PSALM 26.04

Je profite du postage de cette carte postale filmée, pour écrire un mot, comme dirait mon ami Pierrot. Ou plutôt comme dirait – comme aurait dit – celui ou celle qui parle à mon ami Pierrot et lui demande, par exemple, de lui prêter sa plume, mais c’est une autre histoire, donc. Et voilà, je n’avais pas écrit grand chose depuis quelques jours, me disais-je. J’étais fâché, me disais-je. Déçu, me disais-je. Déçu et un peu dégoûté, me disais-je. Par l’humanité, me disais-je. Rien que ça, m’étais-je dit.

C’était que la vision de tous ces gens en train de caresser des écrans dans le métro, c’était beaucoup, me disais-je. Trop pour un seul homme, avais-je pensé. Il y avait une grande sensation de solitude, de vacuité, d’inutilité.

Et puis j’avais l’impression que le monde me regardait de travers, alors je regardais à mon tour le monde de travers. Tout était de biais, de guingois, en pente, ça penchait. Et puis raconter quoi ? A qui ? Qui s’en souciait ? Et moi donc, me disais-je !

Et puis, tout de même, il y avait eu la défaite de Victor Orban. Voilà qui fait du bien, avais-je pensé. Voilà qui rebat les cartes, m’étais-je dit. Voilà qui remet les pendules à l’heure.

Alors c’était bien. Le monde allait mieux. Pas beaucoup mieux, mais enfin un peu mieux. Et alors, je m’étais dit qu’il ne fallait pas faire la gueule. Que personne ne me regardait de travers. Que je pouvais redresser le cap. Alors, aujourd’hui, j’ai bien travaillé et je me dis, oui, il faut continuer comme ça.