YOU’VE GOT MAIL

Au courrier il y avait un paquet. Un curieux petit paquet de forme oblongue.
Une boîte et dedans un bébé. 
Il ressemble à un poupon en plastique. Ses yeux sont deux boutons bleus perpétuellement ouverts mais il respire, il est mou et son corps est chaud.
Je ne sais pas quoi en faire. Il me fait peur.
Je le range dans un coin.
Des heures plus tard, j’y repense. Horreur, je l’ai oublié dans sa boîte !
Je le sors de là: il est tout sec et a perdu les deux tiers de son volume.
Vite, je le trempe dans l’eau. Il vit. Il est encore chaud.
Il reprend forme mais tombe dans une mare de sauce tomate en glissant dans une fente située entre l’évier et le mur. Difficile de l’attraper.

EN ATTENDANT LE BOUILLON

Et bien sûr, je suis tombé malade à mon tour.
Mais ça n’empêche pas de travailler. C’est même plutôt agréable cette écoute flottante.
Enfin, je n’en menais pas large hier, il faut bien dire.
Aujourd’hui ça va mieux.
Visite chez Synesthésie avec E.M. et Z.L. pour repérer les lieux avant l’accrochage de novembre et nous entendre avec A-M.M. et M.K. Nous prenons les mesures qui s’imposent et prévoyons de travailler avec Z.L. samedi. E. a lui aussi choppé la crêve. Il pleut. Fait froid.
Suis passé devant l’UGC sur le chemin du retour. Il y avait de la lumière: je suis entré et j’ai vu Hellboy II .
Hier, c’était The visitor.
Demain peut-être que ce sera plutôt une crêpe Nutella ?
Ou bien le James Bond ?
Ou les deux ?
H. a des problèmes de carte graphique on dirait.
Bon… Le bouillon doit être prêt (j’avais fait de la poule au pot hier soir).

POLADROID

En ce moment, je vis comme une vieille dame anglaise.
Ou comme un pasteur cévenol.
Je me lève, je bois du thé et j’étudie le langage C.
Lorsqu’il fait un peu froid, je descends à la cave pour prendre du bois et je fais du feu dans la cheminée.
On a remis le chauffage ce matin, cela dit.
Je profite de ces pauses chauffage pour cirer quelques paires de chaussures, faire une lessive, préparer un plat.
Et je bois du thé, continuellement.
Peut-être que je sortirai prendre l’air dans l’après-midi ?
Mes pas me mèneront sans doute à une salle de cinéma. S’il n’y a pas trop de monde, j’irai voir un film.
Puis je rentrerai et reprendrai mon étude.
C’est merveilleusement réconfortant. J’avance tranquillement. Hier, j’ai écrit mon premier jeu en console.
En tâche de fond, je télécharge des séries américaines, que je regarde pendant ma pause déjeuner et/ou ma pause dîner. Choux de Bruxelles, soupe au potimarron. 
Ne pas oublier d’aller faire du sport deux ou trois fois par semaine (en ce moment plutôt une fois, hum…).
Le lundi, je dois prendre un train pour Tourcoing mais je suis de retour le mardi soir.
Repris les cours de chinois depuis vendredi.
Y. est rentrée un peu souffrante d’Auvergne. Ce soir, je sens les premiers signes d’une grippe.
Vite, traitement préventif !
Pas le temps d’être malade en ce moment.

J’AIMAIS MODÉRÉMENT MON HAMSTER

J’aimais modérément mon Hamster, mais j’ai voulu marquer le coup…
Installation multimedia interactive
2008
C. et Y.

Grâce à A.D. – c’est maintenant comme un rendez vous annuel – nous sommes allés hier soir avec O. et L. voir et entendre la première des Noces de Figaro, dans une mise en scène de J-F Sivadier, à l’Opéra de Lille. Merci, merci.
Après j’ai peut être exagéré en continuant de discuter, de boire des bières et de manger des frites jusqu’à 4 heures du matin mais c’était agréable et joyeux. Inattendu aussi de croiser L., qui est l’amie de J-B., auteur des toiles peintes.
Le réveil à 7h15 reste un souvenir pénible.
Ce matin -et d’ailleurs toute la journée- lunettes noires et écoute flottante.
Assez efficace, en fait, tant qu’il ne s’agit pas de mener un travail manuel de précision.
Mais une bonne sieste dans le train du retour s’avère nécessaire.
Ambiance fortement administrative en ce moment.
Convocations en mairie, discours, etc… Hum, hum…
N’ai pas pu déjeuner à la cantine.
A la place, une carbonnade flamande au Petit Quinquin.
Ca devient le labyrinthe pour circuler.

UNE BONNE FLAMBÉE

On est passés au 104, avec E., pour reprendre le matériel. Une jeune fille, qui attendait pour se faire poser des extensions rue Poulet, nous a donné un coup de main pour décharger. Tout est en vrac. Ce serait bien d’arriver à la faire marcher, cette table lumineuse. On doit s’y remettre mercredi avec J.G. et j’ai quelques logiciels à essayer.
Il faudrait aussi trouver une webcam plus rapide, compatible Mac OS X et modifiable en webcam I.R. 
Quelques films: De la guerre, Go fast, Jar city, Entre les murs.
Mirrors, je n’en parle pas: je n’ai pas tenu plus de 7 minutes.
Vu Bigard dans une pièce de Marcel Aymé, invités par H.S. Très curieux. Le type est tellement dingue qu’il ne se rend pas compte à quel point son personnage est effrayant. Et c’est assez drôle, justement parce que le texte n’est pas une pièce de boulevard et que ça dépasse de partout.
Gym mercredi et samedi.
Remontage avec passage de A.S. pour un avis professionnel.
Finalement retiré 8 minutes, quelques textes. Essayé de supprimer toute intention.
C’est beaucoup mieux. 
Bâillements musicaux (fugués) de Y.

REPRISE

J’avais pris une place dans le train de 6h58 lundi matin, mais j’ai finalement dû attraper celui de 7h28, parce qu’il m’a fallu renouveler mon abonnement Fréquence.
Rendez vous rapide à la Gare Lille Europe pour rendre sa troisième boîte à outils à O., puis métro jusqu’à Tourcoing où je dois accueillir les élèves de 1ère année.
On visite l’école. A cinquante, c’est du sport.
C’est chose faite vers midi.
Une carbonnade flamande et une bière plus tard, premier cours avec les deuxième année. Cartographie, territoires.
Visite de P.H., venu repérer pour son workshop à venir.
Nous allons boire une bière à Lille.
Je rejoins O. au Monoprix pour acheter des côtes de porc, du Beaumes de Venise et des bières flamandes pour en étudier la typographie des étiquettes.
On se couche tôt et on s’endort vite.
Le réveil à 6h30, du coup, est plutôt facile, mais crachin et froid sont les couleurs de la journée. 
Rafistolage de l’atelier son. Je vire la table Berhinger, comme l’avait intelligemment suggéré O. et c’est tout de suite beaucoup mieux.
Cours avec les 1ère années. On filme et on monte.
Un rien poussif, mais c’est un début, il fait froid, etc…
Interception involontaire d’un mail du Tartuffe des algecos. Poubelle.

Déjeuner à Lille. Il faut attendre 15h pour avoir un train.
J’ai mis de la mousse au chocolat sur mon costume et sur ma chemise.
Ou bien est-ce du café ?
Lecture de la presse et demi-sieste pendant le voyage.
Il fait déjà froid à mettre un manteau.
Des travaux partout à Tourcoing. C’est assez beau.
Peut-être l’opportunité d’une collaboration avec quelques élèves ingénieurs sur le développement de la table lumineuse, si le cousin de O. arrive à vendre l’idée à ses coreligionnaires ?
Pas de nouvelles de New York.
Ni de Pékin.
Tiens, à ce propos, écrire divers mails chinois et reprendre les cours ASAP.
– J’arrive pas à l’avoir, j’arrive pas à l’avoir, j’arrive pas à l’avoir celui-là !
(ce morceau de Bach, au piano) 
Mais on s’est gondolés dans la baignoire en lisant le premier chapitre des Ingratitudes de l’amour de Barbara Pym grâce à la nouvelle tablette de lecture spécial bain.

Ensuite, des courgettes, des pommes de terre, de l’alfalfa et un magret de canard.
Et puis un peu d’étude.

Commentaire reçu ce jour là:

Après la visite TRAM, Jacqueline trouvait que la séquence que vous aviez montrée fonctionne bien comme « mémoire du quartier ». Je pense encore que le montage images est très réussi car très fluide (vous raccordez bien à l’aide des mouvements des passants, des voitures…) mais que l’absence de correspondance avec les textes pose problème ; en aucun cas cela ne fonctionne comme construction d’archives rapportées à des situations ou lieux documentés par les images. C’est la question de la « dialectique », posée par exemple dans les films des Straub, entre le passé et le présent d’une collectivité – comme Fitoussi, je crois, en disait quelque chose d’assez réussi dans un article de la Lettre du Cinéma (d’autres aussi l’avaient écrit). Votre séquence fonctionne plus comme une suite de plans de coupe antonioniens sur la ville (des plans qui accompagneraient la dérive urbaine de Jeanne Moreau au départ de son appartement, le jour, à mi-parcours de « La Notte », mais qui seraient tous filmés en plan large) – des plans de coupe pour lesquels vous auriez créé une continuité au montage, fabricant un film « inédit » sur la ville. C’est très beau en un sens, mais ce n’est pas votre intention (vous me répondiez, il est vrai, ne pas vouloir raccorder de façon immédiate les textes et les images). Vous êtes pour l’instant en deçà du travail de documentation sur les rapports de force économiques et historiques que vous avez très bien expliqués oralement. Disons que ce montage résulte de votre position, de l’empêchement qui vous est fait, aujourd’hui, de continuer à filmer les habitants. Vous êtes contraint d’inventer autre chose – à suivre. Ce qui est intéressant aussi, c’est de voir dans cette séquence les Africains bord cadre ou en amorce, hors des parcelles des chantiers et des habitats collectifs – quand on sait la situation qui leur est faite dans ces lieux, la situation des travailleurs sans-papiers des entreprises du bâtiment. 

Philippe Larollière

TRAM

Je viens de vider la carte mémoire de l’appareil pour la première fois depuis une semaine.
Ci-dessus, la salle du Hogar pour la projection.
Evidement, il fait trop clair pour projeter quoi que ce soit. S.S. m’ayant prévenu de la situation, j’ai apporté un écran de télé. Mais je n’ai rien pu faire contre le cours de flamenco et de guitare, rien pu faire contre l’acoustique désastreuse.
Heureusement, il n’y avait personne.
Aperçu un ectoplasme dans un blouson que je ne lui connaissais pas, faisant des allées et venues pour prouver qu’il occupait bel et bien le terrain. 
Bref, une projection bien agréable et roborative.

Ici, construction avec O. et L. d’un caisson pour poncer et peindre.
Nous travaillons lundi, mardi et mercredi à la construction, l’assemblage et les essais de notre table lumineuse. 
Jusqu’ici les LED fonctionnent, les doigts sont reconnus, les mouvements suivis, mais nous ne parvenons toujours pas à transmettre dans Flash les événements multitouch.

Mardi matin, passons à 7h30 sur un plateau de tournage installé dans les anciennes usines Christofle, que j’avais justement filmées avec E. la semaine précédente.
Le menuisier nous découpe les feuilles de contreplaqué.
Ensuite, retour Poulet pour installer les LED et faire les premiers essais.

Une fois l’objet terminé, nous le transportons jeudi matin au 104 à Pantin pour l’y assembler. J., spécialiste des scripts Flash, passe, dans l’espoir qu’il va nous permettre de faire communiquer l’application avec le serveur multi touch. Mais point de multi touch et nous devons, pour l’heure, nous contenter d’une version non-interactive de l’installation, en réutilisant le script Quartzcomposer écrit pour Metablog II.
Vernissage un peu bousculé par les installations de dernière minute.
Encore aperçu l’ectoplasme, dans son blouson habituel. Mais à peine détourné la tête que sitôt disparu. 
Projection utile pour comprendre ce sur quoi il faut travailler au montage. Les témoignages les plus exaspérés étant souvent les plus utiles. Les spectateurs sont très attentifs dans l’ensemble: il n’en sort que 4 ou 5, mais ils sont épuisés, écrasés, saturés, etc… Bref, il faut remettre de l’air, couper cinq ou dix minutes et redistribuer certains fragments. 
A l’instant, visite du TRAM et questions plutôt pertinentes de P.L. 
Enrhumé à mort.
Ce soir A.R. au théâtre.
Thé.

FUSIBLE FONGIBLE

Pour avoir l’occasion de sortir de leurs bureaux, parce qu’ils s’y ennuient , ils se voient, ils organisent une réunion. Ils sortent d’une réunion pour entrer dans une autre réunion et, à midi, ils déjeunent ensemble pour préparer la réunion de l’après-midi.
Lors d’une réunion précédente, ils s’étaient dit qu’ils se reverraient à la prochaine réunion mais aujourd’hui ils s’appellent pour se dire qu’ils ne pourront pas assister à ladite réunion parce qu’ils ont tous les deux d’autres réunions ailleurs.
– Allô ?
– Je te dérange ?
– Je suis en réunion.
– Moi aussi.
– Ah, attends je sors…
– Moi, je vais rentrer mais je t’appelais juste pour confirmer la réunion de demain.
– On a une réunion demain ?
– Tu ne te souviens plus ?
Si vous voulez faire partie du groupe de travail, il y a une réunion préparatoire le 13 octobre. 
Malheureusement, j’ai déjà deux réunions ce jour là.
C’est embêtant.

AGGLO BAB

Hier matin, un taxi passe me prendre à 5h25.
Arrivée CDG Terminal 2B à 5h51 pour le vol de 7h00.
L’avion est à demi vide et il a un peu de retard à l’arrivée.
D.C. est venue me chercher. Réunion à Bayonne, toute la journée.
Fin vers 16h30. 
Il fait un temps splendide, mais j’ai oublié mon maillot de bain, donc je bois un verre à la buvette de la plage pendant que D. va piquer une tête.
On est bien; il y a même du pain d’épices maison à la farine de petit épeautre que l’on mange assis sur un banc face à la mer.
Rentré par le vol de 19h55. Arrivée à Paris 21h05.
Maintenant un thé et au travail.

CHRONOLOGIE DES SITES INDUSTRIELS

Départ vers 11h avec E. après dépose fauteuil et récupération matériel de tournage.
Il pleut avec intermittence.
On commence par le Nord et on descend.
Pause vers 14h pour déjeuner près de la Basilique, après avoir filmé Bd Carnot.
On tombe sur A., ses fils et une amie qui tourne un film aussi, ici, justement.
Mais il n’y a plus d’osso bucco alors on prend des cheeseburgers.
A la fin du repas, cinq personnes se lèvent pour aller fumer et on peut discuter tranquillement avec N. Et de quoi parle-t-on ? D’arrêter de fumer, évidemment.
Misère… 
On laisse tomber les deux grandes voies (Landy et Président Wilson, déjà filmées un peu sous tous les angles) pour se concentrer sur des endroits plus excentrés et difficiles d’accès. On met un moment pour comprendre comment rejoindre en voiture la rue Ambroise Croizat (ancienne rue de la Gare).
C’est joli le canal vu du début de cette rue, mais il faut quand même penser à sortir du cadre le type qui est en train de se faire un fix, accroupi derrière le parapet.
Très beau aussi, le quartier du Fret du Landy, avec vue imprenable sur Arcelor Mittal, la tour Pleyel et le Sacré Coeur avec avant-plans de rails et installations SNCF.
On rentre à Paris vers 19h00.
Je teste le pâtissier bio qui vient d’ouvrir rue Custine et comande un financier aux poires avec un thé vert. Pas à sauter au plafond.
Ensuite capture des plans, rangement et nettoyage du fauteuil jusque vers 20h40.
Vélib direction maison.
Quinoa et saumon, salade, banane.
Réservé un taxi pour demain matin 5h20 parce qu’il faut que j’attrape le vol de 7h00 pour Biarritz.
Coup de fil de L.T. Se rappeler demain soir pour fixer un rendez vous d’enregistrement.