JE SAIS CE QUE VOUS ALLEZ DIRE

En réalité, non, bien sûr, vous n’allez rien dire. Personne ne va rien dire. Personne ne dit jamais rien. J’ai désactivé les commentaires. non par peur des commentaires mais parce que, si je les ouvre, ceux-ci sont phagocytés par des robots d’origine douteuse, aux objectifs non moins douteux. Mais c’est moi qui vais le dire: on voit bien, à ce coquelicot, que je n’ai pas pris de photos aujourd’hui, pas plus que je n’ai pris de photo hier, ni les jours précédents. J’ai besoin de me soumettre moi-même à une certaine discipline. Je n’ai pas d’excuse. Je ne travaille pas assez. Pour ne pas dire que je ne fais rien. Ce qui serait inexact. Disons que je fais des choses inessentielles qui ne m’apparaissent essentielles que dans la mesure où je ne fais pas assez de choses essentielles pour que l’inessentiel soit engloutit par l’essentiel.

Aujourd’hui, par exemple, avec A.R., on a reçu en visio un certain nombre de candidats dans le cadre d’une commission d’équivalence pour une entrée en deuxième année des beaux arts de Nantes. Je n’entre pas dans les détails mais je ne cache pas qu’il y avait des candidature de qualité. Des candidatures de toute première force. De si bonnes candidatures, en fait, qu’à deux reprises, au moins, nous avons suggéré de commuer ces demandes d’équivalence pour une deuxième année en demandes pour une quatrième année, qui nous paraissait davantage correspondre à la qualité de la candidature. C’était donc fatigant (ces visios sont fatigantes) mais parfois exaltant et en tout cas agréable de discuter avec A.I. par ces temps caniculaires, chacun bien à l’ombre et bien au frais.

J’ai récupéré Olivier ce matin. Le câble est réparé et l’embrayage fonctionne de nouveau. J’espère que c’est la dernière blague mécanique avant un bon moment.

À midi, en mangeant un reste de pintade je me disais quelque chose à propos du fait d’écrire, mais comme je ne l’ai pas noté sur le coup ça y est voilà que j’ai tout oublié. Il faut prendre davantage de notes, me dis-je.

Ah oui, voilà! Je me disais que l’expérience me montre qu’il est préférable de ne pas trop se relire, m’étais-je dit. Je veux parler de mon expérience, bien sûr. Je ne prétends pas qu’il puisse s’agir d’une loi générale. C’est, s’agissant de mon écriture, une leçon tirée de l’expérience que ce constat.

Il est préférable que je me relise le moins possible. Que je me corrige le moins possible (sauf s’agissant des fautes de frappe) et qu’en tout cas je n’ajoute rien (retrancher est toujours possible, voire recommandable). Je me disais qu’il fallait une certaine vitesse et une certaine inconscience pour s’écarter le plus possible de tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une intention.