
Grosse flemme hier, après avoir rangé le salon, la cave, le cellier et la buanderie. Grosse flemme et donc rien fait de très productif.
Me suis allongé et j’ai écouté les entretiens de Renoir avec Jean Serge.
J’ai ensuite lancé quelques machines, accroché, décroché, plié, rangé. Mis en vente la platine bluetooth sur Le bon coin. Et toute cette sorte de choses.
Bu des bières et du vin blanc en me disant qu’ensuite on allait passer à l’eau.
En grignotant les derniers chips de la saison, j’ai regardé Sunhi de Hong Sangsoo – nous avions revu, en compagnie de T. et S., Un jour avec un jour sans en début de semaine. Et aussi, avant cela, une bouse oubliable intitulée, je crois Nobody, mais avec Bob Odendrick, ce qui la rend plaisante.
J’ai bien fait d’avoir retourné le matelas. J’ai moins mal au dos ce matin mais toujours mal à ma dent. Cela s’atténue pendant la journée et revient pendant la nuit.
Le truc, me disais-je en prenant le café à la buvette du marché d’Airvault ce matin, le truc avec le fait de raconter sa vie, c’est qu’il faut avoir quelque chose à raconter.
Cela incite à se bouger les fesses, me disais-je. Pour ne pas dire le cul, me disais-je. Mais à l’écrit, n’est-ce pas, comme aurait écrit Charles Péguy, il y a un certain niveau de langage à respecter.
Quelque chose à raconter ce peut être d’avoir regardé longuement le plafond mais avec une certaine profondeur de pensée et l’envie d’en rendre compte. Cela ne voulait pas forcément dire réellement faire quelque chose ou aller quelque part. Bien que faire quelque chose et aller quelque part pussent être de bonnes choses à raconter.
Et donc, au lieu de rester à paresser jusqu’à pas d’heure, comme m’y autorise une absence totale d’obligations, je me suis levé à huit heures, après avoir écouté de passionnants témoignage au sujet de Jacques Copeau.
Je me suis dit qu’il ne devait pas avoir beaucoup d’humour, Jacques Copeau et même qu’il devait être carrément chiant comme la mort. Un peu comme Charles Péguy, l’autre nuit, avais-je pensé.
C’était la semaine revival des statues du Commandeur, le retour des darons terribles, m’étais-je dit. Le retour du surmoi en roue libre.
Heureusement, en contrepoint, il y avait Renoir, le bon vivant, qui savait rester joyeux en toute occasion, surtout lorsqu’il s’agissait de raconter les horreurs de la guerre et, tiens, cette fois où l’on avait bien failli l’amputer de toute une jambe.
Quelle rigolade, mon vieux! Heureusement qu’un médecin un peu avisé passait justement par là et heureusement que Clémenceau était un bon législateur.
Celles et ceux qui veulent connaître les détails de l’anecdote n’ont qu’à m’écrire.
Bref, je m’étais levé et deux tartines de jambon, un yaourt et un litre de café plus tard, j’étais au travail.
Aspirateur, lessives, rangements.
Ayant remarqué que l’appétit des chats était revenu avec la fin de la canicule, je me suis dit qu’il était temps d’aller racheter un sac de dix kilos de croquettes.
Je suis d’abord passé jeter les bouteilles et bocaux de verre dans le container prévu à cet effet, situé à l’arrière de la mairie.
Un barnum avait été installé et tout un tas de gens s’affairaient autour à la préparation de quelque chose. Un mariage ? Une fête ? Que sais-je ?
Ensuite, sur la route, je me suis arrêté pour filmer les meules de foin, de plus en plus rares et éparses, dans les champs qui bordent la routent de Borcq. Un rapide passage chez Gamm Vert pour les croquettes, puis un tour au marché, où je croise G.B., avec qui l’on discute un moment, puisqu’il faut que nous mettions au point le planning de l’installation de la nouvelle chaudière. Mais G.B. dit qu’il est un peu trop tôt pour s’organiser. Justement, je lui dis, c’est parce qu’il est trop tôt que c’est le bon moment. Et puis, j’achète un kilo de carottes et je rentre, après avoir bu mon petit café à la buvette.
Je me prépare des tomates et des courgettes farcies en écoutant Jon Spencer Blues Explosion, je ne sais plus pourquoi.
Ce matin ça avait été Guillaume de Machault, La Messe de Notre Dame et puis celle de Stravinsky, en contrepoint, comme m’en avait donné envie je ne sais plus quelle émission entendue à la radio je ne sais plus quelle autre nuit.
Maintenant, un café et musique. Ah, tiens, voilà le livreur avec deux paquets.
