
Et tout à coup, au beau milieu d’une conversation, une belle conversation, une conversation amicale et passionnée, j’avais vu son vrai visage. Ce n’était pas un visage particulièrement beau ou laid. C’était un visage quelconque, mais c’était le sien. C’était celui qu’il ne voulait surtout pas laisser voir et qui, soudain, s’était laissé voir. C’était celui que personne n’était préparé à voir, tant il employait toute sa force à empêcher que ce vrai visage ne soit vu. Comment, alors, l’avais-je donc soudain surpris (sans le chercher) ? Peut-être avait-il relâché un instant sa garde, par excès de confiance ? Peut-être s’était il attendu à ce que je baisse les yeux (ou les garde baissés) précisément à ce moment là ? Peut-être n’avait-il compris qu’il s’était démasqué qu’en voyant passer dans mes yeux une expression qui ne pouvait tromper ? Toujours est-il qu’il ne me le pardonnera jamais et que c’est pour cela que nous ne pourrons plus nous voir, m’étais-je dit, fatalement. Je m’étais soudain remémoré cela, à vélo, tout à l’heure, en rentrant. Vingt ans après. Plus de vingt ans après.
Sinon, hier, nous nous étions retrouvé à Saint-Viâtre pour l’anniversaire de D., qui était bien fatigué mais content. On a évidemment bien mangé. Le jardinier, qui est aussi cuisinier, avait préparé un repas avec les légumes du jardin. Il y avait des tomates, du gratin de potimarron, des farcis de toutes sortes et un fraisier pour souffler les bougies. Après le déjeuner, nous étions allés avec C. et T. visiter la Maison des Étangs et faire un tour de l’étang de la ville, avant de reprendre la voiture. On dépose C. et TI aux Aubrais et retour à la maison avec S., en écoutant les aventures de Delphine et Marinette. Ça change de Godzilla.
Aujourd’hui, journée tranquille avec S. J’élabore des stratégies complexes pour réinstaller des versions anciennes des logiciels Adobe, qui n’autorise que les deux dernières version, par la voie officielle. S. fabrique une ferme dans Minecraft. On se fait rôtir un bon poulet et puis on part faire cette balade à vélo, non sans nous munir des fameuses barres diététiques de l’effort d’apport glucidique. Et, tandis que j’écris cela, à presque une heure du matin dans la maison endormie, l’installateur de Première Pro 2024 est entrain d’être téléchargé par la grâce d’un script Python et d’une ligne de commande dans le Terminal. Vive la révolution.
Ah, en ce qui concerne Olivier (vous savez bien, la Ford Fiesta bleue, oui, oui), alors le problème ce n’était pas du tout un injecteur ou quoi ou qu’est-ce: c’est qu’elle n’avait plus d’huile du tout, qu’elle était totalement à sec. C’est le monsieur du contrôle technique – qu’il soit béni pour douze éternités – qui s’en est rendu compte et je suis allé fissa faire une vidange graissage et maintenant, vous savez quoi ? Le moteur ronronne comme un bon gros chat.
