est du nanan pour les enfants. Avec C., on s’amuse un moment à passer, repasser, valser, se superposer.
Aujourd’hui, c’est l’été.
17°C. 

D’abord un peu de gym ce matin vers 10h. Puis rendez-vous chez Jeannette avec A. pour discuter de la promo vidéo de son concept rouge baiser. On tombe en pleine campagne Macron.
Il fait beau, c’est joyeux.
Oeufs Benedict, café à gogo, fromage blanc, salade de fruits.
On papote joyeusement. De tout et de rien.
A côté, un couple de belges. On parle des avantages et désavantages comparés de la monarchie et de la république. 
Il est convenu de se revoir début avril, pour tournage deuxième quinzaine, je l’espère après les travaux.

A. m’accompagne un bout de chemin avant de rentrer voir les derniers épisodes de la série Braindead tandis que je vais chercher C., son vélo et un Vélib, direction la Galerie du Jeu de Paume. 

En sortant, on rejoint D. et A. pour un tour de grande roue, des barbes-à-papa et on rentre bien épuisés. Un petit passage chez Chacun ses goûts pour un petit yoghourt glacé reconstituant et hop, un bain chaud pour C., une carte postale pour M., trois courses chez Franprix puis il est temps de faire à dîner.

SHOPPING

C’était l’été, tout à coup. 
Il faisait beau, même s’il faisait frais.
J’avais déposé C. à l’école et filé direct à Montreuil.
Un café allongé au Café Salé, pour le soleil, mais je préfère Les indécis, pour le personnel.
Lecture du Monde.
Le vieux monde se déchire, E.M. a toutes ses chances. C’est bien.
Le pauvre E.V. fait pitié. On lui souhaite de savoir se reconvertir.

Passage au studio. G. et M. sont en train de faire des calculs.
J’en profite pour appeler mon banquier.
Il est euphorique:
– Vous avez besoin de trésorerie ? Allez-y, je vous fais une autorisation de découvert.
– Good, je dis.
Alors je commence à acheter des trucs: un écran de cinéma, un Mac Pro, un meuble de studio.

On fait un point avec G. sur le mobilier, l’éclairage, les couleurs, les portes, les poignées.
L’électricien doit passer dans la journée.
M. va commencer à installer les laines dans les murs.

Je passe chercher C. à l’école. 
On va déjeuner au restau japonais en face de la maison, comme tous les mercredis.
Comme tous les mercredis, il y a la même dame avec sa petite fille, qui déjeune dans le même restaurant à la même heure.
Cette fois on se parle.
La petite fille, N., qui a sept ans, voudrait faire du piano.
Je prends les coordonnées de la maman pour lui envoyer celle de V.
Et je parle à la dame du projet du studio.
Il se trouve qu’elle est la sœur de G.M.-V.
Dingue.
On se reverra mercredi prochain.

On rentre, un café.
Je passe mes commandes.

A. appelle. 
Il vient et m’attend au bar à l’angle Rambuteau et Beaubourg.
On le rejoint avec C., pour faire du repérage d’appliques lumineuses, de dalles de moquette et de poignées de portes chez Leroy Merlin.

Ensuite, on dépose C. au conservatoire et on va repérer des tabourets de bar et des fauteuils d’appoint chez Conforama.

On passe chez Habitat.
C’est cher et il n’y a rien de bien.
On nous offre un café imbuvable. Amer et sans goût.

On va en boire un vrai, le temps de faire le point avant d’aller chercher C.
I. et son papa sont là.
On va ensemble s’acheter des glaces et on rentre tous à la maison.

I. et C. jouent pendant qu’on cause musique et son avec A en buvant du thé vert rapporté de Chine par L.
Sur le conseil d’A., j’écoute en ce moment Colin Stetson, au saxophone appareillé.
Je pense à John Hassell. A. me dit Evan Parker.
Je note.

M.T. m’a écrit.
Les ATC sont revenues de révision. 
J’ai les photos des cartons.
J’attends des nouvelles du centre et du caisson de basse.
– Don’t worry, let me handle this…
– I’m very interested in the sub and the center. This is a film mix configuration…
– You’re going to own the very best sounding studio in France…

Yes, indeed.
Fuck yes.

CONFIDENCES

Ce matin, comme je m’y étais engagé, je suis allé donner un coup de main à A., la prof de musique, pour diriger les répétitions d’un mini-opéra donné par les élèves de CE1.

Je n’avais pas compris qu’il m’incombait d’en créer la mise-en-scène.
Il y a eu comme un blanc, puis j’ai plongé.
Et c’était assez drôle, bien qu’épuisant.

Les enfants ne peuvent se concentrer plus de quelques secondes mais arrivent à mémoriser rapidement et parviennent à vous écouter tout en ayant l’air de faire tout à fait autre chose.
Et c’est un fait: ils font tout à fait autre chose et ne vous écoutent pas du tout.
Mais ils vous entendent et intègrent ce que vous avez dit.
Sans le savoir, sans le vouloir et ça passe.

Au bout de deux heures de ce traitement, j’ai un peu la cervelle en compote.

Le soleil brille et il fait froid, ce qui est toujours une bonne chose.

Je rentre préparer le rôti pour le soir, taper deux ou trois mails, passer quelques coups de fils. 

A treize heures trente, je mange un bibimpap bœuf à la terrasse du restaurant coréen de l’avenue Pasteur à Montreuil.
A. m’y rejoint. On se prend un café au Tabac des Indécis.

Ensuite, direction le studio.
M. est en train de terminer de poser le parquet.
On papote, on admire.

Ensuite, on reprend le métro et l’on va s’installer près de République à une terrasse pour travailler.
Au soleil ça tape, à l’ombre ça caille. C’est ainsi.

On cherche un logo pour le studio et des fauteuils de bar pour les clients, de manière à ce qu’ils puissent regarder les films par-dessus la tête des mixeurs et travailler sur une petite tablette servant de bar en fond de salle.

La journée est traversée par la recherche d’un écran pour le studio.
J’avais envoyé une dizaine de demandes de devis hier soir et j’obtiens trois réponses.

A la terrasse du Blanc Cassis, qui ne brille pas par la fulgurance de son réseau Wifi, je finirai par m’arrêter, après quelques coups de téléphone, sur un écran sans bords Screenline White Fashion micro perforé de trois mètres soixante de large sur deux mètre deux de haut.
J’envoie dans la soirée les fiches techniques à G.

On en cause demain matin et si tout colle j’envoie les bons de commande.

Toujours en attente des ATC.
J’harcèle tranquillou, comme dit O.
J’harcèle doucement.
Mais fermement.
Opiniâtrement.

Pensif dans le métro je me disais que certaines personnes sont ainsi faites qu’on ne peut rien faire pour elles, à part les oublier. 

Parce que leur volonté est grande, parce que leur exigence est forte, parce que leur curiosité avérée se trouve circonscrite à l’irréfragable délinéation de leur méfiance, parce que la dureté de l’ordre qu’elles s’infligent se traduit par une inaptitude à la douceur et les livre à un désordre profond qui les vide de l’intérieur, parce que la violence des règles qu’elles se prescrivent leur interdit toute joie réelle et les condamne à une cruauté sans éclat, parce que la raideur de leurs principes les dépossède de toute jouissance créatrice, pour toutes ces raisons, je ne leur dirai pas ce qu’elles ignorent d’elles-mêmes et que moi j’ai vu. Je ne leur dirai pas les beautés et les délicatesses que recèlent leurs âmes, que trahissent leurs gestes, que révèlent leurs regards. Je ne leur dirai pas parce qu’elles seraient capable de le retourner contre elles-mêmes et je ne leur veux aucun mal. Elles s’en veulent bien assez toutes seules pour que l’on n’ait pas envie d’en rajouter.

J’ai quand même un peu mal aux lombaires, me dis-je. 
Il n’y a pas toujours assez d’heures dans une journée et demain cela risque de tourner court aussi. Il faut pourtant que je trouve le temps d’aller faire un peu d’exercice.

Demain matin, Montreuil, banque, fauteuils, écran, enceintes, achats.
Same old.

C. est toute contente d’avoir récupéré le vieil iPod Touch qui traînait dans un tiroir depuis 2010. Elle écoute les Beatles en boucle dans son lit.

Bon, un épisode de Better Call Saul et au lit.