RÉCHAUFFEMENT

Je suis négatif, me dis-je, je suis pessimiste, me dis-je, je suis l’avocat du diable, me dis-je, je suis toxique, déprimant, désespérant, me dis-je. Il faut que je me taise, me dis-je, il faut que ça cesse, me dis-je. Il faut que ça s’arrête. Il faut. Il.

Mais aussi, c’est que je suis inquiet. C’est que je suis angoissé. C’est que je suis anxieux. C’est que je suis sur le qui-vive. C’est que je suis aux aguets. C’est que je suis à l’écoute du moindre bruissement. C’est que je suis à l’affut. C’est que je suis sur les starting-blocks. C’est que je suis à fond. C’est que je suis à deux doigts du burn out. C’est que je suis dans tous mes états. C’est que je suis au bord du gouffre, je suis à la lisière du néant.

J’ai rêvé d’un bel oiseau couleur feu. Quelque chose comme un dragon à plumes. Il survolait une colline enflammée et puis sa tête d’oiseau prenait feu. Un éclair d’incompréhension passa dans son regard et il tomba mort, le cerveau carbonisé.

J’essaye de me calmer. J’essaye d’aller mieux. J’essaye de trouver une raison de sourire.

Je me donne des buts, des objectifs, des programmes de vie, des challenges.

Là, il s’agit de me rendre dans une boutique japonaise du dixième arrondissement pour y acheter un petit chat solaire qui bouge le bras.