IN GIRUM IMUS NOCTE ET CONSUMIMUR IGNI

Arrivé tôt au bureau ce matin, j’ai lu le blog Ceteris-Paribus qui est vraiment drôle et bien écrit et qui a le mérite de renvoyer sur plein de liens externes, mais aussi le défaut de prendre un temps fou, du coup. Lire des blogs c’est vraiment un travail en soi. Enfin, je recommande celui-là pour commencer la journée. Mieux que d’acheter Libé. Au bout d’une ou deux heures de lecture, je suis culpabilisé par le fait de n’être pas encore en train de travailler et me décide à lâcher prise mais j’aime par-dessus tout la citation de Winston Churchill.

Et voilà. J’ai à peine tiré deux tafs sur un pétard d’herbe qui avait le malheur d’être mélangée à du tabac, ça y est je suis obligé de repasser aux patches de 21 mg. Seule solution: faire des pétards avec des NTB. Je déconseille les Honey Rose, plus chères et encore plus nauséabondes. 
Hier, reprise du travail avec M.S. Nous avons finalement décidé de renoncer aux chichis (fonds mouvants, mouvements d’arrêts sur les images, etc) et de nous concentrer davantage sur le travail sonore.

Je constate qu’il est fastidieux de lire des longues entrées (je lis beaucoup de blogs en ce moment, pour préparer Métablog) et je répugne donc à le faire. Cependant, comment faire un tri entre ce que je vais dire et ce que je vais omettre ? Ou alors, je fais des rubriques digest en caractères gras, des rubriques happy fews en caractères réguliers et des rubriques blog-nerds en caractères italiques ? ce qui ne résoud pas le problème de la hiérarchie.

Par exemple, je pourrais être plus précis: lever 8h40. Thé, banane, yoghourt. Dehors 9h25. Acheté au marché U un paquet de café Lavazza Expresso, un paquet de céréales Jordan Country crisps aux noix et deux pommes belle étoile. Il faisait beau, avec un petit vent frais. Croisé à l’angle de Rambuteau et Montorgueil, en haut des marches, la vieille dame qui fait la manche et à qui, aujourd’hui, je n’ai rien donné (pourquoi ?). Plus tard, lorsque je suis rentré pour déjeuner vers 13h30, elle avait disparu. Etc…

Dépenses:

Café, céréales, pommes: 7,40 €
Chewing gums: 2,44 €
Patches 21mg (14): 38,00 €
Tondeuse à barbe: 59,90 €
Girolles, persil, coriandre, basilic: 10,31 €

J’AVAIS OUBLIÉ DE DIRE

Que nous avions rencontré P. dans la rue mardi soir, alors qu’Y. m’accompagnait à la Gare de Lyon. J’aimerais beaucoup le faire tourner. J’ai pensé à plusieurs scènes où il serait très bien, mais je pense qu’il serait très bien dans à peu près n’importe quelle scène. 

Ce matin, passage de A. pour une séance de Métablog. Une heure de cassette DV avec le son sur le petit 4 pistes. Le bureau est tout de même un lieu un peu bruyant. Il faudrait que je trouve mieux. Je pense que rue Poulet ce sera mieux mais il faudra attendre octobre. Reçu à l’instant un très gentil mot de A., rentré chez lui. J’en profite pour donner le lien de son blog.

J’ai pas mal avancé sur le texte pour C. hier mais là il va falloir que je me mette à travailler sérieusement sur l’installation de M. qui vient en fin d’après-midi.

Dépenses:

Café (2): 3,80 €
Taboulé, pommes, barres céréales, eau, coca: 7,43 €

BACK IN BLACK

Hier, enterrement à Voiron.
Coup de fil de F.L. mardi soir, alors que je mangeais une assiette donner kebab à une terrasse de Chambery avec mes parents et ma soeur. Ca faisait longtemps qu’on ne s’était pas retrouvés ensemble tous les quatre. C’est assez burlesque et explosif. Il faut que je rappelle F.L. mais j’ai oublié mon téléphone portable (acte manqué ?).

Nous dormons à l’hotel Morris. Ma soeur et moi avons d’office été mis dans la même chambre. Ce n’est pas une catastrophe en soi mais on aurait tout de même pu en discuter, non ? Ce qui est curieux dans la chambre, c’est qu’il y a deux robinets d’eau chaude. TF1 fait peur. C’est sa fonction, surtout la nuit.

La patronne fait partie de ces gens qui détestent l’espèce humaine et fait hurler un poste de télé dans le réfectoire où nous prenons le petit déjeuner. Je lui demande si c’est une punition et ce que nous lui avons fait, mais elle ne répond même pas. Je crois même que quelqu’un a monté le son.

Je suis resté un petit moment à contempler le visage de ma grand-mère morte, allongée dans le cercueil et je n’ai pas pris de photo parce que j’avais RÉELLEMENT l’impression qu’elle allait ouvrir les yeux et m’engueuler.

À la fin de l’office religieux, le personnel des pompes funèbres vient récupérer les fleurs sur une petite musique baloche jouée par une méchante boîte à rythme, une guitare grêle et les nappes chevrotantes d’un orgue bontempi. On dirait un générique de fin de Fassbinder, surtout sur ce fond de moquette brunâtre et élimée, avec le bruit des pourboires qu’on jette dans le petit panier en osier au pied de l’autel.

L’après-midi nous faisons de la musique avec les cousins, discutons avec les oncles et tantes, regardons le film de S. avec ma gand-mère, fait au mois de juin et c’est vraiment très beau. Nous prenons le train de 16h18 à Chambery et arrivons à Paris, C. et moi, à 19h30. Petit pince-fesses à La Fabrique, rue du Faubourg Saint Antoine, avec une télé de Shangaï pour préparer les prochaines expositions de jeunes artistes français en Chine. A.P. et moi essayons de faire un duo comique pour la caméra mais il fait chaud et on nous braque un projecteur en pleine gueule. Je suppose que nous ne sommes pas très beaux à voir.

Suis passé sur le chantier ce matin et j’ai sorti tous les trucs qui traînaient dans la cour (briques réfractaires, chauffage en pièces détachées, carreaux de plâtre, bois, gravats) parce que j’ai demandé au service d’enlèvement des objets encombrants de passer vers midi. F.D. est passé m’emprunter la massette et le ciseau à plâtre. J’ai un scié quelques lattes de plancher pour préparer le joint entre le parquet et le carrelage. Y. a fait du chili con carne et va enregistrer des sons en banlieue. Je tombe sur L.G. dans la rue Montorgueil et nous prenons un café.

Ensuite, j’ai juste le temps de répondre à quelques mails et à travailler un peu au texte pour le journal du CNDP en attendant l’arrivée de M.S. Comme j’ai oublié mon téléphone, j’espère qu’il n’est pas en train de m’appeller pour me dire qu’il ne peut pas venir.

Dépenses:

Mardi:

Journaux, magazines: 13,40 €
M&M’s: 4,00 €

Mercredi:

Supplément billet de train: 30,00 €
Café, toblerone TGV: 7,50 €
Bière: 2,00 €

Jeudi:

Croissant, pain au raisin: 1,70 €
Café: 1,70 €
Cigarettes sans nicotine (Honey Rose): 4,00 €
Café: 1,50 €

THE FIRESTARTER

Comme d’habitude M.S. est en retard. Mais maintenant je connais la musique et je ne l’attends plus: je fais ce que j’ai à faire pour m’interrompre si, éventuellement, il arrive. Beaucoup de réponses très encourageantes pour Métablog. J’ai passé pas mal de temps hier soir à lire des pages et des pages. Certaines vraiment très belles. J’ai eu honte de mon dénuement. Ensuite je me suis dit précisément que c’était de dénuement dont j’avais besoin. Moins de texte. Que le texte fasse image et que l’image fasse texte, me suis-je dit.

Dépenses: Café: 1,90 €

MONTER DES CARREAUX DE PLÂTRE

En réalité, j’ai surtout regardé faire mon oncle J. Il est très fort mon oncle J. et il a construit sa maison tout seul. Alors, quelques carreaux de plâtre ça le fait bien rigoler. On a fait une chaîne humaine samedi soir pour les monter jusqu’au troisième avec J., O., S. et Y. J’ai essayé de faire venir plus de monde, mais le samedi soir c’est difficile de trouver quelqu’un. F. était en tournage avec P. et H. ne se sentait pas le dos suffisamment solide. Ce n’est pas très difficile de monter un mur en carreaux de plâtre mais ça demande de la force (pour les soulever) de la rapidité (la colle prend) et de la précision (pour faire des murs bien droits). Je fais l’assistant mais pas un assistant très efficace: je regarde surtout. Et je vois le mur monter.

J’aime la colle à carreaux de plâtre. Cela ressemble à la fois à du mastic et à de l’enduit de rebouchage. Je colmate les trous avec et installe une cornière métallique à l’angle. Nous avons également construit un bâti pour le timbre d’office et ma mère est allée chercher une grande planche de hêtre pour le plan de travail.
Reste à terminer les placards (j’augmente leur profondeur), tout reboucher et enduire, faire le raccord de parquet au sol, l’électricité, peut-être un peu de plomberie (installer un lavabo sur la cloison que nous venons de construire, au lieu de le laisser à l’entrée de la salle-de-bains), raccorder les machines, poser le plan de travail, peindre et c’est fini.

Ma grand-mère est morte ce week end. Nous allons tous à l’enterrement mercredi.

DÉPENSES (nouvelle rubrique)

Samedi 4 septembre

Carreaux de plâtre, colle: 91,00 €
Timbre d’office, cornières, outils, quincaillerie, matériaux: 450 €
Assiette de hors d’oeuvres: 3,50 €
Assiette de fromages, tarte aux poireaux, boissons: 15 €
Boissons: 16 €

Dimanche 5 septembre

Petit déjeuner: 2,50 €
Baguette: 0,75 €
Assiettes grecques (2): 11 €

Lundi 6 septembre 2004

Coiffeur: 15,00 €
Basilic, oignons, figues: 4,50 €
Melon, pâtes (penne), parmesan: 7,10 €
Baguette: 1,00 €
Café (2): 3,80 €
Tartelette frangipane: 2,45 €
Remboursement dette (virement): 1176,00 €
Impôts sur le revenu 3ème tranche (T.I.P.): 1415,00 €

REPORTS PROBLÉMATIQUES

A savoir: les magnétophones DAT Sony, qu’ils soient Pro (TCD D10, comme sur cette photo) ou en version Walkman (TCD D7 ou TCD D8) sont absolument à éviter lorsqu’on veut reporter le son en numérique du DAT vers une carte son. Impossible d’obtenir une connexion stable avec la Mbox.
Comme je regrette mon DAP-1, que j’avais été obligé de revendre. Avec lui, au moins, pas de problème: les entrées et sorties S-Pdif RCA sont parfaitement compatibles avec la Mbox. Nous allons essayer de nous en faire prêter un.

Sinon, apparemment, le technicien de l’ESRA s’est planté en faisant le report Beta-sp en DVcam: les rushes d’Y. sont en 32 Khz et Avid Xpress DV fait la gueule. Du coup, il va falloir capturer en 32 Khz puis exporter pour convertir en 48 Khz.

Je suis dans un sale état: passé ce matin des patches 21mg aux 14mg et j’ai un peu envie de tuer tout le monde. Ca ne doit pas être très agréable pour mon entourage. Je préfèrerais me coucher et dormir pendant trois jours mais il faudrait aussi que j’avance le chantier puisque lundi le montage reprend avec M.S. pour toute la semaine. Que faire ? J’aimerais apprendre à ne faire QU’UNE SEULE CHOSE A LA FOIS, A NE PENSER QU’UNE SEULE CHOSE A LA FOIS. Peut-être le yogga ?

FULL MOON

Hier soir, après un peu de sieste et de travail au bureau, nous allons dîner chez H.V., qui est maintenant ma voisine, puisqu’elle habite la rue d’en face, un peu en contrebas de la butte.
Mais avant, nous passons chez A. et J. à Max Dormoy, donc pas très loin non plus.
En traversant le pont derrière la Gare du Nord, nous trouvons le lieu très beau. La lumière d’automne fait aussi son petit effet. Je tourne un plan mais les reflets dans l’objectif sont trop présents. Il faudrait un filtre et un pare-soleil. Ou bien tourner le plan un quart d’heure plus tard. Mais nous sommes un peu en retard déjà… Saucisson, fromage et verre de vin chez A. et J., qui ont acheté une boutique en rez-de-chaussé et l’aménagent au fur et à mesure. J., leur fils, est très en verve et raconte ses vacances.

Ensuite nous remontons la rue Doudeauville.
Chez H.V. il y a environ quatre-vingt personnes, de la charcuterie, du fromage, des carottes et du céleri. H. est dans la cuisine et prépare in extremis deux tartes à l’abricot. D’ailleurs, en cliquant ici on peut voir H.V. dans sa cuisine et les fameuses tartes.

Elle semble craindre que j’écrive du mal de sa manière de recevoir dans le blog, sous prétexte qu’il n’y a pas suffisamment de chaises pour s’asseoir, ni assez de couteaux, ni assez d’assiettes pour tout le monde. Mais en fait on se débrouille très bien et la voisine prête ce qu’il manque. F.D. montre à tout le monde comment il faut faire pour bien se tenir droit mais ce n’est pas très pratique pour couper la tarte. Je fais enfin la connaissance de J.P., qui me donne une VHS d’un de ses films (Novembre je crois ? mais peut-être qu’en fait c’est de Décembre qu’il s’agit , Je ne suis plus très sûr). C’est toujours un peu difficile d’avoir une conversation suivie lorsqu’il y a tant de monde, mais l’ambiance est bon enfant et nous aurons l’occasion de faire d’autres repas puisque nous sommes voisins à présent. Sinon, quand même, l’Europe, ce n’est pas encore gagné: les allemands parlent en allemand et les français en français. On essaye de temps en temps trois mots d’anglais mais ça ne prend pas. Encore un effort, camarades ! Nous rentrons tôt parce que nous sommes fourbus Y. et moi.

Je suis à la recherche d’une table. Une table d’atelier de couture serait parfaite. Une table de travail qui puisse aussi servir pour manger.
J’ai finalement décidé de me débarasser de l’énorme chauffage et l’ai complètement désossé cet après-midi. Il était bourré de laine de verre et j’ai la peau des bras criblée de petites particules coupantes. Ca pique méchament. P.P. est passé et m’a donné plein de conseils pour élever les cloisons en carreaux de plâtre. Il viendra me donner un coup de main dans deux semaines. Ca me remonte le moral parce que je sais combien il est doué pour ça et je commençais à craindre de ne jamais y arriver. Tout seul sur un chantier on devient vite dingue.

LEVERS ET COUCHERS DU SOLEIL

Le soleil sort de la vallée brillante et se baigne dans l’étang Universel. Il s’essuie au mûrier porteur, c’est ce qu’on appelle la lumière de l’aurore. Lorsqu’il grimpe au mûrier porteur commence son voyage, c’est ce qu’on appelle la lumière de l’aube. Lorsqu’il arrive à la colline Torse, c’est ce qu’on appelle la lumière matinale. Lorsqu’il arrive aux Sources étagées, c’est ce qu’on appelle le petit déjeuner. Lorsqu’il arrive dans la campagne des Mûriers, c’est ce qu’on appelle le déjeuner tardif. Lorsqu’il arrive au Zénith, c’est ce qu’on appelle être dans les régions. Lorsqu’il arrive à Kunwu, c’est ce qu’on appelle l’exact milieu. Lorsqu’il arrive à la Station des oiseaux, c’est ce qu’on appelle le petit retour. Lorsqu’il arrive à la vallée des Douleurs, c’est ce qu’on appelle l’heure du goûter. Lorsqu’il arrive à la Fileuse, c’est ce qu’on appelle le grand retour. Lorsqu’il arrive à la région des Abîmes, c’est ce qu’on appelle le pilon haut levé. Lorsqu’il arrive aux Pierres jointes, c’est ce qu’on appelle le pilon abaissé. Lorsqu’il arrive à la source des Douleurs, alors s’arrête la jeune femme, se reposent les chevaux, c’est ce qu’on appelle le char en suspens. Lorsqu’il arrive à l’abîme des Réflexions, c’est ce qu’on appelle le crépuscule jaunissant. Lorsqu’il arrive à la vallée Couverte, c’est ce qu’on appelle le crépuscule final. Le soleil pénètre alors dans les immensités aquatiques de l’abîme des Réflexions, puis darde ses derniers rayons sur les rives de la vallée Couverte.

Extrait de Anthologie des mythes et légendes de la Chine ancienne textes choisis, présentés, traduits et indexés par Rémi Mathieu/ Coll. Connaissance de l’Orient / Gallimard 1989 / p.46

TRASH BUSINESS

Après les banquiers, les notaires, les assureurs… Les déchèteries. Et là, c’est comme chez les Soprano. On sent bien que le type à l’accueil est un tueur et qu’à moins de lui coller un flingue entre les yeux il n’y aura pas moyen de négocier quoi que ce soit. Dommage que j’ai été trop occupé à vider le camion, avec l’aide de S. et d’Y. parce qu’il y avait de belles photos à faire de cette ambiance de fin du monde. Et c’est vraiment ça: la fin du monde, tous les jours. L’odeur est à peine soutenable. Les camions d’ordures arrivent les uns après les autres, à la queue-leu-leu. Heureusement j’avais un masque. Au-dessus de la fange plânent corbeaux et moineaux. On dirait qu’eux seuls ont encore un peu d’espoir.

CASSER LA CLOISON

F. perce d’abord une sorte de découpage en pointillé à la perforeuse puis débite des carrés, ce qui évite de faire trop de gravats. Moi, je m’occupe du transport des sacs et des plaques et de passer le balais.
Dans les murs, c’est un mélange de plâtre, de mâchefer et de bastings. Je suis allé chercher une meuleuse chez Kiloutou, mais après deux disques flingués sur le mâchefer F. préfère revenir à la méthode précédente. D’où impossibilité de faire une coupe droite au niveau des placards. Il faudra faire un petit retour avec une cornière.

Lorsqu’il ne reste plus rien, j’ai un peu un sentiment de catastrophe post-apocalyptique. Mais il fallait passer par là: il faut tout casser pour tout reconstruire. On ne peut pas rafistoler sur une base précaire. Nous chargeons la camionette avec T. mais, arrivés à la déchèterie de la Porte de la Chapelle, nous apprenons, contrairement à ce que m’avait dit l’employé de la voirie, qu’ils ne prennent pas les gravats: il faut aller quai de St Ouen à Saint Denis. Mais c’est fermé. Nous décidons d’y retourner ce matin.
Après avoir terminé de descendre tous les sacs et toutes les plaques en nettoyant derrière nous, nous allons donc quai de Saint Ouen. Mais là nous apprenons que nous ne pouvons pas entrer avec le véhicule professionel que m’a prêté ma mère. Je reste donc avec mes gravats sur les bras.

Hier soir, après le chantier, nous sommes allés en camionnette avec Y. dîner chez E.B., qui avait préparé un excellent repas en s’inspirant de certaines recettes grecques, mais améliorées parce que la Grèce, d’après ce que P.R. et elle nous en disent, ce n’est pas le meilleur endroit pour bien manger. Il y a aussi B.M., qui travaillait jadis à l’école des beaux-arts de Tourcoing et qui a pas mal bu. Beaucoup de théories mêlant littérature, art et sexualité. Nous ne sommes pas toujours d’accord mais nous topons là pour dire que le problème, avec Céline, ce n’est pas tellement son antisémitisme et son adhésion au nazisme, mais bien plutôt le fait qu’il s’agit d’un styliste et que le stylisme, en littérature, c’est assez ennuyeux. Au début j’ai du mal à être là parce que je suis épuisé, mais avec quelques verres de vin et un peu de whisky je suis rapidement dans l’ambiance et on s’amuse bien.

Ce matin le réveil a été un peu difficile, cependant (6h30). Je crois que je vais aller faire une sieste.

BLOG PROBLEM

Obligé de remettre dans la rue la petite gazinière que nous avions trouvée avec Y. hier: la tétine d’arrivée du gaz étant incompatible avec le tuyau standard du cubogaz, nous n’avons pas réussi à la faire fonctionner et les tuyaux semblaient un peu trop rouillés. C’est dommage: elle était vraiment jolie et pratique. On aurait dit un accessoire sorti d’une dînette de petite fille.

Bu un verre avec E.G. avant hier et parlé de la Chine. Vu le beau film de Robert Duvall, Assassination Tango mais curieusement il ne m’en reste pas grand-chose deux jours après à part cette idée que danser le tango ressemble au jeu consistant à faire passer de plus en plus vite la lame d’un couteau entre les doigts écartés de la main posée à plat. Et aussi que New York ressemble à Buenos Aires comme deux gouttes d’eau et que Robert Duvall, le tueur, propose ici tout simplement une manière d’habiter le Monde, une manière de savoir vivre, savoir danser, savoir manger un sandwich, tout simplement. Et c’est déjà pas mal et pas donné à tout le monde de savoir vivre.