
C’est toujours un peu comme ça le lundi, non ?
On se dit qu’il faut commencer la semaine mais qu’il ne faut pas non plus tomber sur le dos des gens, à peine remis de leur week-end, ou de leurs vacances, parce que c’était les vacances, il ne faut pas l’oublier.
En même temps, on a très envie de leur tomber sur le dos, parce qu’on s’est retenu pendant tout le week-end et, dans le cas présent, pendant toutes les vacances. Mais on ne le fait pas en se disant que ce n’est pas une bonne stratégie, que la patience est mère de toute vertu ou que sais-je encore ?
Le matin au réveil, je dois noter que j’avais reçu un mail de Tunecore, diffuseur-vampire de musique et autres sons innommables sur les plateformes mercantiles, qui m’indique encore une fois que la piste que j’ai postée (« Ma Seule est dans son Âne ») ne peut pas être diffusée en l’état, parce qu’il y a trop de silence dans l’audio et qu’Anna de Noailles n’est pas créditée en tant « featured artist » (alors que je l’ai fait).
Ce genre de mail, au réveil, me plonge dans une colère noire qui évolue rapidement en épisode dépressif suicidaire, avant de se métamorphoser en une sorte de blob gris en lévitation dans le salon, que la brume matinale désintègre en particules de suie et ce n’est bientôt plus qu’un mauvais souvenir, qui se dissout dans le café, une pauvre petite chose que l’on règle en deux temps, trois mouvements entre 9h13 et 9h27.
C’est curieux l’évolution du poids des choses, me dis-je. Il ne faut pas trop prendre connaissance du poids des choses au réveil, me dis-je.
Le poids des choses au réveil est irréel.
Ce matin, au réveil la balance indique 81,2 kg, ce qui correspond à une perte de 1,5 kg depuis le 16 octobre et c’est très bien comme ça, on continue.
Donc, je me dis qu’aujourd’hui je laisse les fournisseurs tranquilles, je leur laisse même l’occasion de relancer eux-mêmes les échanges (mais je ne rêve pas trop).
Le lundi, de toute façon, les banques sont fermées. Ça limite les possibilités.
À la place, on se dit que l’on va attendre demain. Et, en attendant, s’occuper d’autre chose.
S’occuper de l’ici et maintenant.
J’ai commencé à dégager le jardin et j’ai commencé à dégager la chaufferie.
Le lundi, on dégage.
Le lundi, on fait de l’ordre, du tri, des rangements.
Le lundi, on prend des résolutions, on fait des projets.
Je dis « on » mais je devrais dire « je ». Je ne sais pas si tout le monde fait comme ça et je fais comme si c’était le cas en disant « on ». C’est idiot.
Je ne dirai plus « on ». Et ce n’est pas la première fois que je me fais ce reproche.
K. m’a envoyé les dates de toutes les formations CIFAP à venir en 2027 et j’ai rempli les cases correspondantes de mon agenda.
J’ai fait un peu de gymnastique et me suis un peu (à peine) fait mal à un muscle de la cuisse droite (ou est-ce un tendon, je ne sais ?). Mais juste un peu, ce n’est pas grave. Il suffisait de faire les mouvement un peu plus lentement et un peu moins à fond.
Je m’aperçois que je fais beaucoup de fautes de frappe. Je dois sans cesse revenir corriger ceci ou cela. A quoi est-ce dû ? À un état de fatigue ? À l’âge ? À un virus ? À une toxine ? Hum…
T. n’est pas venue aujourd’hui. Elle avait un rendez-vous. C’est un début d’après-midi tranquille. J’ai encore un peu de temps pour jardiner avant d’aller chercher S. pour l’emmener au conservatoire.
On attend de bonnes nouvelles de l’autre côté de l’Atlantique et c’est vrai que ce serait bien une vague bleue au Congrès, et même au Sénat, même si cela ne change pas tout d’un coup et que ce monde reste ce monde, avec son poids et son inertie.
