ET LES GRÉEMENTS SIFFLAIENT

Chaque semaine c’est un petit peu plus déprimant, si l’on se laisse aller à déprimer et on se laisse aller dix minutes après quoi l’on trouve à s’occuper.

Donc aujourd’hui, deux étudiantes à 9h.
L’une a avancé sur son morceau. On écoute, on fait trois corrections. C’est bien. Elle enchaîne.
L’autre n’a rien fait. C’est pas grave, on a du temps. On va essayer. On écrit quatre phrases. L’idée est de faire une berceuse.
Mais blocage.
Une pause, on réessaye.
Blocage.
Bon. Je propose de faire autre chose.
Blocage. Larmes.
Alors ça, les larmes, non, no way. Stop.
Hop, je mets fin au calvaire à 10h35.
À 10h40, une étudiante arrive comme une fleur avec 1h30 de retard. 
Je dis: trop tard.

J’écris à tous que je les attends à l’heure, la semaine prochaine.
Un peu plus tard, il me sera répondu que travailler sur des chansons ne les motive pas, les pauvres chéris.
Bon. Pas grave. Je suis prêt à faire autre chose, s’il est possible d’être confronté à un rien d’énergie et de projet. Finalement, parfois, mieux vaut rien que cette présence diffuse d’amorphes avachis en attente du temps; qu’il passe.

Alors je travaille mon solfège et les modulations. Et puis j’ai un article à écrire, auquel j’ai travaillé dans le train déjà.

Déjeuner. Sashimis saumon. 
Un rendez-vous cet après-midi puis ennui et lecture jusque vers 17h où je me dis que ça va bien.

À tout prendre, je préfèrerais enchaîner les cours magistraux. Au moins, il s’y passe quelque chose. Ces ateliers vides et ces heures de couloirs déserts, vraiment… En l’état, j’ai l’impression d’un terrible gâchis d’argent public, en plus de mon temps qui, lui, est payé. 

Bref, sinon, belle lumière mais du vent et le grincement des gréements, les larsens des mâts métalliques. Je vais chercher ma bouteille d’eau à l’épicerie du Grand Large.
Le Bar à Papa est fermé. À vendre.
Pas grand monde sur la plage. L’Iguane est désert.
Je rentre par la plage et le pont qui enjambe le canal en direction du FRAC.
Un type de 2m20 dribble tout seul sur le terrain devant l’auberge de jeunesse.
Nous prenons l’ascenseur ensemble. 
Il est vraiment gigantesque. 
C’est drôle, j’ai l’impression de mesurer 1m20.

EN CHANTIER

Y. ayant des rendez-vous tout l’après-midi, je suis de garde pour aller chercher C., la nourrir, jouer avec elle, l’emmener au conservatoire et aller la rechercher, acheter une crêpe, deux nouvelles paires de lunettes (de vue et de soleil).

Du coup, je n’ai pas eu la possibilité de suivre le chantier aujourd’hui mais le frigoriste m’envoie une photo de l’installation qu’il est en train de faire pour la climatisation. Il faut encore percer un trou lundi et rajouter une pompe pour rapatrier l’eau qui se condense lorsque l’on utilise la climatisation en mode réversible, c’est-à-dire pour chauffer.

Et la semaine prochaine, c’est la boîte dans la boîte qui va être construite. Hâte de voir ça.

Ce matin, après avoir déposé C., suis allé faire de la gym. Quinze minutes de cardio et trente minutes d’atelier « body fit », un hammam et retour à la maison.

Journée légère.

Au réveil, bacon maigre, deux œufs au plat, piment d’espelette.
Je viens de lire que, pour éviter le liseré brun autour du blanc et optimiser la cuisson, il est possible de rajouter un tout petit peu d’eau dans la poêle et de séparer le blanc des jaunes pour le faire cuire avant. 

Un éclair à la vanille pour C.

Au déjeuner, de l’onglet au gril, des pousses de luzerne et de roquette, du fromage blanc 0%, du persil, du piment, une goutte d’huile d’olive, du vinaigre balsamique. 

Un chirashi saumon pour C.

Au goûter, du fromage blanc 3%, du faux sucre, trois biscuits au son d’avoine.

Une crêpe au sucre pour C.

Toujours mal au dos.
Je vais investir dans un bon fauteuil.
Herman Miller Aeron, c’est ce qu’il me faut.

En rentrant, je règle les problèmes de comptabilité avec J., ma comptable en ligne, et S., qui s’occupe de la comptabilité d’Escalenta

C’est agréable d’être à jour, de ne pas envisager toutes ces paperasses comme une menace permanente, une ombre sous le tapis, une épine dans le pied, etc. 

DÉCONNECTER

Ca y est, les carottages sont faits.
Demain, la climatisation sera posée. J’irai faire un saut sur le chantier.

Ensuite, ce sera la boîte dans la boîte. 
On attend les portes.

Aujourd’hui, la pluie avait rendu le début de journée un peu morne.
J’étais coincé par des rendez-vous: l’un à la banque, à 11h30, l’autre à la maison, avec R. à 16h et donc pas moyen de se lancer dans quelque-chose. 
Coincé à la maison.
Mal au dos.
Assis trop longtemps.
Demain, je bouge. Il faut.

J’ai fait comme si j’avais de l’argent et composé une dream-list de matériel pour le studio.
Il va falloir faire entrer des affaires pour se payer tout ça. Hum, hum…

Je vais devoir prospecter.

Hier, C. s’était fait piquer son blouson mais aujourd’hui elle l’a retrouvé, planqué sous un meuble où se trouvaient également pleins d’affaires « perdues » par d’autres enfants.

Tout est bien.

Y. râle beaucoup parce que son montage lui donne du fil à retordre. Ca me met de mauvaise humeur. Demain, il faut que je sorte, que je bouge, que j’aille faire du sport, au cinéma, je ne sais pas.

Un peu avancé sur l’article pour Trafic. Cela s’écrit lentement, dès qu’il s’agit d’être analytique. 

Reçu par SMS quelques vieilles photos de F., envoyées par A. Avec ses bombes de peintures et son sourire en coin. Moi qui lui trouvait un visage en lame de couteau à l’époque, il a presque l’air poupin, à côté du visage des dernières photos. 

J’ai fait du risotto aux asperges ce soir.

Déconnecter.

Hier, passé une partie de la soirée à regarder le débat des candidats à la présidentielle et à mettre des commentaires ici et là. Perte de temps. 

Déconnecter.

À L’INSTANT C’EST LE PRINTEMPS

Mais oui, me dis-je, c’est inespéré !

J’avais cette seule photo, prise dans le parc Anne Frank cet après-midi et je me disais: tiens, c’est le printemps.

Il y avait un anniversaire, dans le parc Anne Frank. L’anniversaire de S. et C. était invitée. 
S. a reçu une guitare et nous avions tous participé au cadeau.
Une guitare, ou n’importe quel instrument de musique, c’est toujours le meilleur cadeau qu’on puisse faire. Une guimbarde, un kazoo, un shaker, ce qu’on voudra. 
Et donc, l’on était amené à se dire, en se promenant dans le parc, qu’il faisait doux, que c’était décidément bientôt le printemps.

Mais justement, oui, c’est le printemps, me dis-je. 
Là tout de suite, il est minuit passé.
Nous sommes le vingt mars et c’est le printemps.

Il y a des œufs de Pâques à vingt millions de dollars dans la vitrine de « La Mère de Famille » et ils ne sont probablement pas bons.
L’autre jour, C. m’a fait acheter un paquet de guimauve à 7€ dans cette boutique et la guimauve était insipide et sèche. On a dû la jeter. Je me suis promis de ne plus rien acheter dans cette boutique. 
Mais on ne peut pas leur retirer qu’ils possèdent l’art de faire de jolies vitrines, me disais-je, en regardant les œufs, les poules, les poissons et même les homards en chocolat.

C’est un peu comme les dates de péremption sur les emballages, me dis-je, repensant au printemps et à la date du jour.
Tout à fait la même chose, me dis-je encore.

Tout à coup, c’est périmé et tout à coup ce n’est plus la même saison.
Le marqueur fixe d’une transition lente et diffuse.
C’est curieux, me dis-je.
Mais c’est comme un anniversaire, me dis-je encore.

Et c’est un anniversaire, donc tout va bien.

Il y avait des pétales roses dans l’air.
Et une pluie se retenait de tomber.
Je n’avais pas brillé par mon endurance ce matin à la gym, me dis-je.
Trente minutes de cardio et puis voilà.

Il serait souhaitable de faire mieux demain.
Mais je m’étais levé tôt.
C. nous avait réveillé à 7h.
Nous n’avions pas fait la grasse matinée.

Demain, il y a école et c’est le printemps.

Je ne sais pas pourquoi, ce soir, je me suis soudain mis en tête de faire une poule au pot.
Enfin, un poulet au pot.
C’est trop lourd, me dis-je maintenant. J’ai trop mangé, me dis-je.
Demain, demain, il faudra une journée légère.
Une journée roborative.

Demain, me dis-je, il faudra écrire, il faudra anticiper.

Mais pour l’heure, c’est le printemps. Au lit.

THE COAL BLACK SEA WAITS FOR EVER

Coup sur coup, j’apprends le décès de deux amis.
Un ami récent, P., de Bordeaux, hier, et un ami d’adolescence, F., aujourd’hui.
Je me dis que ça y est, il faut que je m’habitue.

J’ai envie de me mettre au Kung Fu.
Ce matin, avec C., on regarde les vingt-quatre mouvements essentiels du Tai-chi avant de partir pour l’école. Séparer la crinière du cheval, brosser le genou, etc.
Besoin d’une discipline corporelle.
Besoin de me recentrer.

Après, petite séance de gym.
Je paye la poule au pot, c’est évident.
Soixante quatorze kilos.
Et ce soir, j’avais prévu la diète mais finalement je termine la bouteille de vin et on se fait des hot dogs avec C.
Tant pis, la diète ce sera demain.
Et on prépare un gâteau à la banane pour l’école (ce sont les goûters gourmands en ce moment).

Fini Iron Fist. Ce truc de culpabilité est usant, mais ce qui est marrant, c’est l’immortalité des méchants. 

T. vient chercher son contrat, avant que j’aille chercher C. à l’école pour l’emmener au conservatoire. Avant j’ai regardé des tas de références de matériels pour le studio.

Vanné.

LE POING DE FER

J’avais pensé aller au cinéma, mais finalement l’organisation de l’après-midi, le fait qu’il fallait aller chercher C. chez B. vers six heures, la nécessité d’acheter des sacs pour l’aspirateur, la pause de quarante cinq minutes pour une sieste en début d’après-midi, tout cela combiné m’a conduit à regarder plutôt les cinq ou six premiers épisodes de Iron Fist.

Curieux, ce choix des studios Marvel de créer une sorte d’univers cohérent transversal entre toutes les séries Netflix (Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage, Iron Fist). Comme les frères sœurs et cousins d’une même famille. Et c’est finalement toujours de famille, de filiation, qu’il est question. À l’origine d’un super-héros, il y a généralement la mort violente et précoce des parents. Les parents morts qui reviennent comme chez Hamlet. De mauvais parents qui essayent de prendre la place des bons parents. De bons parents de substitution, etc.

Avant ça, j’étais allé faire une séance haute intensité à la gym et je compte recommencer demain matin. D’où le besoin d’une sieste après le déjeuner. En écoutant le podcast des Chemins de la philosophie consacré à « La Vie est Belle » de Frank Capra. On y pleure toujours, même en n’écoutant que la bande son. Je pleurais en soulevant mes haltères, c’était drôle.

72,5 kg sur la balance après la gym. En début de semaine c’était 73,5. C’est bien.
Ça n’a absolument aucune espèce d’importance, mais c’est bien. C’est satisfaisant même si ça ne change rien.

Du coup, j’ai préparé des pâtes au figatellu à midi et ce soir du lapin à la moutarde sans rien, pour moi (mais des pommes de terre pour Y. et C.). J’alterne protéines pures et protéines-féculents en évitant le blé le plus possible (pas plus de deux fois des pâtes chaque semaine). Des légumes et des fruits en tant que de besoin et un verre de vin de temps en temps.

L’autre jour, j’ai perdu mon alliance au jardin des Tuileries. J’ai, depuis, la sensation qu’il me manque quelque chose. Il faut que j’en trouve une autre. C’est dommage, je l’aimais bien. Elle était simple et élégante. Bref.

Souvent, je me dis qu’il serait bon d’être plus obsessionnel, de donner plus de détails, pour que ce blog soit plus utile, documente mieux, serve mieux de mémoire.

Par exemple, noter, je suis arrivé, dans le train hier soir, au 12e niveau du jeu « Café serré » et au 14e niveau du jeu « Trains en stations », qui sont les niveaux ultimes de ces deux jeux de la catégorie « attention » de la gamme « Lumosity ». Je suis une espèce de roi de l’attention. En revanche, j’ai une grosse marge de progression en « mémoire », « résolution de problèmes » et « rapidité ».

Il est 1h28. Je vais me coucher. Avant ça, j’ai fait de la tisane (verveine) et mangé du fromage blanc 3% avec du faux sucre (très bien imité, on dirait du vrai). Après toutes ces semaines à 0%, un fromage blanc à 3% c’est presque une fête.

En ce moment, je me réveille sans courage. Ou plutôt découragé. triste, comme si l’on m’avait dit des horreurs pendant toute la durée de mon sommeil et il me faut environ quarante cinq minutes pour sortir de cet état de tristesse, de désespoir, de découragement. Après, ça va très bien et j’oublie absolument. Mais j’aimerais comprendre quel est le processus. Comment tout cela s’enclenche. Je vais essayer de dormir moins. De me lever plus tôt. Beaucoup plus tôt. Quitte à faire de longues siestes. Ou de courtes siestes mais fréquentes.

Il est 1h33. Je vais me coucher. J’ai eu mal au dos ces derniers jours. j’ai regardé des exercices d’assouplissement, je les ai faits et ça m’a soulagé mais cela fait maintenant plusieurs heures que je suis assis sur le très mauvais fauteuil qui fait face à ce qu’on peut appeler mon bureau, à la maison – mais ce n’est pas du tout un bureau: c’est une table de bistrot avec une traverse en métal très mal pratique – et j’ai de nouveau le dos tout raide. Je rêve d’un bon fauteuil. Et d’un vrai bureau. J’achèterai un bon fauteuil à la première occasion pour le studio, ainsi qu’un vrai bureau, mais je n’ai pas le droit d’avoir un bon fauteuil à la maison parce qu’Y. n’aime que les meubles qui ont au moins soixante quinze ans et sont complètement démolis, sinon elle trouve cela vulgaire. Donc tous les meubles sont cassés et raides. C’est pour cela qu’on a toujours mal au dos, mais ce n’est pas la peine d’essayer d’expliquer cela à Y. Elle ne me croit pas.

Il est 1h38 et – décidément – il est temps d’aller se coucher. J’ai mis une photo de la soupe miso du restaurant « Tokyo » de Dunkerque, qui n’est pas bonne, mais toujours meilleure que leur riz qui est, lui, infect, parce que je n’ai pas d’autre photo sur moi. Je n’ai pas pris d’autre photo depuis, à part un détail de l’aspirateur, pour avoir la référence exacte afin de trouver les sacs ad hoc chez Darty. Mais le détail de l’aspirateur ne me dit rien.

1h41.Je ne dis plus rien. Je n’écris plus rien. 

OUI, TROP CALME…

Un rien déprimant, bien sûr, de s’asseoir dans une classe vide et d’attendre que viennent à leur tour s’asseoir, au compte-goutte, un, deux, trois, quatre étudiants sans projets, vite fatigués. On se résout à échanger sur le mode de la commande et de l’exercice alors que l’on espérait se trouver en présence de projets personnels et autonomes. Ou, à tout le moins, d’une énergie vitale désirante, agissante…

Mais que cela soit déprimant n’est pas très grave. L’on trouve à s’occuper.

Le problème est que si la boîte est vide, elle se fragilise et finit par ne plus servir à rien.
Et encore, les cours c’est une chose. Il finit par y avoir quelques étudiants et l’on finit par entreprendre quelque chose, fut-ce quelque chose d’extrêmement modeste et d’ailleurs cela n’a pas d’importance, du moment que l’on peut échanger quelques mots, quelques idées.

Non, le plus embêtant ce sont les heures dites de « rendez-vous » où ne se présente personne, parce que la boîte est vide. Ce sont ces longues heures passées à arpenter les couloirs déserts, à adresser, depuis l’encadrement de la porte ou au travers des baies vitrées, des signes de têtes et des sourires figés aux rares présents, que l’on croise d’autant plus souvent que l’on ne peut pas éviter de les remarquer et de se faire remarquer d’eux. 

Et puis, vient le moment où l’on arrête d’arpenter, où l’on va s’asseoir dans une salle et où l’on attend en écrivant, en lisant, en regardant un film, etc.

Et puis, vient le moment où l’on se lève et où l’on s’en va, en se disant que tout ceci est absurde, occuper une cellule à l’auberge de jeunesse.

Et puis, vient le moment où l’on constate, pour la nième fois, qu’il n’y a pas de réseau dans la 101.

Et puis, vient le moment où l’on s’aperçoit que la chasse d’eau ne se remplira jamais et que l’eau coule en continu derrière le mur. Alors on descend à l’accueil et quelqu’un monte réparer mais cela se reproduit à chaque fois que l’on tire la chasse d’eau. Alors on cesse de tirer la chasse d’eau et l’on se dit que, finalement, il n’est peut-être pas nécessaire de tirer la chasse d’eau si fréquemment.

Et puis, vient le moment où l’on se cogne à la chaise et au lit en essayant de faire des exercices d’assouplissement.

Et puis, vient le moment où quelqu’un tape à votre porte à 6h du matin parce qu’il s’est trompé.

Et puis, vient le moment où le réveil sonne et où l’on se demande pourquoi l’on a si mal dormi et que l’on se souvient aussi que la veille il avait fallu se lever à 5h du matin pour venir s’asseoir dans cette classe vide après 1h40 de train. Mais l’on se dit immédiatement que l’on n’est pas le seul à s’être levé à 5h et que l’on n’est pas en droit de se plaindre.

Et puis, vient le moment où la météo annonce de la pluie.

Et puis, vient le moment où l’on se souvient pourquoi on ne peut plus supporter le petit-déjeuner à l’auberge de jeunesse. Mais on le mange quand-même parce que l’on a faim.

Et puis, vient le moment où l’on regrette de n’avoir pas emporté son bonnet.

Et puis, vient le moment où l’on regrette d’avoir pris une valise, plutôt qu’un simple sac-à-dos, ce qui nous aurait permis d’emprunter un vélo. Mais l’on se souvient que l’on avait choisi la valise pour éviter les douleurs consécutives au transport prolongé de lourdes charges sur le dos.

UNE DÉCLARATION

Comme dirait France Gall.

Bon, j’avoue que j’ai mis un petit moment à accepter l’idée que pour renforcer des fenêtres par un châssis de 5cm d’épaisseur il faille remplir et déposer en mairie un dossier de 50 pages.
Ca ne me semblait tout simplement pas raisonnable.

Mais une fois que l’on s’est fait à cette idée, eh bien on le remplit ce dossier et puis on le dépose et donc c’est une des choses que j’ai faites aujourd’hui.

Avant cela, j’avais déposé C. à l’école, j’étais allé prendre un café avec P. à 9h30, en profitant pour lui rapporter caméra et pied empruntés la semaine dernière pour l’interview de C.B., puis j’étais rentré, justement pour travailler à ce fichu dossier, l’abandonnant pour aller chercher C. à l’école, le temps de manger un Unagi Don (et elle deux portions de Sashimi saumon). On lui a aussi acheté une paire de baskets Spring Court en soldes à 59 €, quand même.

Ah – et j’ai oublié de dire que j’ai enregistré des voix témoins pour Y., qui me trouve mauvais comme tout, alors j’essaye de l’imiter pour qu’elle ait au moins un truc dont elle puisse se servir. Mais je ne sais même pas si ça lui rend vraiment service. En plus il paraît que le son est à chier.

Puis j’étais rentré pour terminer, j’avais pris le métro pour Montreuil, déposé ledit dossier au service de l’urbanisme, 3, rue de Rosny, puis j’étais rentré à Paris, direction l’UGC Cité Ciné les Halles pour voir le Kaurismaki dont je sors en joie avec envie d’embrasser tout le monde dans la rue. Je distribue tout ce que j’ai dans les poches à tous les mendiants qui passent, c’était la journée pour me taper. Trop tard, c’est fini.

Sur le chemin, comme par un fait exprès, je tombe coup sur coup sur C.P. et sur I.I. avec qui, par deux fois, je papote comme une toupie.

Puis trois courses chez Franprix et je rentre nous préparer du colin au lait de coco avec un riz pilaf qui tue. 

Voilà. Et puis après on fait des cadavres exquis avec C. jusqu’à ce qu’elle tombe de fatigue.

Il y a pire comme journée.

ADIEU AU PÈRES

Ca y est, me suis-je dit, ce sont les vieux qui meurent.
Ce sont les pères qui s’en vont et ceux qui viennent ce sont les enfants.
Un royaume d’enfants, me suis-je dit.
Il n’y a plus de pères, plus de place pour les pères. 
Ce monde, ils ne peuvent plus le supporter, ai-je pensé.

C’était cela que racontait Logan.
Et cela, c’était terriblement triste, terriblement désespéré; mais aussi, il y avait un espoir, derrière la frontière. Un ailleurs encore.
Il fallait d’abord en terminer avec les pères, en commençant par les plus vieux.
Et la croix deviendrait un X. On prierait d’autres dieux quand toutes les familles auraient été décimées. Quand tous les bénédicités se seraient tus. 

Les « X men » c’était l’état de mutant comme métaphore de l’adolescence mais sous le regard d’un père bienveillant (et télépathe, ce qui ne gâte rien).

Logan, c’est la dernière balade de Xavier et Wolverine. X et W. Comme chez Pérec.
C’est un peu l’âge de cristal. Et Xavier est atteint d’une maladie d’Alzheimer. Et Logan a probablement chopé un cancer du poumon, à force de s’envoyer tous ces cigares.

C’est un peu notre monde, où les structures patriarcales sont en manque de père et où les frères sont ennemis et se déchirent, m’étais-je encore dit. Mais ça, tout le monde l’avait compris.

Cela faisait symptôme, l’on était passé de l’autre côté du miroir.
Il fallait maintenant franchir la frontière, passer le Rubicon. Le Styx.
Et ne pas se retourner.

IMPLANTATION

Ce matin, j’étais allé faire un peu de gym après avoir déposé C. à l’école.
Mais, à cause de la séance à haute intensité de dimanche, j’avais trop de courbatures pour faire un circuit complet et me suis contenté de 15 mn de vélo elliptique, d’un parcours dos et de quelques assouplissements.

Ensuite, je repasse à la maison pour déjeuner. J’imprime le devis de G.P. et sors.
Je vais travailler une petite demi-heure – une heure à une terrasse avant d’aller voir Logan à l’UGC Ciné Cité Les Halles à 14h20.

En sortant, je file à Barbès où j’ai rendez-vous avec G.P. dans un studio rue du Delta.

On visite les salles de montage, de montage son, l’auditorium de mixage et la salle d’étalonnage. G.P. me fait observer les détails de la conception et du traitement acoustique puis nous allons au café regarder plein de photos de studios qu’il a réalisés et mettre en place le planning de travail.

G. connaît la terre entière. Partout où nous allons, on rencontre des gens qui ont travaillé avec lui il y a 25 ans. Il a fait tous les métiers du cinéma.

Jeudi, Y. vient percer les trous pour la clim et il installe la machine en début de semaine prochaine. À partir de là, tout s’enchaîne pour une fin de chantier prévue pour le 15 avril.

Rentré à 20h15, juste à temps pour préparer le dîner.

Vanné.

CONTRACTION

C’était une journée de démarches.
Pour commencer, après avoir déposé C. à l’école, je suis allé à l’URSSAF de Montreuil pour faire inscrire officiellement le changement de siège de la société C.A., artiste vers la nouvelle adresse à Montreuil.

Ensuite, j’ai épluché les diverses propositions de crédit et jeté mon dévolu sur celle de CETELEM, afin d’être en mesure de financer le chantier en attendant les remboursements de TVA.
Je remplis le dossier et renvoie le tout avant 16h.
Ensuite, je vais chercher C. à l’école et nous allons au conservatoire où elle a sa leçon de piano du lundi.

Énormes progrès. Belles positions de main. Pulsation interne. Écoute. J-L est très content et moi aussi. Ensuite, nous avions prévu d’aller acheter des chaussures mais j’en ai marre d’acheter des trucs, j’ai envie de rentrer et puis nous avons faim. On passe faire quelques courses et on rentre.

En préparant le rôti de porc, je repense à un truc que me racontait A. hier en marchant entre Strasbourg St-Denis et Etienne Marcel. Cette envie de créer une maison des femmes pour que les femmes vivent entre elles et je me dis qu’il y a là une super-idée de série avec différents couples dont les hommes décident de vivre entre eux et les femmes entre elles, tout en continuant de se voir, de s’aimer, d’avoir des gosses, etc.

Y. va voir la pièce d’Y-N.G. Avec C. on joue à Recto-Verso, puis lavage de dents et maintenant, nous allons voir quelle aura été la vengeance d’Hélios, après que l’équipage d’Ulysse a boulotté deux ou trois de ses bœufs blancs. Je crois que ça va chier.

RENDEZ VOUS DE CHANTIER

Ce matin, rendez-vous à 9h30 avec G.P., son frère M., l’électricien et Y. le frigoriste.
Les plaquistes débarquent peu de temps après.
J’arrive avec C. vers 9h15 et les frères P. sont déjà là avec leurs motos.
Easy rider.

Il fait beau, très beau.

J’avais été réveillé vers 5h par les oiseaux et maintenant c’est le soleil.
On reste une bonne heure dans le local, à faire des dessins, à prendre des mesures, à imaginer des trucs, des astuces, à étudier les plans, les angles, les formes, la lumière.

On va faire un tour sur la terrasse avant de partir.
C’est déjà très vert.
Il y a des chantiers un peu partout aux alentours. 
Ca se construit, Montreuil, ça change.

C. veut absolument regarder les frères démarrer sur leurs motos et puis on rentre dare-dare pour accueillir S. qui vient déjeuner avant l’anniversaire de M., qui a lieu à Montreuil, justement, à l’île de Robinson. Avant le rendez-vous avec les parents et enfants, on va manger des hamburgers en face et on s’en met partout, surtout moi.

Pour faire passer cette indigestion, je vais faire un peu de gym. Je ne suis pas au meilleur de ma forme mais ça me remet un peu d’aplomb.

Ensuite, aller chercher C., faire trois courses et rentrer faire une soupe marocaine.

On passe un peu de temps avec C. à faire des photomontages pour les mois de décembre, janvier et février. 

Il est 22h30 et elle ne veut toujours pas dormir, prétextant le souvenir d’un film qui lui a fait peur. Grrr…