
Toutes ces séries sont angoissantes, me disais-je.
Carrie est angoissante, pour ne citer qu’elle, par exemple.
Ce n’est pas parce qu’on sait qu’elle va mettre le feu à toute la ville qu’elle est angoissante – d’ailleurs ce n’est pas elle, Carrie, qui est angoissante, c’est la série – non, le fait que tout ça finira par brûler est presque réjouissant.
Ce qui est angoissant, si c’est bien le bon mot, c’est qu’il est insupportable de la voir recevoir, de manière aussi fatalement répétitive, accablement sur accablement et humiliation sur humiliation.
Le sadisme de celles et ceux qui l’entourent est plus qu’angoissant. Il est insupportable, me dis-je. Il confine au dégoût, à la nausée.
Le sadisme de ces séries est insupportable, me dis-je.
Ce qui est par dessus-tout insupportable, c’est que le sadisme-même de ces personnages les rend tellement détestables que l’on a envie de les voir souffrir. Cela rend sadique et haineux.
C’est très angoissant.
Il n’y a que le conseiller d’éducation pleurnichard qui soit supportable, me dis-je. Mais le fait qu’il soit si pleurnichard le rend difficilement supportable, tout de même, me dis-je.
Et, pour la nième fois, je cessai de regarder la série.
Mais l’angoisse ne cessait pas pour autant.
L’angoisse m’avait saisi dans l’après-midi, en regardant de quelles horreurs les intelligences artificielles sont capables en terme de génération de contenus vidéos.
J’avais eu la nausée – là encore, là aussi – rien qu’en regardant l’abjecte page d’un outil d’intelligence artificielle sensé servir à créer des vidéos.
Par charité, mais aussi et surtout parce que je l’ai instantanément oublié, j’en tairai le nom.
D’ailleurs, créer n’est certainement pas le terme qui convient. Ce serait plutôt de l’ordre de la défécation, me dis-je. Où de la régurgitation. Enfin, de quelque chose d’ignoble et d’angoissant.
Il valait mieux que cela ne dure pas trop. Que cette humanité là ne dure pas trop.
Pour le coup, cela rendait supportable l’idée de l’extinction de cette espèce.
En théorie, parce qu’en pratique ça devenait vraiment de plus en plus angoissant et il fallait tout de même rester combatif, garder l’espoir. Il faut toujours y croire, comme chantait Jean-Luc le Ténia.
Sinon, j’étais allé hier chercher la Hyundai Kona 64 kw à Béziers et j’étais rentré avec.
C’était tout de même une bien belle chose de ne pas mettre du gas oil mais de l’électricité dans cette voiture.
Et puis il y a la qualité du silence et le plaisir d’écouter de la musique en roulant sans qu’elle soit couverte par le ronflement du moteur.
Il faut que je comprenne comment fonctionne les abonnements aux différents types de station de chargement et que je repère celles qui sont abordables.
Apparemment, chez Lidl, ça a l’air pas mal.
J’ai surtout hâte que le boîtier de recharge soit installé à la maison, ce qui devrait arriver à la fin du mois.
L’étape suivante serait l’installation de vingt ou vingt cinq mètres carrés de panneaux photo voltaïques sur le toit.
C’était en me disant qu’il faudrait pour cela gagner des sous que je m’étais échoué sur cette horrible page d’IA générative, sur le conseil de C., qui m’avait expliqué, dans l’après-midi, qu’il y avait des fortunes à gagner en se lançant dans l’activité d’opérateur IA pour le compte d’entreprises en recherche d’images mobiles.
Pour voir, j’avais jeté un œil. Mais non, non, non. Ce n’est pas jouable. A la place, je m’étais inscrit au Shift Project et j’avais envoyé 90 € de cotisation et je m’étais dit que l’IA c’était véritablement l’ennemi. Le diable, le mal à l’état pur.
J’ai l’air négatif comme ça, mais on a tout de même bu une bouteille de champagne pour fêter l’arrivée de Kona. C’était une belle journée ensoleillée. L’automne indien.
