ENCORE UN PIRANHA

Ce n’est pas une métaphore, juste une image.

C’était au zoo, la semaine dernière avec S. En re-postant et relisant les entrées du blog de 2021 à 2019 (rien en 2020), je m’aperçois que l’arrêt absolu correspond à la naissance de S., ce qui est logique puisque je n’avais plus de temps. Ni R. ni moi n’avions plus le moindre temps. Il m’a fallu cinq ans pour reprendre. Il ne faut jamais désespérer.

Relisant les derniers posts de 2019, je les trouve abstraits.Peu descriptifs. Descriptifs d’états plus que de faits. Décrire les fait est fastidieux. Mais ensuite, lire la description des faits est enthousiasmant. Pas toujours. Tout dépend de la manière dont les faits sont décrits, reconstitués, articulés.

Par exemple, je m’étais levé avec un mal de dos persistant. S. était venu dormir avec moi, à cause d’un mauvais rêve, avait-il dit. Et je n’avais plus dormi d’un trait, mais de plusieurs traits et le dos m’en avait cuit. Vers 7h30 l’on décida de se lever.

Café, œufs brouillés. S. n’a toujours pas faim. Féta, piments et là – oups – je casse une bouteille d’huile d’olive. Le bouchon était mal revissé, j’avais attrapé la bouteille par le bouchon.

Malédiction. Casser une bouteille pleine d’huile d’olive est une chose terrible. Écoper l’huile, éponger l’huile, essuyer l’huile. Ramasser les bris de verre, les débris de verre, la poussière de verre, les éclats, nageant dans le gras. Tout cela au réveil. Grande leçon de vie. Des morceaux de verre microscopiques entrent dans la plante de mes pieds nus. L’huile se répand, s’étend, macule, éclabousse. Je me dis que je n’en aurai jamais fini avec cette flaque gigantesque. J’y consacre des torchons, des serviettes et des éponges. Tout est gras.

Et puis soudain, il n’en était plus question. Tout était épongé, écopé, balayé, aspiré, essuyé, dégraissé, lavé, immaculé et enfin, enfin, l’on pouvait s’arrêter pour boire un café, manger et passer à autre chose.

C’était rassurant. C’était comme la vie.

On avait joué aux sept familles de dinosaures avec S.

S. veut toujours rassembler la famille des tyrannosaures et cela le fait perdre. Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Il ne faut pas se focaliser sur une seule famille. Il faut garder un œil sur les stégosaures, les tricératops, les baryonyx, les diplodocus, les micropraptors et les oviraptors. J’écrase sans pitié S. au jeu des sept familles.

Mais S. m’écrase insolemment au Memory de Miro. J’ai l’impression d’être handicapé de la mémoire visuelle. Sévèrement handicapé.

C’était un samedi. R. était rentrée à 14h. J’avais visio. Elle avait visio. Tout le monde avait visio. S. allait de visio en visio. Se faisait jeter de visio en visio. Jusqu’à la fin des visios.

QUATRE ANS DE SILENCE

J’étais reparti dans l’autre sens. J’avais pensé que c’était plus cohérent comme ça. C’était plus dans l’ordre des choses. Plus dans la syntaxe du dispositif. De remonter le temps.

À rebours.

Pas de revenir à nous depuis le point le plus éloigné mais, au contraire, de s’enfoncer à partir du point le plus présent.

Et j’ai donc intégré ce soir les posts les plus récents qui restaient à intégrer et qui m’ont mené au 10 janvier 2025.

Et là, trou noir. Béance. Effroi. Abîme. Le post précédent date de septembre 2021. Entre septembre 2021 et janvier 2025, rien. Et encore, je subodore qu’il n’y a pas grand-chose en 2021 et que l’on remonte très vite les années jusqu’à – mettons – 2008 ou 2009. J’ai des raisons pour avancer ces dates.

Sinon, aujourd’hui S. était malade. Enfin, « malade »… Il avait de la fièvre. Les enfants ont facilement de la fièvre. Nous avons regardé quelques documentaires animaliers après le petit déjeuner avant de sortir faire des courses au Millénaire où nous avons déjeuné.

Un peu de jeu dans le parc non loin puis nous rentrons. S. est mort de soif et fait sa drama queen. Il se roule par terre dans la poussière en hurlant qu’il ne pourra jamais tenir, qu’il doit boire, boire, boire. Je lui réponds qu’on va s’arrêter dès que possible mais qu’il faut au moins marcher jusqu’au bistrot le plus proche. Il se traîne, tombe, se roule, rampe, se relève, avance en claudiquant, en boitillant, en traînant la patte, en tirant la tronche, en maugréant.

Finalement on arrive dans un kebab où il est possible d’acquérir une bouteille de Cristaline et un café et soudain c’est le paradis.

On rentre. Le temps de mixer et de compresser en H264 l’épisode 2 de La Vie au Zoo et il est temps de repartir pour le rendez-vous de S. avec N.

Ça roule bien. On a une demi-heure d’avance. On écoute la bande-son de L’ Aventure de Buck dans la voiture et on s’extasie sur la qualité de restitution des fréquences basses, que l’on n’entend pas sur la petite borne bluetooth à la maison et qui sont d’habitude masquées par le bruit du moteur, lorsqu’on écoute la musique en roulant.

Après la séance, on rentre comme une fleur. Un bain pour S. Pliage de linge, rangement de chambre, changement d’ampoule, aération. On joue aux sept familles pendant que je réchauffe un plat de pâtes aux saucisses préparées par R. S. mange peu. Il ne mange jamais beaucoup quand il est malade. On regarde Retour au Bercail en projection sur le mur du salon avant la séquence brossage de dent – nettoyage de nez – pyjama – dodo.

À 21h50, il ronfle.

Je profite de ce répit pour noter un rêve curieux dans la nuit de mardi à mercredi: j’avais un fils, avec qui je me promenais et, au moment où nous croisions par hasard une connaissance, voulant les présenter, je me rendais compte que j’ignorais ou plutôt que j’avais totalement oublié le nom de mon fils. Je donnais un nom au hasard, dans ma barbe, espérant que cela échapperait à mon fils. J’essayais ensuite de regarder en douce un scan du livret de famille sur mon téléphone. Je l’entendais finalement se présenter lui-même: « Je m’appelle Nash… ». Et sur le livret de famille, je lus: « Nace ». Je me réveillais dans un état de profonde tristesse, qui ne me lâcha pas de la matinée.

MYSTÈRE DES MATINS CALMES

Je suis mal organisé. Hier matin, j’avais donné rendez-vous à dix-sept personnes à la même heure mais M.L. était à la bourre. Tout le monde était à la bourre, d’ailleurs, mais M.L. était la première arrivée et bénéficiait, à ce titre et aussi parce qu’elle m’avait relancé, d’une certaine priorité. J’avais donc dû expédier tout le monde aux quatre vents en donnant d’hypothétiques rendez-vous pour le lendemain, aujourd’hui donc et je m’attendais à une queue imposante de clients devant le studio ce matin dès potron-minet, mais que pouic.

Nul étudiant en vue. Pas le moindre, pas la moindre.

J’en profite pour avancer sur un morceau de musique acousmatique commencé hier, en utilisant un câble, une brosse et une pochette de non-tissé. Et puis, comme j’écris ça, voilà L.D. qui débarque pour que l’on enregistre sa voix et hop il est douze heure quarante cinq, je vais aller déjeuner pendant que M.L. (pas la M.L. d’hier, qui est une M.L., le M.L. d’aujourd’hui est un M.L., un autre donc) s’installe.

Il n’y a plus de Donkass au restaurant coréen de la Halle Magma, alors je prends du poulet caramélisé croustillant et une session I.P.A.

– On est sur une bière qui est la moins amère et la plus fruitées de nos I.P.A., me dit le barman, c’est la plus légère. C’est d’ailleurs la plus légère de toutes nos bières.

Il me dit ça, comme pour s’assurer que j’en suis bien conscient. Que je ne viendrai pas ensuite lui reprocher la légèreté de la bière. Mais oui, je dis, c’est très bien, c’est parfait, c’est exactement ce que je voulais, d’ailleurs c’est pour ça que c’est précisément cette bière que j’ai commandé.

Ensuite, j’ai encore un peu faim alors je vais terminer une plaquette de chocolat au lait aux noisettes qui traine dans mon sac et, horreur, je m’aperçois que je viens d’engloutir environ 2500 kilo-calories. J’aurais probablement pris un kilo cette semaine. Je suis anéanti et, pour me reconstituer, je prends un café à la machine avant de rejoindre M.L.

Et d’ailleurs l’autre M.L., celle d’hier, repasse aussi pour emprunter le synthétiseur du studio, le Norlead. Et voilà.

Sinon la chambre n°1 est toujours aussi froide. Je ne sais pas pourquoi. Il y a pourtant un radiateur, réglé sur 5. Et un autre dans la salle de bains.

REPORTÉ SINE DIE

En principe j’aurais dû me rendre à la basilique de Saint-Denis pour mixer le son de l’animation lumineuse de la maquette, mais la liaison au serveur n’étant pas en place, l’opération est reportée.

Je profite de ce temps inattendu pour avancer sur le séminaire Acoustique des Océans et, en particulier, en me documentant sur le champ magnétique terrestre. Un peu sur les marées, aussi, sans oublier un entretien avec François Bayle.

Avant que Prime Video ne soit suspendu, j’attrape le dernier épisode en date de White Lotus, avant d’aller chercher S. au centre de loisirs en me débrouillant pour arriver parmi les premiers parents, ce qui est généralement apprécié. J’avais eu l’intention de lui préparer un curry de butternut mais, devant les véhémentes protestations, j’opte pour des pommes de terres sautées et une omelette au cheddar, dont il reste assez pour que R. puisse dîner lorsqu’elle rentre vers 19h30.

Nous regardons deux épisodes de 72 animaux dangereux en Asie. La méduse cubique tueuse est une horreur absolue. Je mets en ligne le premier épisode de notre série La Vie au Zoo, en attendant la murène, les capybaras et les tapirs et la suite encore à venir.

K. est à Kigali et assiste à la construction d’un studio de fortune, dans une chambre d’hôtel, selon des préconisations que j’avais envoyées la semaine dernière, en attendant peut-être un projet un peu plus abouti dans un futur proche.

J’avais prévu d’appeler S. pour mettre au point notre retour à P*** cet été, mais son téléphone semble coupé. Parlé avec C., en vue de son anniversaire prochain et de son départ pour l’Irlande.

Demain, départ à 10h pour Saint-Viâtre où j’ai rendez-vous pour parler organisation de vie avec mon père. Retour prévu en fin de journée. J’ai posté le trajet sur Blablacar mais, pour l’instant, pas d’amateurs.

LA VIE AU ZOO

Cet après-midi, balade au zoo de Vincennes avec S. pendant que R. fait le ménage.

On reste assez longtemps dans la serre tropicale et S. me fait filmer les caïmans, qui ne bougent pas. Je lui dis que ce n’est pas très amusant de filmer des caïmans immobiles et il me répond que je ne suis pas assez patient, qu’ils vont bouger, qu’il faut être patient. Alors je filme les caïmans et c’est vrai qu’au bout de quelques minutes, il y en a un qui se met à bouger.

Ensuite nous filmons les oiseaux, les lamantins, les poissons, la murène, les léopards, les capybaras et les tapirs, le lynx, une écrevisse, les zèbres et les rhinocéros et tout cela finit par faire un moyen métrage documentaire dont nous montons la bande-image en rentrant dans un appartement tout propre et qui sent bon.

On ne se met pas d’accord sur la bande son. S. voudrait un commentaire qui explique tout de la vie des animaux, mais n’arrive pas à admettre qu’un tel commentaire doive d’abord être écrit avant d’être lu, enregistré et monté dans le film.

Ce soir j’intègre les mois de février, mars et avril de l’année 2005 à ce blog.

Mal au dos.

4° DE SÉPARATION

On touche déjà, dit-on à la radio à l’instant, le seuil de non-assurabilité dans un bon nombre de localités françaises. Assis dans la voiture 1, place 155, du Ouigo Nantes-Paris de 18h40, j’écoute l’émission de Quentin Lafay consacrée aux adaptations prévisibles du mode de vie français à un réchauffement de 4°C à l’horizon 2100.

Journée passée à rencontrer des étudiants de L3 dans la perspective de leur diplôme à la fin de l’année. La température est redescendue hier et cette nuit.

On est revenu en hiver.

Au réveil, j’étais content de trouver mes sandwiches et content d’éviter un passage à « La Maison ». J’ai pris un café à la machine et c’était supportable.

M. porte des lunettes fumées et je n’arrive pas exactement à comprendre ses explications mais cela a à voir avec, d’une part, sa myopie, d’autre part, sa presbytie naissante. J’écoute le dernier album des Limiñanas avant d’aller au rendez vous de 9h avec L. et G.

C’est fatigant, ces journées de jury, mais intéressant. On découvre des aspects inconnus des travaux des étudiants. On découvre des étudiants inconnus. On prend des rendez-vous. On s’engueule. On se fait des blagues. C’est vivant. C’est fatigant mais c’est bien. À midi, il y a de la truite, de la polenta et un verre de Pécharmant. 

Je passe reprendre mes affaires au studio avant de repartir, sur le coup de 17h40.

I. avait laissé un mot pour dire qu’il n’y avait plus de son. Je résous le problème (set up > Playback Engine) et je lui laisse un mot, avant d’aller attraper le tram. On papote un peu dans la rue centrale avec N. qui arrive en poussant sa bicyclette.

A la gare je bois un café en écoutant le journal de 18h. Une dame essaye de brancher son chargeur de portable sur l’alarme à incendie. Je lui explique qu’il ne s’agit pas d’une prise de courant. Elle semble désespérée.

EN RETARD

Les tunnels de Massy nous ont ralenti.

Nous avons perdu 28 minutes dans les tunnels de Massy, en raison d’un défaut de signalisation, a-t-il été annoncé.

Je m’étais rendu compte in-extremis ce matin que j’avais oublié de réserver des billets de train. Heureusement, il en restait. Les Paris-Nantes du mercredi 7h44 sont rarement complets. Les Nantes-Paris du jeudi soir 18h40 ne le sont pas davantage.

J’ai préparé à l’avance des sandwiches pour le petit-déjeuner de demain, mais je ne suis pas encore parvenu à me procurer une petite cafetière à piston. Si j’ai un peu de chance, je pourrai en acheter une à Nantes mais je n’en aurai probablement pas le temps. Il faudra attendre la semaine prochaine.

J’ai fait un peu de musique lundi et hier encore. Mais vraiment très peu. Et j’avance très lentement. Et je suis sans cesse interrompu par des petites choses à faire qui prennent un temps fou. Vaisselles, lessives, courses, rangements, banque, etc. Je ne sais pas vraiment comment je pourrai m’en sortir. Il faut continuer, persévérer.

K. m’a appelé plusieurs fois, d’abord pour des préconisations acoustiques concernant une chambre à aménager en studio de musique à Kigali, au Rwanda, ensuite pour un stage de formation à la post-production audio-visuelle au CIFAP fin mars. L. a programmé le mixage en situation de l’animation de la maquette de la basilique de Saint-Denis lundi prochain. P. est revenu du Japon et nous devons déjeuner ensemble vendredi. C. voudrait partir en colonie de vacances en juillet avec T. et j’appelle ma mère pour la prévenir que nous viendrons passer quelques jours à C*** du 14 au 20 avril, avec un petit saut en Italie. Il faut aussi que je rappelle mon père pour lui dire que je compte passer le voir mardi prochain.

J’ai mal au dos. Aux muscles obliques du côté droit. R. trouve que je devrais prendre rendez-vous chez l’ostéopathe. Si cela persiste, je le ferai. Ça me semble lié aux travaux sur le figuier la semaine dernière. La tronçonneuse était un peu lourde et j’ai un peu forcé sur le coupe-branches.

Un monsieur passe avec un grand sac jaune pour récupérer les déchets.